Image d'archives © TF1/LCIUne étude scientifique recherche à partir de cette semaine et via internet, 48 pédophiles récidivistes pour tester l'efficacité de deux médicaments pour baisser le désir sexuel. "Le but est de le diminuer pour qu'il revienne à un niveau contrôlable, empêchant donc le passage à l'acte, pas de le réduire à zéro", a souligné Serge Stoléru, le chercheur de l'Inserm à l'origine du projet. Contrairement à la castration chimique, prônée par certains à l'encontre des délinquants sexuels, un tel traitement est réversible.
Le scientifique cherche à tester l'efficacité de deux molécules : l'acétate de cyprotérone (des laboratoires Schering AG, nom commercial: Androcur) et de la leuproréline (des laboratoires Takeda, nom commercial: Enantone), normalement utilisées pour d'autres indications : l'Androcur est utilisé chez la femme pour traiter l'hyperpilosité et chez l'homme pour traiter certains cancers de la prostate. L'Enantone est utilisé en cas de puberté précoce et pour certains cancers, dont celui de la prostate. Le premier dispose d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour réduire la libido, pas le second, "ce qui est un peu paradoxal au vu de son efficacité".
"Au moins une rechute avec passage à l'acte"
Chacun de ces médicaments "s'est montré efficace dans la prévention des rechutes de type passage à l'acte, mais leurs efficacités respectives n'ont pas été comparées". "En l'état actuel des connaissances, il est donc impossible d'affirmer la supériorité de l'un ou l'autre des médicaments étudiés", peut-on lire dans la notice d'information qui sera remise aux patients.
L'appel s'adresse à la fois aux délinquants condamnés, mais aussi aux pédophiles qui n'ont jamais eu affaire à la justice. "Tout sera fait, en accord avec les autorités, pour maintenir le secret professionnel et la confidentialité. Les participants ne risquent rien", a affirmé le Dr Stoléru à l'AFP.
Les patients, qui seront accueillis à Paris, Lyon, Suresnes et Villejuif (région parisienne), "devront avoir présenté au moins une rechute avec passage à l'acte alors qu'ils étaient traités par psychothérapie ou par médicament". Le projet a reçu un fort soutien de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était ministre de l'Intérieur et la lutte contre la pédophilie est devenue un enjeu éminemment politique.
Le site du Dr Stoléru est accessible en cliquant ici.
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