Réforme des universités : ça coince déjà

Par , le 20 juin 2007 à 08h39 , mis à jour le 25 juin 2007 à 11h58

Le président de l'Unef Bruno Julliard a exprimé mardi sa "déception" et sa "colère" après avoir pris connaissance de l'avant-projet de loi.

amphi facImage d'archives/TF1 © Image d'archives/TF1

"Une douche froide" pour les uns", "un texte inacceptable" pour les autres, le projet de réforme des universités de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche Valérie Pécresse ne passe pas chez les syndicats. Tous redoutent un renforcement des "inégalités" et ils l'ont fait savoir d'emblée après avoir reçu le texte mardi.

Fruit de trois semaines de concertations menées avec les organisations étudiantes et universitaires, le projet marque, selon les mots de la ministre "le réengagement de l'Etat dans la politique universitaire". Sauf que, selon les syndicats, certains consensus dégagés lors de ces réunions ne se retrouvent pas dans le projet de loi.

Autonomie à la carte

"Quand je vois le texte, je ne vois pas le fruit de nos discussions, c'est un texte bâclé, dangereux", a constaté le président de l'Unef Bruno Julliard. Pour le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri : "C'est un projet qui risque d'aboutir à des universités concurrentes, à plusieurs vitesses, au lieu d'un système qui essaierait de tirer tout le monde vers le haut notamment en matière de réussite des jeunes".

Parmi les mesures qui fâchent, celles prévoyant que seules les universités volontaires accèderont à l'autonomie dans trois domaines principaux : le budget, les ressources humaines (embauche du personnel ou gestion des carrières) et la gestion des bâtiments de la fac dont l'Etat leur cédera la propriété. La quasi totalité des partenaires sociaux avaient demandé que la nouvelle loi ne soit pas basée sur le volontariat, par souci que n'apparaissent deux systèmes de fonctionnement différents. Un principe défendu par Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle.

Une sélection à bac + 4 ?

"On sait très bien que les universités les plus dotées pourront se permettre le luxe d'une autonomie élargie, alors que d'autres universités qui souffrent de manque de moyens, humains ou financiers, ne pourront pas accéder à un système de compétences élargies", a expliqué Thiébaut Weber, le président de la Fage. Tout comme l'Unef, il dénonce la réduction du poids des étudiants au sein des instances dirigeantes universitaires et le "poids plus grand des personnalités extérieures", "pas un gage d'autonomie pour les universités".

Autres chapitres qui ne passent pas chez les syndicats, ceux prévoyant l'inscription systématique des bacheliers à l'université à leur "préinscription", sans préciser les modalités de celle-ci. Ils prévoient également qu'elles pourront sélectionner, si elles le souhaitent, les étudiants à bac + 4. "On avait obtenu l'engagement qu'il n'y aurait pas de sélection", relève, amer, Bruno Julliard qui regrette également l'absence d'une phrase, promise selon lui, garantissant que les frais d'inscription étaient fixés chaque année par décret du ministre de l'Enseignement supérieur, afin de leur conserver un cadre national.

Le texte sera présenté au Conseil des ministres dans une semaine avant de l'être à l'Assemblée en juillet. "Si le texte reste en état, prévient Bruno Julliard, nous organiserons la mobilisation des étudiantes."

Les thèmes du projet de loi

Il y en a cinq : les missions des universités, leur gouvernance, leurs nouvelles responsabilités, les dispositions relatives à l'Outre-mer et les dispositions transitoires. Le texte prévoit des mesures qui s'imposeront à tous les établissements mais aussi des responsabilités nouvelles en fonction de la volonté et de la compétence des universités, sous "le regard vigilant de l'Etat", selon la ministre Valérie Pécresse.

Par Amélie Gautier le 20 juin 2007 à 08:39
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26 Commentaires

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  • Md, le 21/06/2007 à 06h57

    Les syndicats ne servent à rien dans l'université si ce n'est qu'à permettre au président du dit syndicat d'avoir un avenir professionnel dans un parti politique. Ils n'ont rien fait pour proposer des solutions pour redonner une certaine qualité aux universités. Quand ils lèvent à la révolte les étudiants c'est systématiquement sur des fausses informations. Qu'ils cherchent des financements pour que les universités soient compétitives, au moins ils seraient utiles!

  • Ana, le 20/06/2007 à 23h32

    Je suis outrée par vos propos. Combien d'entre vous sont allés à la fac et connaissent le but des études supérieurs? La fac sert normalement à former les chercheurs. Les entreprises qui financent les filieres dites rentables, et c'est la fin des filieres moins bankables donc en majorité littéraires. Ce n'est pas comme cela que l'on va garder les cerveaux en France! e plus, c'st beau de cracher sur les étudiants qu militent rappelez vous des avancées de 38, 68 ou 95. Toutes sont parties des facs. Enfin, comparer les étudiants aux chiens, c'est plus que limite!

  • Francois, le 20/06/2007 à 23h13

    Mais depuis quand les etudiants dirigeraient notre pays!!! Je suis entierement d'accord sur le fait que les syndicats etudiants ne devraient pas exister! Ils ne sont la que pour manipuler et jouer le role d'une opposition sans raison valable...

  • Vastre, le 20/06/2007 à 18h31

    Monsieur Julliard représente quelques centaines d'étudiants et Monsieur Aschiéry quelques dizaines d'enseignants. Sarkozy représente près de 20 millions d'électeurs qui financent la machine éducative. Il faut tout ramener aux justes proportions et demander au chien de se taire quand le facteur passe.

  • Vianney, le 20/06/2007 à 18h15

    On sait bien que les syndicats sont les satellites de certains partis (UNEF=PS) : passons outre, la majorité des étudiants suivra

  • Regis, le 20/06/2007 à 17h45

    Sur que ca va leur changer, fini le financement a tout va par l'etat et les depenses somptuaires ca va leur faire tout drole... champagne!

  • VINCENT, le 20/06/2007 à 16h02

    Je demande á tous les étudiants de nous rejoindre sur nos blogs ( ils savent de quoi je parle )pour préparer la riposte . Nous mettons en place tous les moyens nécessaires pour l'organisation de notre manifestation prévue comme vous le savez début septembre.. merci de nous contacter comme vous savez..je pense que je ne serais pas publié mais tous les blogs et sites prévus vous attendent pour préparer la plus grande manisfestation jamais organisée depuis 20 ans pour le changement et la démocratie dans notre pays. On ne laissera plus les syndicats minoritaires nous voler nos réformes. Courage á tous et á bientôt

  • BUREL, le 20/06/2007 à 12h21

    Ce n'est pas aux syndicats de décider. S'il faut passer en force, très bien.

  • Leclercq, le 20/06/2007 à 11h33

    Il ne fallait pas s'attendre à une autre réaction de la part des Syndicats, d'Étudiants et d'Enseignants de gauche. Aucun projet d'amélioration de nos Universités ne leur conviendra jamais. Ils représentent ceux qui n'ont rien à foutre des résultats.

  • Bibi, le 20/06/2007 à 11h22

    Les syndicats, on les entendait un peu moins quand leurs leaders éaient sur le banc des accusés pour détournements de fonds et autres méfaits peu avouables. Faire des étudiants analphabètes et au chomage, ça c'est un bel objectif. Ils nous font croire qu'il y a de la place pour tout le monde à la fac mais ne se préocupent pas de savoir qu'est ce qu'ils vont faire avec un diplome dévalué en poche.... On selectionne partout sauf dans les universités: chercher l'erreur.

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