Alain Morvan, recteur de l'académie de Lyon, remplacé le 21 mars 2007 en conseil des ministres © TF1/LCIIl se dit "Kärcherisé" et assure prendre cette "sanction" comme "un honneur qui justifie les combats que j'ai menés". Le recteur de l'académie de Lyon, Alain Morvan, qui avait pris des positions publiques sur la création du collège musulman Al-Kindi ou sur les démêlés judiciaires de Bruno Gollnisch, a été remplacé mercredi en conseil des ministres. "Le ministre a proposé son départ" en raison de "manquements multiples à l'obligation de réserve" et de "commentaires de décisions de justice", a expliqué le cabinet de Gilles de Robien. Alain Morvan "a l'habitude de commenter, ce qui est rare chez les hauts fonctionnaires", a-t-on ajouté.
Limogé après cinq ans à Lyon, bien que considéré comme proche de Jacques Chirac, le recteur doit retrouver sa chaire de professeur d'université, en anglais, qu'il avait quittée en 1993 pour devenir recteur de Clermont-Ferrand, puis d'Amiens. C'est Roland Debbasch, actuel directeur général de l'enseignement scolaire (Degesco) au ministère, qui prend sa succession à Lyon.
Pressions hiérarchiques
Des associations lyonnaises, notamment d'étudiants, s'étaient élevées dimanche contre un possible remplacement du recteur de Lyon, jugeant qu'il serait "incompréhensible et choquant de mettre un terme aux fonctions d'un homme qui, à Lyon, a su incarner avec honneur et courage la lutte contre l'extrémisme et toutes les tentatives communautaristes".
Alain Morvan avait fait état en août de pressions de la part de sa hiérarchie au sujet de l'ouverture du collège-lycée musulman de Décines, dans le Rhône, à laquelle il s'opposait farouchement et qui a finalement été ouvert.
Le député-maire de Vénissieux, dans le Rhône, André Gerin (PCF) a estimé qu'Alain Morvan avait été "bien injustement" sanctionné. "Les fortes convictions républicaines que vous avez exprimées en plusieurs circonstances vous honorent", écrit l'élu dans un courrier adressé au recteur. Philippe de Villiers a également apporté son soutient à Alain Morvan. Son porte-parole Guillaume Peltier s'est dit "scandalisé" par cette "éviction idéologique".
D'après agence
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