Manifestation contre les violences faites aux femmes, le 24 mars 2007 à Paris © LCI"Le machisme tue tous les jours, le féminisme n'a jamais tué personne". Une simple banderole a suffit pour résumer le combat des 2000 personnes, qui ont manifesté samedi après-midi à Paris, à l'appel d'associations féministes, qui exigent une loi-cadre contre les violences faites aux femmes et un ministère d'Etat pour la parité homme-femme.
Violences faites aux femmes : grande cause nationale en 2010
Le Premier ministre François Fillon doit annoncer mercredi une série de mesures destinées à lutter contre les violences faites aux femmes.
Publié le 25/11/2009
La manifestation organisée par le Collectif national pour le droit des femmes, et soutenue par les partis de gauche (PS, PCF, LCR, LO, Verts) et des syndicats (FSU, CGT), a reçu l'appui de plusieurs présidentiables, dont José Bové, présent dans le cortège. "Aujourd'hui, il y a un problème de droits à faire respecter au niveau privé, mais aussi dans la vie sociale et au travail, la question des femmes est centrale", a déclaré le candidat à la présidentielle. "Malheureusement, les gendarmes et la police ne prennent pas suffisamment en compte le problème, la logique machiste continue", a ajouté le leader paysan, venu soutenir en particulier deux dirigeantes de l'association dunkerquoise "Sedire", poursuivies en justice pour avoir hébergé une femme battue et ses enfants.
"On a des raisons de manifester"
Laurence Rossignol, secrétaire nationale du PS chargée du droit des femmes et proche de Ségolène Royal, s'en est prise au ministre de l'Intérieur et candidat UMP. "Nicolas Sarkozy fanfaronne. Il pense avoir fait du bon travail et semble se satisfaire qu'il y ait tous les trois jours, une femme qui meure sous les coups de son compagnon. Il continue de considérer que cela relève d'une question de vie privée, et non de sécurité, sinon il serait plus modeste", a-t-elle estimé. "Pour les 5000 morts sur les routes, il y a une prise de conscience collective qui a conduit à des réformes, mais pas pour les femmes", ajoute-t-elle, en accusant le gouvernement d'avoir réduit "drastiquement" les crédits pour les structures d'urgence.
Dans le cortège, Marie, 51 ans, 5 enfants et un mari violent, témoigne : "Vous savez quand on vous met un fusil entre les jambes et que les gendarmes ne bougent pas, on a des raisons de manifester". Damarys Maa Marchand, présidente de l'Initiative des femmes africaines de France et d'Europe (IFAFE), mène, elle, deux combats : "avec mes propres soeurs pour qu'elles luttent avec nous" et "contre la stigmatisation des femmes africaines vues comme des polygames".
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