© TF1/LCIUn rapport interne du ministère de la Justice, révélé par Le Monde daté de vendredi, relève un "affaiblissement de la qualité des procédures" judiciaires dressées par la police et la gendarmerie, suscitant de vives réactions des syndicats policiers. Le rapport de politique pénale de la Direction des affaires criminelles et des grâces est réalisé chaque année et constitue "une synthèse des rapports envoyés par les parquets généraux" afin de "faire remonter les difficultés et d'améliorer le travail de tous", a précisé jeudi la Chancellerie. Une source syndicale a précisé que les parquets avaient encore "jusqu'au 19 février" pour faire remonter leurs observations à la Chancellerie avant la rédaction du rapport 2006.
Dans le document évoqué par Le Monde, datant de 2005 selon la Chancellerie, il est fait état d'un "constat largement partagé" par les procureurs sur "la baisse de la qualité des procédures dressées par la police et la gendarmerie". Le rapport évoque les "difficultés des enquêteurs à maîtriser certaines règles procédurales fondamentales, notamment dans le domaine de la garde à vue (...) ou des contrôles d'identité", comme les délais pour avertir le parquet, le recours aux interprètes ou la notification des droits aux individus en état d'ébriété. Il parle aussi d'une "mauvaise qualité rédactionnelle des procédures établies dans un français approximatif, voire incompréhensible".
"Manoeuvre bassement politicienne"
Deux syndicats policiers ont vivement critiqué le contenu de ce document. Le syndicat de police Synergie (second syndicat d'officiers) l'a jugé "caricatural" et "inspiré de clichés archaïques", affirmant qu'"une fois de plus, (il) stigmatise toute une corporation". Le syndicat affirme que le "niveau de recrutement" des policiers a "fortement augmenté depuis 1995" et se déclare "scandalisé par les manoeuvres de certains magistrats politisés qui (...) portent le discrédit sur l'action des services de la police nationale". Il s'interroge aussi sur des "arrière-pensées politiciennes" qui viseraient "à mettre en difficulté l'actuel ministre de l'Intérieur (Nicolas Sarkozy)", candidat de l'UMP à la présidentielle.
L'autre syndicat, Alliance, second chez les gardiens de la paix, a dénoncé un texte "partisan et scandaleux", une "manoeuvre bassement politicienne", ainsi qu'une "méthode qui consiste à jeter aux chiens toute une profession dans un but que la raison ignore".
D'après agence
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