Manifestation devant le rectorat en soutien à la directrice placée en garde à vue, le 26 mars 2007 © TF1/LCIEn attendant les chiffres des syndicats, qui dénoncent des "chiffres du rectorat totalement sous-estimés", le rectorat de Paris a annoncé vendredi que 17,5% des enseignants du premier degré étaient en grève dans la capitale à l'appel de l'ensemble de leurs syndicats pour protester contre l'attitude de leur hiérarchie concernant les parents sans-papiers d'enfants scolarisés.
Selon le SNUipp-FSU, la "situation (le nombre de grévistes, ndlr) est très évolutive" et "aucun cours n'est assuré dans 80 écoles sur les 660 que comptent la capital, la moitié sont touchées par le mouvement et la quasi-totalité des écoles se sont manifestée en faisant la grève, en prévoyant une délégation à la manifestation à Sèvres Babylone, ou en adressant des mots de soutien". Plusieurs centaines d'enseignants du primaire, 2.000 selon les organisateurs, ont ainsi commencé à manifester vendredi peu avant 15h.
Grève maintenue malgré l'abandon des poursuites
Si 7,2% des enseignants sont en grève dans l'ouest parisien, ils sont 29% à participer au mouvement à l'est, dans les 10ème, 11ème, 18ème, 19ème, 20ème arrondissements. C'est en effet à l'est de la capitale qu'avaient éclaté des incidents entre parents et policiers la semaine dernière à propos de sans-papiers. Deux jours après, la directrice d'école maternelle devant laquelle s'étaient passés les faits avait été gardée à vue durant 7 heures, ce qui avait entraîné cet appel à la grève, lancé mardi.
Soutenus par le Réseau éducation sans frontières (RESF), de la FCPE, les syndicats du primaire (SNUipp-FSU, SE-Unsa, Sgen-CFDT, Sud-Education, Snudi-FO et CNT) voulaient par cet appel obtenir l'abandon de toute poursuite administrative ou judiciaire à l'encontre de la directrice, un objectif atteint jeudi. Le mouvement avait été maintenu car au-delà de la situation de la directrice de l'école Rampal, les syndicats se sont dits "profondément choqués" par l'attitude du recteur de Paris, Maurice Quenet, et du ministère de l'Education, dans cette affaire. Ils exigent qu'aucune arrestation n'ait lieu devant les écoles. Face au tollé, le ministère de l'Intérieur avait rappelé aux préfets la semaine dernière qu'aucune arrestation de sans-papiers ne devait avoir lieu aux alentours des écoles.
Valérie Boukobza, la directrice de l'école maternelle Rampal, a estimé vendredi que "l'action éducative de tous les adultes d'une communauté scolaire se prolonge au-delà de l'école". Commentant l'abandon des poursuites administrative et judiciaire à son encontre, elle a déclaré dans un communiqué n'avoir "à aucun moment douté de la justice". "Reste la coupure que certains ont pensé pouvoir faire entre ma vie professionnelle et ma vie de citoyenne", écrit-elle.
| CGT Educ'Action et SUD appellent à la grève lundi en région parisienne |
Les syndicats minoritaires CGT Educ'Action et SUD-Education de plusieurs départements franciliens appellent à la grève lundi dans le primaire et le secondaire, avec un rassemblement devant le ministère de l'Education, pour dire "non aux décrets de Robien et refuser les suppressions de poste". Ils demandent notamment l'abrogation du "décret Robien" qui prévoit un allongement du temps de travail de certains enseignants sans contrepartie, instaure leur possible bivalence (enseigner deux matières) et favorise les nominations sur deux ou trois établissements. |
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