Robien dévoile sa réforme du vocabulaire

Par A.C. (avec agences), le 14 mars 2007 à 06h52 , mis à jour le 14 mars 2007 à 08h13

Le ministre de l'Education propose notamment l'instauration d'une "leçon de mots" bihebdomadaire en classe.

TF1-LCI © TF1-LCI

Le ministre de l'Education Gilles de Robien présente mercredi sa réforme de l'enseignement du vocabulaire, avec notamment une "leçon de mots" dans les classes, deux fois par semaine dès la maternelle, pour permettre "aux élèves de s'ouvrir à la richesse du vocabulaire de notre langue et d'en maîtriser les nuances". Le ministre s'est basé sur un rapport du linguiste Alain Bentolila, qui lui est remis officiellement mercredi.

Le principe de cette "leçon de mots" : deux fois par semaine, les élèves s'attarderont sur la forme et le sens de cinq mots, fixés nationalement, niveau par niveau jusqu'au CM2. Pour faciliter l'apprentissage de la lecture, le linguiste juge en effet primordial que l'enfant dispose du "dictionnaire mental" le plus large possible, afin de se confronter dans un texte à un minimum de mots inconnus. Il suggère également d'utiliser un "cahier de mots" qui doit "faire le lien" entre les mots de l'école et ceux de la famille.

"Cinq ans d'écart" entre deux élèves

Alain Bentolila est parti du constat qu'il existait des "inégalités considérables" entre les enfants, dès le début de la scolarité élémentaire. Ainsi, au CE1, il peut y avoir jusqu'à "cinq ans d'écart" en terme de niveau entre deux élèves d'une même classe. Le chercheur souligne par ailleurs que les enfants les mieux dotés en vocabulaire sont plus favorisés socialement.

Les syndicats sont vivement opposés à une telle réforme. Après la polémique sur l'apprentissage de la lecture à la rentrée, le retour à "la leçon de grammaire" en novembre et l'obligation d'introduire les quatre opérations dès la grande section de maternelle, de nouvelles directives imposant un retour aux fondamentaux passent mal. Il y a "une grande constance dans l'inspiration : la clé de son action éducative est idéologique, c'est une vision très rétrograde", estime ainsi Luc Berille, secrétaire général du SE-Unsa, à propos de l'orientation des réformes de Gilles de Robien.

Mardi, Gilles de Robien s'est engagé à revaloriser le salaire des enseignants et à fournir une enveloppe de deux millions d'euros pour financer un soutien scolaire gratuit dans 40 lycées prioritaires.

Par A.C. (avec agences) le 14 mars 2007 à 06:52
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15 Commentaires

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  • Alain, le 14/03/2007 à 12h36

    Est-ce rétrograde et idéologique que d'estimer que nous étions mieux instruits (et tenus) voilà 40 ans? Les fondamentaux n'ont pas changé. Et c'est tant mieux si on les redécouvre, y compris le soutien scolaire (à l'époque cela s'appelait étude surveillée assurée ...par les professeurs du collège public je précise)!! Je reconnais à la décharge des enseignants la montée des incivilités à laquelle ils sont soumis...dès les plus petites classes, la difficulté de bien enseigner ou d'enseigner tout court et le manque de motivation qu'ils peuvent ressentir. Encore un petit effort sur ce dernier domaine M de Robien...

  • Michel, le 14/03/2007 à 12h33

    Bonne chose que ce que demande Mr de Robien! Revenons aux bonnes vieilles méthodes des cahiers avec des mots écrits et visualisés par les élèves. On voit qu'à force d'être contre tout les syndicats ont foutu la pagaille. Encore une fois opposés à toutes les propositions, encore une fois cette idéologie qui a amené tant d'élèves à ne pas savoir ni lire, ni écrire!!!

  • Pascal, le 14/03/2007 à 12h06

    Faire du vocabulaire,des petites listes de mots régulièrement, étudier les mots de la même famille, etc. Tout ça je le fais déjà, ainsi que plein de collègues, alors pourquoi faire comme si ça n'existait pas déjà?

  • Fée, le 14/03/2007 à 11h39

    Pourquoi faut-il toujours révolutionner les anciennes façons de faire alors qu'elle fonctionnaient ? L'école d'aujourd'hui n'a rien a apprendre à celle d'hier... bien au contraire !! La lecture et l'orthographe est utile à chaque métier, quoi qu'en pensent certains détracteurs ! Et sans une bonne compréhension on passe à côté de l'humour et des jeux de mots... c'est dommage ! Mais il faut aussi dire que ce n'est pas donné à tout le monde...

  • Michel, le 14/03/2007 à 10h49

    L'éducation nationale reste un mammouth de syndiqués. L'education de nos enfants est une chose trop sérieuse pour la laisser dans ses choix stratégiques, entre les mains des enseignants. Le succes grandissant des écoles privées ( ou certains mettent leur enfants) ne les incitent même pas à s'interroger. Mais c'est vrai, se remettre en cause et changer des méthodes qui générent des échecs, est au dessus de leur compétances et surtout de leur idéologie. Surtout ne changeons rien, c'est gagnant, gagnant.

  • Cécile, le 14/03/2007 à 10h48

    Comme il ne faut surtout rien changer, surtout lorsqu'on est de droite (quoique... "dégraisser le mammouth" n'était pas tout à fait de droite...) je doute que Robien obtienne satisfaction.

  • Patrice Sainty, le 14/03/2007 à 10h33

    Une mesure intelligente! Le niveau du vocabulaire, pour ne pas parler de celui de l'orthographe, est lamentable dans toute la société et à tous les niveaux.Retour aux sources de notre langue,vite!!!

  • Brigitte, le 14/03/2007 à 10h16

    Pourquoi ne pas laisser le choix aux professeurs de faire leur travail en fonction de la classe et, du niveau des enfants. Au Ministère il me semble que vous donnez toujours la façon de faire aux professeurs, comment voulez vous que les enfants eux progressent.. BB

  • Leclercq, le 14/03/2007 à 09h27

    Je me souviens de ce système du cahier de mots lors de certains cours de langues étrangères (les enseignants avaient le droit de travailler en ce temps-là. Les syndicats sont contre parce qu'ils pensent qu'un enseignant qui travaille se fatigue et qu'il fayotte.

  • Daniel, le 14/03/2007 à 09h25

    Je ne pense pas que se soit le travail du ministre de décider de quelle maniere doit etre fait l'enseignement.ils sont la pour gerer un ensemble,mais pour le détail il faut laisser ça à des gens dont c'est le métier.(les recteurs d'académie,les enseignants)sont seuls juges pour savoir ce qui est bien ou ne l'est pas.Surtout quand on sait que mr.deRobien était assureur autrefois ça me fait bien rigoler!!!a chacun son métier!!!!

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