© TF1-LCILe ministre de l'Education Gilles de Robien présente mercredi sa réforme de l'enseignement du vocabulaire, avec notamment une "leçon de mots" dans les classes, deux fois par semaine dès la maternelle, pour permettre "aux élèves de s'ouvrir à la richesse du vocabulaire de notre langue et d'en maîtriser les nuances". Le ministre s'est basé sur un rapport du linguiste Alain Bentolila, qui lui est remis officiellement mercredi.
Le principe de cette "leçon de mots" : deux fois par semaine, les élèves s'attarderont sur la forme et le sens de cinq mots, fixés nationalement, niveau par niveau jusqu'au CM2. Pour faciliter l'apprentissage de la lecture, le linguiste juge en effet primordial que l'enfant dispose du "dictionnaire mental" le plus large possible, afin de se confronter dans un texte à un minimum de mots inconnus. Il suggère également d'utiliser un "cahier de mots" qui doit "faire le lien" entre les mots de l'école et ceux de la famille.
"Cinq ans d'écart" entre deux élèves
Alain Bentolila est parti du constat qu'il existait des "inégalités considérables" entre les enfants, dès le début de la scolarité élémentaire. Ainsi, au CE1, il peut y avoir jusqu'à "cinq ans d'écart" en terme de niveau entre deux élèves d'une même classe. Le chercheur souligne par ailleurs que les enfants les mieux dotés en vocabulaire sont plus favorisés socialement.
Les syndicats sont vivement opposés à une telle réforme. Après la polémique sur l'apprentissage de la lecture à la rentrée, le retour à "la leçon de grammaire" en novembre et l'obligation d'introduire les quatre opérations dès la grande section de maternelle, de nouvelles directives imposant un retour aux fondamentaux passent mal. Il y a "une grande constance dans l'inspiration : la clé de son action éducative est idéologique, c'est une vision très rétrograde", estime ainsi Luc Berille, secrétaire général du SE-Unsa, à propos de l'orientation des réformes de Gilles de Robien.
Mardi, Gilles de Robien s'est engagé à revaloriser le salaire des enseignants et à fournir une enveloppe de deux millions d'euros pour financer un soutien scolaire gratuit dans 40 lycées prioritaires.
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