Paris : un enseignant sur 5 en grève

Par D.H. (avec agence), le 30 mars 2007 à 12h36 , mis à jour le 30 mars 2007 à 18h23

A l'est de la capitale, où les incidents avaient eu lieu la semaine dernière à propos d'élèves sans-papiers, ils étaient 29% en grève, selon le rectorat.

TF1/LCI - Manifestation devant le rectorat en soutien à la directrice placée en garde à vue, le 26 mars 2007Manifestation devant le rectorat en soutien à la directrice placée en garde à vue, le 26 mars 2007 © TF1/LCI

En attendant les chiffres des syndicats, qui dénoncent des "chiffres du rectorat totalement sous-estimés", le rectorat de Paris a annoncé vendredi que 17,5% des enseignants du premier degré étaient en grève dans la capitale à l'appel de l'ensemble de leurs syndicats pour protester contre l'attitude de leur hiérarchie concernant les parents sans-papiers d'enfants scolarisés.

Selon le SNUipp-FSU, la "situation (le nombre de grévistes, ndlr) est très évolutive" et "aucun cours n'est assuré dans 80 écoles sur les 660 que comptent la capital, la moitié sont touchées par le mouvement et la quasi-totalité des écoles se sont manifestée en faisant la grève, en prévoyant une délégation à la manifestation à Sèvres Babylone, ou en adressant des mots de soutien". Plusieurs centaines d'enseignants du primaire, 2.000 selon les organisateurs, ont ainsi commencé à manifester vendredi peu avant 15h.


Grève maintenue malgré l'abandon des poursuites

Si 7,2% des enseignants sont en grève dans l'ouest parisien, ils sont 29% à participer au mouvement à l'est, dans les 10ème, 11ème, 18ème, 19ème, 20ème arrondissements. C'est en effet à l'est de la capitale qu'avaient éclaté des incidents entre parents et policiers la semaine dernière à propos de sans-papiers. Deux jours après, la directrice d'école maternelle devant laquelle s'étaient passés les faits avait été gardée à vue durant 7 heures, ce qui avait entraîné cet appel à la grève, lancé mardi.

Soutenus par le Réseau éducation sans frontières (RESF), de la FCPE, les syndicats du primaire (SNUipp-FSU, SE-Unsa, Sgen-CFDT, Sud-Education, Snudi-FO et CNT) voulaient par cet appel obtenir l'abandon de toute poursuite administrative ou judiciaire à l'encontre de la directrice, un objectif atteint jeudi. Le mouvement avait été maintenu car au-delà de la situation de la directrice de l'école Rampal, les syndicats se sont dits "profondément choqués" par l'attitude du recteur de Paris, Maurice Quenet, et du ministère de l'Education, dans cette affaire. Ils exigent qu'aucune arrestation n'ait lieu devant les écoles. Face au tollé, le ministère de l'Intérieur avait rappelé aux préfets la semaine dernière qu'aucune arrestation de sans-papiers ne devait avoir lieu aux alentours des écoles.

Valérie Boukobza, la directrice de l'école maternelle Rampal, a estimé vendredi que "l'action éducative de tous les adultes d'une communauté scolaire se prolonge au-delà de l'école". Commentant l'abandon des poursuites administrative et judiciaire à son encontre, elle a déclaré dans un communiqué n'avoir "à aucun moment douté de la justice". "Reste la coupure que certains ont pensé pouvoir faire entre ma vie professionnelle et ma vie de citoyenne", écrit-elle.

CGT Educ'Action et SUD appellent à la grève lundi en région parisienne

Les syndicats minoritaires CGT Educ'Action et SUD-Education de plusieurs départements franciliens appellent à la grève lundi dans le primaire et le secondaire, avec un rassemblement devant le ministère de l'Education, pour dire "non aux décrets de Robien et refuser les suppressions de poste". Ils demandent notamment l'abrogation du "décret Robien" qui prévoit un allongement du temps de travail de certains enseignants sans contrepartie, instaure leur possible bivalence (enseigner deux matières) et favorise les nominations sur deux ou trois établissements.

Par D.H. (avec agence) le 30 mars 2007 à 12:36
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

9 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Vastre, le 30/03/2007 à 15h07

    "Paris : un enseignant sur 5 en grève." Il est scandaleux que 4 enseignants sur 5 travaillent, au mépris des mots d'ordre du lobby que personne n'écoute. Ces cré... qui n'obéissent pas aux mots d'ordre de leurs instances professionnelles doivent être punis sans faiblesse et licenciés sur le champ. On compte sur leurs syndicats pour les punir sans ménagement.

  • MOI, le 30/03/2007 à 15h03

    C'est toute la fonction publique qui devrait reagir et se mettre en greve pour protester contre ces raffles car c'est de cela dont il s'agit...

  • LONG, le 30/03/2007 à 15h00

    Je suis prof et suis dégoûtée de l'attitude irresponsable de ces enseignants.Dorénavant la presse devrait faire la distiction entre profs du public et profs du privé.Il y a moins de monde dans la rue quand un enseignant se fait agresser et pourtant c'est pratiquement la seule valable.Ah oui mais ils sont prisonniers de leur idéologie maso;ils se font agresser par ceux-là même qu'ils défendent!De plus là ils font grève pour un motif qui n'a rien à voir avec leur emploi.Bel exemple aux enfants......Ils sont en train de tuer eux-mêmes l'école publique dont ils font une école foutoir.Publiez-moi car je n'en peux plus que les gens mettent tous les enseignants dans le même sac à cause de l'image déformée que renvoie la press;et puis Paris ce n'est pas la province et ça Paris et la presse ont un peu tendance à l'oublier.

  • Philippe, le 30/03/2007 à 14h54

    Ne fois de plus les fonctionnaires sont en grève et une fois de plus sans raisons.Un jour nous les gens du privé nous descendrons dans la rue pour leur dire que nous refusons de payer leur salaire.

  • Rémi, le 30/03/2007 à 14h08

    Ah ! pour les grêves, ils sont très forts les profs ! ça, et défendre les gens en situations irrégulières : "à eux le pompom !!, aussi; quand ils se fonds "tabasser" par leurs protégés : hé bien c'est la récolte de ce qu'ils sèment !!! c'est LEUR PROBLEME et pas le notre !!!

  • Pascal, le 30/03/2007 à 14h07

    Ils ont bien raison! Les profs se prennent la réalité de la France (délinquance, problèmes économiques et sociaux, violence...) en ) en pleine tronche tous les jours à travers des pauvres momes qui n'ont rien demandé. Et après on s'insurge derrière son écran d'ordinateur??!! Euh non pas des matraques pour se protéger de la violence de cette société!

  • Patrick, le 30/03/2007 à 13h54

    C'est scandaleux! Quand arreteront ils de prendre en otage l'etat(c'est a dire nous)et les utilisateurs. Tous cela pour proteger leurs provileges ....c'est un desastre!pauvre France.

  • Ben, le 30/03/2007 à 13h43

    José Bové a dit que la Justice ne devait pas être aussi immédiate. Pour une fois, il a raison !

  • Bruno, le 30/03/2007 à 13h21

    Le corporatisme quand tu nous tiens. La France est gangrenée par ce syndicalisme que ne roule que pour ses camarades.

Lire tous les commentaires

      logAudience