Image d'archives © TF1"Je travaille dans le même collège de Zep depuis 8 ans. J'y enseigne l'anglais à des classes de 3e et de 4e. C'était ma première affectation en tant que jeune titulaire. Quand j'ai commencé, les élèves étaient une petite vingtaine par classe. Aujourd'hui, ils sont 26. C'est beaucoup pour pouvoir enseigner convenablement. Au quotidien, c'est difficile à gérer, d'autant que ces jeunes sont pour la plupart en grandes difficultés sociales. Il y a les agressions verbales, le manque d'attention, le refus d'obéir, les rappels à l'ordre intempestifs, les élèves qui arrivent au compte-gouttes... Sur une heure de cours, on peut perdre jusqu'à 30 minutes comme ça ! Et je ne vous parle pas des devoirs non faits.
"On ne nous a même pas appris à apprendre !"
<b> Témoignage -</b> Elle fait partie des quelque 15.000 enseignants-stagiaires qui ont fait leur première rentrée cette année, sans aucune formation : Maryline, 22 ans, est devenue prof d'anglais au collège. Alors que Luc Chatel a promis aux syndicats un premier bilan en novembre, elle raconte à TF1 News ses tribulations et son malaise.
Publié le 02/11/2010
L'adresse en banlieue, un handicap à l'embauche
58% des Français estiment que les discriminations liées au lieu de résidence sont répandues, selon une sondage CSA paru vendredi dans Le Parisien.
Publié le 05/11/2010
J'arrive à les tenir en général mais même mes collègues les plus chevronnés doivent en exclure à cause de leur comportement ingérable. Trois de mes collègues sont actuellement en congé maladie parce qu'ils n'ont pas tenu le coup. On n'a pas l'impression d'être soutenu par notre hiérarchie. Que ce soit le principal ou le rectorat. Avoir l'attention de certains élèves relève de l'exploit. Le taux de réussite de mon bahut au brevet des collèges est de 40-50%, là où la moyenne nationale doit être de 70%. Après le collège, 40% des élèves continuent dans l'enseignement général, 60% en seconde professionnelle. Ce sont évidemment des moyennes, il y a aussi ceux qui arrêtent les études.
"Quand je me lève, je sais que ça va servir"
Les résultats seraient meilleurs si nous avions plus de personnel, plus de moyens pour remédier à cet échec scolaire dès la 6e. Il faudrait aussi plus de moyens matériels. On est obligé de pleurer pour obtenir un nouveau tableau. L'établissement date de 1967, les dégradations sont importantes. Et puis il y a les départs réguliers de feu dans les toilettes, les graffitis sur les murs, les déclenchements intempestifs d'alarme, la mauvaise isolation sonore... Cela fait 10 ans qu'il doit être reconstruit "prochainement".
Malgré tout, je viens travailler chaque matin avec un réel plaisir. En 8 ans, j'ai eu l'occasion depuis 8 ans de changer d'établissement, je n'en ai pas envie. C'est un enjeu, c'est mon challenge. Je sais que sans l'école, ces jeunes, socialement très défavorisés, n'ont aucune chance de réussir dans la vie. Quand je me lève, je sais que ça va servir. Si je ne viens pas, ils ne pourront pas apprendre l'anglais. Ces jeunes sont malgré tout très attachants. Ils ont le droit de recevoir une éducation. On a du mal à comprendre sachant tout ça, que ce soit les profs les moins expérimentés qui sont envoyés dans les endroits les plus difficiles.
Ce qui met du baume au cœur dans ce quotidien c'est de croiser des anciens élèves qui sont arrivés jusqu'au bac. L'autre fois dans le train, j'en ai revu une qui avait pu intégrer Sciences-Po. Il suffit de les soutenir pour qu'ils réussissent. J'ai envie d'y croire. Cela passe par davantage de moyens ! C'est tout le contraire qui se prépare à la rentrée prochaine avec la réduction d'heures d'enseignement, la perte d'un poste de Segpa (Sections d'enseignement général et professionnel adapté), tout cela avec toujours autant d'élèves et les mêmes locaux."
Décrets Robien : le Snes-FSU veut "maintenir la pression" |
Quelques centaines d'enseignants se sont rassemblés mercredi aux Invalides, à Paris, à l'appel du Snes-FSU, pour "maintenir la pression" sur le ministre de l'Education Xavier Darcos afin qu'il abroge les décrets Robien touchant à leur temps de travail et leurs missions. En parallèle, une délégation du SE-Unsa était reçue au ministère. Mardi, le ministre avait assuré qu'il donnerait sa réponse sur le sort qu'il réserve aux décrets Robien quand il aura vu l'ensemble des syndicats, "dans une petite semaine". Reçu mercredi par le ministre, le secrétaire général du Sgen-CFDT Jean-Luc Villeneuve a déclaré que le ministre avait "clairement laissé entendre" que les décrets Robien seraient "probablement suspendus." |
Retour MYTF1
"On ne nous a même pas appris à apprendre !"
Chargement en cours...





