Un pont détruit à La Réunion après le passage du cyclone Gamède, le 26 février 2007 © TF1-LCILes volets fermés, calfeutrée dans sa maison de Saint-Paul, à l'Ouest de l'île, Florence Véziat attend patiemment le retour du beau temps. "On a mis à l'abri la voiture et les animaux, chiens et chats. On ne sort plus de chez nous. Cela fait deux nuits qu'on ne dort pas à cause du bruit. C'est comme dormir au milieu d'une fête foraine", explique-t-elle.
Formatrice au sud de l'île, Florence emprunte quatre fois par semaine le pont au-dessus de la rivière Saint-Etienne, écroulé après le passage de Gamède. "Je m'organise, je ne suis pas allée travailler ni hier ni aujourd'hui", raconte-t-elle. "Depuis 24 heures, il souffle un vent assez monstrueux. Les rafales sont impressionnantes. La pluie s'est un peu calmée. On vit avec une certaine appréhension car on ne peut pas lutter contre les éléments. Je viens du Midi de la France, je connais la tramontane mais ça n'a rien à voir".
"Enervés, agacés"
De l'autre côté de l'île, à Bras-Panon, à l'Est, Gaël Sartre s'organise avant la mise en place, de l'alerte rouge dans quelques heures, qui entraînera l'interdiction de circuler et le confinement des habitants à domicile. "Il ne nous reste plus qu'à faire des courses. Nous devons faire des provisions en eau pour pouvoir tenir encore 24 heures", raconte-t-il.
Responsable d'un service de cartographie, ce passionné de météo suit minute après minute l'évolution de Gamède. "Bras-Panon commence à être exposé à la pluie et aux vents. Le vent s'est levé il y a une heure avec des rafales à 120 km/h sur la côte et jusqu'à 170 km/heure vers 400 m d'altitude", nous a-t-il confié avec précision vers 10h30 mardi matin. Résident de l'île depuis de nombreuses années, ce père de trois enfants a connu d'autres cyclones "plus violents". Gamède, par sa durée, lui fait penser au cyclone "Yacinthe dans les années 80".
Gaël évoque aussi "une situation assez décourageante" avec "des micros-coupures d'électricité", l'appréhension de son fils de quatre ans face aux bruits "sourds et soutenus" des rafales de vent. "Les enfants n'ont pas mis le nez dehors depuis 48 heures et on en a encore pour 24 heures. Ils saturent, on les sent enervés, agacés". Malgré tout, Gaël relativise. "Tant que la maison tient, on essaye de rester zen", conclut-il.

Sylvain Roux, 23 ans, réside à Saint-Joseph, au Sud de l'île. Samedi après-midi il a fait quelques prises de vue de deux rivières en crue sur http://www.dailymotion.com/rsagodzila
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