Alcool et jeunes la défonce avant le plaisir

Par Propos recueillis par Clément Daniez, le 08 mars 2007 à 18h48 , mis à jour le 08 mars 2007 à 19h24

Interview - Dans un livre et un colloque intitulés "Alcool et adolescence", le psychiatre Patrice Huerre pointe l'alcoolisation inquiétante des jeunes.

alcool jeune fête étudiants boissons © TF1

LCI.fr : Vous sortez un livre et organisez un colloque sur "Alcool et adolescence" (voir encadré). Pourquoi le sujet de la consommation d'alcool chez les jeunes est-il plus tabou que celui de la consommation de drogues ?

Patrice Huerre, médecin-chef d'un service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent : L'alcool n'est pas un produit illégal et il est plus dans la culture française. On entend souvent des parents dire face à l'alcoolisation de leur enfant que ce n'est pas grave. C'est parce qu'ils ignorent le mode de consommation des jeunes, qui ne correspond pas du tout au leur. Un mode de consommation placé sous le signe de la défonce et non de l'alcool qui facilite le lien social. Les jeunes consomment principalement des boissons comme les "premix", qui existent depuis une dizaine d'année, mélange d'alcools forts et de sodas, avec assez de sucre pour masquer le goût de l'alcool.

LCI.fr : Quelles sont les raisons qui poussent les jeunes à l'ivresse par l'alcool?

P. H. : Il y a d'abord les effets d'entraînements par le groupe dans lequel on est. Il y a aussi le besoin de faciliter artificiellement sa relation aux autres, à dépasser sa timidité. Dans certains cas, l'alcool joue un rôle d'auto-traitement de l'angoisse ou de la dépression. Enfin, la prise de risque peut jouer un rôle important : s'alcooliser, ça peut aussi être un jeu face aux dangers que ça peut représenter.

LCI.fr : Quelles sont les solutions pour faire reculer l'alcoolisation des jeunes ?

P. H. : Surtout la sensibilisation. Il faut informer les parents sur le mode de consommation de leur enfant, ils sont les premiers à pouvoir faire de la prévention. Il est très important de faire passer le message qu'on peut se réunir, qu'on peut prendre du plaisir sans que l'alcool devienne un élément indispensable.

Il faut aussi lutter contre les alcooliers qui sont à l'origine de produits qui ciblent directement les jeunes consommateurs tels que les "premix". Il faut aussi que les responsables des grandes écoles ou les bureaux des élèves ne puissent plus faire des partenariats, ces mêmes alcooliers, qui cautionnent indirectement ces comportements.

Enfin, si l'alcoolisation des jeunes est devenue inquiétante, cela n'a été abordé que de manière très marginal, lors des "Etats généraux de l'alcool" qui ont eu lieu en décembre dernier. Il reste à faire une grande campagne de prévention.

"Alcool et adolescence", un livre et un colloque

Du collège jusqu'aux grandes écoles, la consommation d'alcool a envahi l'espace festif des jeunes. Dirigé par deux spécialistes du comportement adolescent, "Alcool et adolescence - Jeunes en quête d'ivresse", publié chez Albin Michel, montre à quel point la "défonce" est devenu le mode de consommation d'alcool des jeunes. Appelé à faire référence, l'ouvrage réunit les contributions de spécialistes qui abordent les raisons du problème, sa prévention, ainsi que la question des soins. Dans la continuité de l'ouvrage, un colloque ouvert au public a lieu vendredi à partir de 9 heures à l'espace Reuilly, 21, rue Hénard dans le 12 arrondissement de Paris.


Par Propos recueillis par Clément Daniez le 08 mars 2007 à 18:48
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

6 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • J-p, le 26/10/2009 à 14h42

    Blaireau

  • Naliah, le 13/09/2009 à 13h48

    Je voudrais reponde a pierre-yves,tu dis c est tout tu crois pas que c est deja tropsi ton fils ou ta fille etait toucher,tu reagirait pas comme ca c est tout

  • Pierre-yves, le 09/03/2007 à 15h47

    Arrêtons avec l'alcool. Les ados ne se saoûlent pas au Whisky à 40 ? les 70cl ni au champagne ou au Bourgogne Aligoté. Le problème c'est la bière et surtout le cannabis. Il faut arrêter de se voiler la face. Moi lors d'un bon repas, j'aime bien boire une bonne bouteille ou savourer un bon whisky. Ca ne fait pas de moi un alcoolique. Il faut arrêter avec ça. Les ados, le problème c'est qu'ils boivent de l'alcool de mauvaise qualité, à outrance, et qu'ils ajoutent à ça la drogue. C'est tout.

  • Nicolas, le 09/03/2007 à 12h45

    A Mathoux: en tous cas on a la preuve que ne pas boire d'alcool n'aide pas à avoir un bon orthographe!

  • Nicolas Bourdel, le 09/03/2007 à 12h13

    Pourquoi accuser les prémix? On pourrait alors aussi accuser le jus d'orange... Car un samedi soir il finit 9 fois sur 10 avec de la vodka dans le même verre... Et ça fait longtemps que ça dure ... Il y a quelques années c'était de la faute de la publicité, or la nouvelle génération n'a jamais connu le "every kind of people" de Heinek... Et le problème semble être pire aujourd'hui qu'hier. De plus, lorsqu'on parle d'alcool on évite de parler de drogues. Chez les jeunes, la France est le 1er pays consommateur de cannabis en Europe, largement devant les Pays-Bas où il est légal... Le problème est un problème de société. Il est compliqué et rejeter la faute sur les alcooliers nous empèche de nous poser les bonnes questions et d'y trouver les réponses... Ce qui est plus facile et qui a aussi l'avantage de ne pas nous remettre en question (la société, les politiques, et ...les milieux autorisés...) Une solution : des prix en supermarché équivalents à ceux des bars, interdiction totale pour les mineurs (et pas seulemnt - de 16 ans) et des sanctions équivalentes pour les grandes surfaces (fermeture administrative temporaire si vente à mineur), mais là on touche à un lobby très très très puissant et ça n'arrivera jamais.

  • Mathoux, le 09/03/2007 à 07h24

    A peine etonné ne buvant pas d'alcool et en ayant jamais bu j'ai toujours été considéré comme un extra-terreste et je ne comprend pas qu'il faille ce defoncé pour faire la fete mais c'est vrai qu'il faut accepter les moqueries des autres et etre considéré presque comme un sous -homme j'avoue ne pas comprendre ce plaisir boire ce défoncé pour s'amuser je pense que l'on peut rester sobre

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience