Dominique de Villepin lors de sa conférence de presse mensuelle à Rambouillet (30 janvier 2007) © TF1/LCIDominique de Villepin s'est déclaré mercredi favorable à une augmentation, "dans les prochaines années", des frais d'inscription à l'université, qui seraient modulés "en fonction des ressources de l'étudiant et de ses parents". "Un système qui fait payer 2000 euros par an aux étudiants aisés et rien à ceux qui ont le moins de ressources, n'est-ce pas plus juste qu'un système qui fait payer 300 euros à tout le monde?", s'est demandé le Premier ministre lors de l'inauguration de l'université Paris VII-Diderot. Ce système progressif n'a été, à ce jour, mis en oeuvre que par Sciences Po Paris, en 2004.
Cette augmentation des frais d'inscription doit s'accompagner, aux yeux de Dominique de Villepin, d'un "développement massif des bourses et des prêts étudiants". "Pourquoi ne pas mettre en place un prêt à taux zéro qui donne à chaque étudiant la possibilité d'investir sur son avenir ? Il faut donner aux étudiants le goût et la possibilité de parier sur leur propre avenir", a estimé le chef du gouvernement.
"Récompenser davantage le mérite"
Le président de l'Unef, Bruno Julliard, a immédiatement désapprouvé, estimant que "ce n'est pas dans la poche des étudiants qu'on va trouver l'argent qui manque à l'université française". "Ça donne l'impression que les riches vont payer plus que les pauvres, mais en réalité, l'université va devoir séduire les étudiants issus des familles les plus aisées", a analysé le leader étudiant, critiquant "une fausse bonne idée". "On va voir se mettre en place des universités à deux vitesses : les plus réputées où s'inscriront les étudiants les plus riches et les moins réputées qui seront sous financées", a-t-il prévenu.
Les étudiants de la Fage ont également "rejeté fortement les propositions tardives et déplacées" de Dominique de Villepin. Rappelant dans un communiqué "le manque de financement de l'Enseignement supérieur en France et plus particulièrement celui des universités", l'organisation étudiante a estimé que moduler les frais d'inscription reviendraient à mettre les étudiants "au rang de 'consommateurs' de l'Education".
Voyant dans l'université "le principal enjeu des prochaines années", le Premier ministre s'est également prononcé pour une plus grande autonomie des établissements. "Dans un monde de plus en plus concurrentiel, (ils) doivent être en mesure de prendre des décisions rapides et efficaces", a-t-il argué. "Un conseil d'administration plus resserré, davantage ouvert sur les entreprises, sur les collectivités locales et sur le monde, un président qui dispose d'un pouvoir de décision plus large, voilà les directions dans lesquelles nous devons avancer", a-t-il lancé.
Cette "prise de conscience vient un peu tard"
Prônant "davantage de souplesse dans la gestion de leurs ressources humaines" par les universités, Dominique de Villepin a jugé qu'il fallait "assouplir le système des primes pour rendre les rémunérations des enseignants chercheurs réellement attractives". "Si nous voulons encourager l'effort, il faut récompenser davantage le mérite", a-t-il affirmé, reprenant le credo du candidat Sarkozy. Afin d'offrir aux étudiants "les meilleures conditions de travail possibles", il a par ailleurs proposé la construction "en cinq ans" de "dix campus aux meilleurs standards internationaux" via "des partenariats public-privé ambitieux".
La conférence des présidents d'université (CPU) s'est "réjouit que les responsables politiques reconnaissent l'urgence de s'occuper de l'université car elle n'a pas le traitement qu'elle mérite", tout en estimant que "cette prise de conscience vient un peu tard".
D'après agence
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