L'affiche annonçant la manifestation de soutien au professeur © RESFMettant en avant le "caractère politique revendiqué de l'infraction", le président du tribunal d'Aix-en-Provence a reporté au 22 octobre prochain le procès de Florimond Guimard, un professeur et militant de RESF (Réseau éducation sans frontières), qui comparaissait vendredi après-midi pour "violence sur agent de la force publique aggravée", après avoir participé le 11 novembre 2006 à l'aéroport de Marignane, dans les Bouches-du-Rhône, à une action contre l'expulsion d'un parent algérien d'élèves sans-papiers.
Selon les avocats du militant, le président du tribunal a évoqué des risques de récupération politique, en raison de la proximité de l'élection présidentielle. "Le 22 octobre la mobilisation sera encore plus grande", a déclaré Florimond Guimard à la sortie de l'audience. Il a expliqué avoir "du mal à comprendre" la décision du tribunal, puisque la date de l'audience de vendredi était fixée depuis le 19 décembre : "La justice est officiellement indépendante que ce soit deux jours avant ou trois mois après" des élections, a-t-il ajouté.
"Cette résistance n'est pas près de s'éteindre"
Dans la matinée, 2000 manifestants selon les organisateurs (1000 selon la police) ont manifesté à Aix-en-Provence, pour réclamer la relaxe de ce membre du SnUipp-FSU, qui encourt trois ans de prison et 45.000 euros d'amende. Le professeur, qui a reçu de nombreux soutiens dans toute la France et de personnalités comme le socialiste Jack Lang, a remercié les manifestants "pour ce message avant les élections", ajoutant que "quelle que soit l'issue du vote, ceux qui seront au pouvoir demain doivent prendre conscience que cette résistance n'est pas près de s'éteindre".
Il a aussi réclamé "une régularisation massive des sans-papiers" et le retour au droit du sol en France. Gérard Aschieri, secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU), Richard Moyon, porte-parole de RESF ont également participé à la manifestation, où beaucoup portaient des étoiles rouges, bleues ou noires, frappées des mots "sans papiers".
D'après agence
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