Image d'archives/TF1 © Image d'archives/TF1"Une douche froide" pour les uns", "un texte inacceptable" pour les autres, le projet de réforme des universités de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche Valérie Pécresse ne passe pas chez les syndicats. Tous redoutent un renforcement des "inégalités" et ils l'ont fait savoir d'emblée après avoir reçu le texte mardi.
Fruit de trois semaines de concertations menées avec les organisations étudiantes et universitaires, le projet marque, selon les mots de la ministre "le réengagement de l'Etat dans la politique universitaire". Sauf que, selon les syndicats, certains consensus dégagés lors de ces réunions ne se retrouvent pas dans le projet de loi.
Autonomie à la carte
"Quand je vois le texte, je ne vois pas le fruit de nos discussions, c'est un texte bâclé, dangereux", a constaté le président de l'Unef Bruno Julliard. Pour le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri : "C'est un projet qui risque d'aboutir à des universités concurrentes, à plusieurs vitesses, au lieu d'un système qui essaierait de tirer tout le monde vers le haut notamment en matière de réussite des jeunes".
Parmi les mesures qui fâchent, celles prévoyant que seules les universités volontaires accèderont à l'autonomie dans trois domaines principaux : le budget, les ressources humaines (embauche du personnel ou gestion des carrières) et la gestion des bâtiments de la fac dont l'Etat leur cédera la propriété. La quasi totalité des partenaires sociaux avaient demandé que la nouvelle loi ne soit pas basée sur le volontariat, par souci que n'apparaissent deux systèmes de fonctionnement différents. Un principe défendu par Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle.
Une sélection à bac + 4 ?
"On sait très bien que les universités les plus dotées pourront se permettre le luxe d'une autonomie élargie, alors que d'autres universités qui souffrent de manque de moyens, humains ou financiers, ne pourront pas accéder à un système de compétences élargies", a expliqué Thiébaut Weber, le président de la Fage. Tout comme l'Unef, il dénonce la réduction du poids des étudiants au sein des instances dirigeantes universitaires et le "poids plus grand des personnalités extérieures", "pas un gage d'autonomie pour les universités".
Autres chapitres qui ne passent pas chez les syndicats, ceux prévoyant l'inscription systématique des bacheliers à l'université à leur "préinscription", sans préciser les modalités de celle-ci. Ils prévoient également qu'elles pourront sélectionner, si elles le souhaitent, les étudiants à bac + 4. "On avait obtenu l'engagement qu'il n'y aurait pas de sélection", relève, amer, Bruno Julliard qui regrette également l'absence d'une phrase, promise selon lui, garantissant que les frais d'inscription étaient fixés chaque année par décret du ministre de l'Enseignement supérieur, afin de leur conserver un cadre national.
Le texte sera présenté au Conseil des ministres dans une semaine avant de l'être à l'Assemblée en juillet. "Si le texte reste en état, prévient Bruno Julliard, nous organiserons la mobilisation des étudiantes."
Les thèmes du projet de loi |
Il y en a cinq : les missions des universités, leur gouvernance, leurs nouvelles responsabilités, les dispositions relatives à l'Outre-mer et les dispositions transitoires. Le texte prévoit des mesures qui s'imposeront à tous les établissements mais aussi des responsabilités nouvelles en fonction de la volonté et de la compétence des universités, sous "le regard vigilant de l'Etat", selon la ministre Valérie Pécresse. |
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