Quand des profs disent leur "ras-le-bol" à Sarkozy

Par , le 31 mai 2007 à 05h00 , mis à jour le 31 mai 2007 à 10h59

Excédés par des incivilités croissantes et un manque de moyens chronique, des enseignants du collège Pompidou ont décidé d'écrire au président. En espérant se faire -enfin- entendre.

Education école lycée collège primaire

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Deux agressions à deux jours d'intervalle survenues mi mai, au collège Georges-Pompidou de Villeneuve-la-Garenne, un établissement des Hauts-de-Seine classé en zone d'éducation prioritaire (ZEP) et en zone urbaine sensible (ZUS). Le jeudi 10 mai, une élève de 3e de 15 ans aurait été contrainte de faire une fellation à un de ses camarades dans un des couloirs du bahut décrit comme "un véritable labyrinthe" à 11 heures du matin. Le lendemain, en pleine récréation, un élève de 6e était victime d'un "petit pont massacreur". Le principe du jeu ? Celui qui ne rattrape pas le ballon est roué de coups. Le garçon a été tabassé par une dizaine d'enfants.

"Nous avons un surveillant pour s'occuper de 200 élèves", explique Laurence Bras, professeur de mathématiques dans le collège. C'est pour dénoncer ces violences récurrentes et ce manque de moyens quotidiens qu'elle et ses collègues ont délaissé la craie pour prendre la plume et écrire vendredi dernier à Nicolas Sarkozy, nouveau président de la République et ancien président du Conseil général du département. "Que faut il de plus pour que nos revendications soient enfin entendues", s'interrogent ces professeurs.

"Des conditions qui ne sont pas dignes de la République"

"Ce collège a une histoire, raconte Laurence Bras, qui enseigne dans l'établissement depuis 8 ans. Cela a commencé il y a 10-15 ans quand une prof a été rouée de coups de batte de base-ball sans raison sur le parking. Depuis, on est habitué à devoir se mobiliser, il y a d'ailleurs une grande solidarité au sein du corps enseignant". Rien que cette année, outre les deux récentes agressions, le collège a dû faire face à quatre départs de feu, la destruction de l'infirmerie après un incendie volontaire en décembre, "trois mois après, l'infirmière n'avait toujours pas de nouveau matériel, précise la prof de maths".

Les prévisions académiques pour l'année prochaine n'ont rien arrangé au climat ambiant : trois classes supprimées, 93 heures de cours à la trappe, 10 profs en moins, des adjoints d'éducations réclamés à cors et à cris qui ne viennent toujours pas... "C'est pas en nous donnant moins de moyens que ça va aller mieux", se désole Laurence Bras, excédée. Elle cite notamment l'exemple des classes d'enseignement adaptées aux élèves en difficultés (SEGPA) qui se voient amputées d'une trentaine d'heures. "Nos élèves grandissent dans des conditions tout à fait déplorables qui ne sont pas dignes de la République et encore moins du département le plus riche de France", résume la lettre des professeurs à Nicolas Sarkozy.

En mars, les parents d'élèves ont exprimé leur solidarité aux enseignants. Le collège a même été bloqué une semaine "pour protester contre les conditions actuelles d'enseignement" de l'établissement "particulièrement dégradées". Les profs ont été reçus quatre fois par l'inspection académique sans avancées concrètes. Jeudi matin sur France Inter, le ministre de l'Education Xavier Darcos a promis de regarder de très près la situation dans cet établissement.

Par Amélie Gautier le 31 mai 2007 à 05:00
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28 Commentaires

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  • Julien, le 31/05/2007 à 17h15

    Cette situation n'a rien de surprenant. Rien, absolument rien n'est fait contre les mineurs. Il ne faut pas s'étonner alors de voir ces mêmes mineurs faire les pire choses en toute impunité. Si des peines sévères (les heures de colle ne sont pas des peines sévères) étaient appliquées ce genre de comportement n'aurait pas lieu. Mais bon...dès que l'on parle de répression, tout le monde crie au totalitarisme... Je suis pour ma part encore étudient, mon écolé étant situé à coté d'un collège ZEP, et il est désolé de voir le comportement de jeunes qui n'ont même pas 16 ans...

  • Alain, le 31/05/2007 à 16h51

    Et quand on leur propose de mettre des gendarmes ou policiere en faction devant les lycees ou colleges ...........ils ralent !!!!!!!!! faudrait savoir !:!!!!!!

  • Valérie, le 31/05/2007 à 16h37

    Qu'attends monsieur le président pour nous mettre plus de profs et de surveillants dans tous les colléges et les lycées, les gens qui sont capable de faire ce travail ça ne doit pas manquer. Le gouvernement attend peut-être qu'un meurtre soit commis.

  • Sophie, le 31/05/2007 à 10h56

    Franchement! un e bonne punition comme le bonnet d'âne, les heures de colle comme j'ai connu! (et j'ai 30 ans!), feraient du bien à toutes ses caids! reinstaurons le vouvoiement, le levé de chaises en début et fin de cours!

  • Mimet13, le 31/05/2007 à 10h42

    Ma fille était dans un collège de ce même type sur gardanne (13) je l'ai vite mise dans le privé. c'est tout ce que j'ai pu faire. aujourdh'ui elle revit.

  • VERO, le 31/05/2007 à 10h42

    Il devient plus qu'urgent de redresser la barre dans les écoles puis les collèges publics car il est inadmissible que des enfants soient violentés par d'autres enfants, que des profs soient tabassés, que du matériel soit dégradé volontairement ... Je suis parent d'élèves, dans un collège de Seine St Denis non classé ZEP, mais je constate que les incivilités et la violence s'est accrue. Il faut réagir vite, que l'état donne les moyens de se sortir de cette ornière et que les parents soient impliqués. Je tire mon chapeau au corps enseignant car il n'est pas facile de nos jours de travailler efficacement avec la jeunesse actuelle et le déni de certains parents. C'est un gros chantier, mais il ne faut pas fermer les yeux. L'état doit faire de l'éducation une de ses priorités.

  • Musnier, le 31/05/2007 à 10h37

    Je comprend le malaise des enseignants mais j'aimerais que ces mêmes enseignants se posent la question de leur propre responsabilité de cette situation; en effet, on ne peut pas à la fois s'opposer à toute autorité de tutelle, de manifester parfois violemment pour des motifs souvent politiques , c'est à dire montrer le mauvais exemple aux élèves, et exiger de ces élèves d'être obéissants; M. le président Sarkozy veut remettre la discipline et la morale au centre de l'école et déjà les syndicats d'enseignats crient à l'autoritarisme! Un peu de cohérence s'il vous plaît.

  • Dubois Gérard, le 31/05/2007 à 10h35

    Triste, lamentable et situation récurente. La solution est simple: 1: Mise en demeure des parents pour les mineurs 2: Si aucun résultat: exclusion 3: Si problèmes persistants vis à vis de la société: centre de rééducation puisque la véritable insertion (acceptation des deux partis de programmes adaptés) n'a jamais été entreprise et maintenant trop tardive. Ah, j'oubliais, je ne vote pas FN mais je regrette mon choix de 81.

  • Magiera, le 31/05/2007 à 10h32

    Depuis le sacro-saint "il est interdit d'interdire",les relations enseignants-élèves se sont dégradées.Le poids que l'on a donné aux élèves et aux familles vis à vis de l'école a fait que le métier a été dévalorisé.Il serait grand temps de revaloriser cette institution sur laquelle des familles se sont déchargées de leurs responsabilités.Au contraire d'etre des adversaires, les parents devraient etre partenaires de l'enseignant en le soutenant et ainsi, montrer l'exemple du respect qui lui est du.

  • Suzume, le 31/05/2007 à 10h28

    Ce sont les parents les responsables: c'est avant tout eux qu'il faut punir!!

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