Mort de Papon : les parties civiles réagissent

le 17 février 2007 à 21h24 , mis à jour le 18 février 2007 à 18h44

Après la mort de l'ancien collaborateur, les parties civiles regrettent que Maurice Papon n'ait "n'a pas voulu reconnaître sa responsabilité ni demander pardon".

TF1-LCI : Maurice Papon le 18 septembre 2002Maurice Papon le 18 septembre 2002 © TF1-LCI

Bernard Kouchner, a réagi au décès de Maurice Papon, en jugeant que "Maurice Papon a bénéficié d'une loi généreuse et juste alors qu'il n'en était pas vraiment digne". "Pour que la justice passe enfin, il a fallu l'acharnement des familles de victimes déportées et mortes dans les camps d'extermination. Cet acharnement n'était pas justifié par la haine, et il est venu à bout de cette incroyable indifférence que manifestait M. Papon, de cette suffisance de certains puissants dont il était un terrible représentant. C'est ce contraste entre la mansuétude de la justice, sa rigueur et son humanité à la fois, et la mort, l'oubli et l'indifférence, dont je veux me souvenir. Sa faute était imprescriptible, mais nous l'avons traité comme tous les malades. C'était aussi la loi", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Traitement de faveur"

Marie-George Buffet, candidate PCF à la présidentielle, a affirmé samedi que "la mort de Maurice Papon ne tourne pas la page de ses crimes", après l'annonce du décès du haut fonctionnaire condamné pour complicité de crime contre l'humanité. "Il aura fallu près de 60 ans pour qu'il réponde de l'envoi de milliers de juifs dans les camps de la mort. Si tardivement condamné pour ces crimes contre l'humanité, il aura bénéficié jusqu'à sa mort d'un traitement de faveur", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

"Il disparaît alors que la République n'a jamais eu le courage de reconnaître sa responsabilité comme préfet de police dans le massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961, ni dans la mort de neuf manifestants le 8 février 1962 au métro Charonne", ajoute-t-elle. "Ce soir, c'est à ces victimes que je pense. Justice doit encore leur être rendue", conclut Marie-George Buffet.

Pour Me Arno Klarsfeld, l'un des avocats des parties civiles au procès de l'ancien fonctionnaire de Vichy, la mort de Maurice Papon est "anecdotique, sauf pour sa famille". "Ce qui a compté pour nous c'est la condamnation à 10 ans de prison par la cour d'assises de Bordeaux", a-t-il ajouté. "Cette condamnation représentait une grande victoire. Elle a été emblématique car, à travers lui, c'est toute la haute fonction publique de Vichy qui a été condamnée", a-t-il dit encore. Interrogé sur sa remise en liberté en 2002 pour raisons de santé et sur la controverse suscitée, Me Klarsfeld a répondu que Maurice Papon a "bénéficié toute sa vie de protections, même après sa condamnation. Il aurait pu faire deux ans de prison de plus, mais le fait qu'il soit allé en prison nous satisfait pleinement".

"Pas réussi à réintégrer le bourreau dans l'humanité"

"Il a payé. Malheureusement il n'est resté que 3 ans en prison, dans une prison dorée", a pour sa part déploré, sur LCI, Michel Slitinsky, porte-parole des victimes de Maurice Papon. Celui-ci "porte sur ses épaules la responsabilité de 1.600 arrestations, dont 250 enfants", a-t-il ajouté. "Pour les enfants, il aurait pu faire un effort, dissimuler les listes dans son tiroir. Il ne l'a pas fait. Il est allé à l'extrémité de ses possibilités", a-t-il souligné.

Me Gérard Boulanger, l'avocat de 27 parties civiles au procès de Maurice Papon à Bordeaux, a regretté samedi que le procès n'ait pas "réussi à réintégrer le bourreau dans l'humanité". "Il est resté muré dans son mépris et sa morgue et n'a jamais admis ce qu'il avait fait", a-t-il souligné. "Le seul sentiment d'échec qu'on peut avoir c'est qu'on n'a pas réussi à lui faire comprendre ce qu'il avait fait", a-t-il ajouté. Gérard Boulanger avait déposé le 8 décembre 1981 à Bordeaux la première plainte contre Maurice Papon.

Juliette Benzazon, 77 ans, partie civile au procès de Maurice Papon à Bordeaux pour douze des siens, a également gardé le souvenir d'un homme "qui n'a pas voulu reconnaître, qui n'a pas voulu demander pardon". "Il n'a eu aucun remord, il se disait fonctionnaire", a-t-elle ajouté. "Il a vécu bien tranquille, maintenant il est mort", a-t-elle poursuivi. "Je suis très malade, je priais le bon dieu de ne pas mourir avant lui".

D'après agence

le 17 février 2007 à 21:24
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

3 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Muriel, le 18/02/2007 à 08h40

    D'accord avec Mme Buffet (dont je partage pourtant rarement les opinions)Il n'a pas purgé sa peine pour ses crimes contre les juifs qu'il a fait déporter, et n'a jamais même été jugé pour son meutre des victimes de 1961. Ces gens là aussi réclamaient justice et eux non plus ne l'ont pas eue.

  • Anita baetens, le 17/02/2007 à 21h47

    Lui il a bien vecu plus de 90 ans et les enfants qu!il a envoye a la mort auraient pu vivre eue aussi!!ç!est un monstre c!est tout!!

  • Janin.M, le 17/02/2007 à 21h45

    On ne veux pas pleurer.ça a couté combien son proces???(aux contribuables)Gaspillage...

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience