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| Julie Coudry : "la réforme, oui, mais" |
LCI.fr : L'examen du projet de loi sur l'autonomie des universités reporté d'une semaine, c'est plutôt une bonne nouvelle, non ?
Julie Coudry, présidente de la Confédération étudiante : Oui, à condition que ce temps supplémentaire permette de trouver un accord sur les points qui font blocage. S'il s'agit simplement de gagner un peu de temps et de faire un coup médiatique, je pense que ça ne fera que renforcer les oppositions qu'il y a actuellement.
LCI.fr : Quels sont les bons points de cette réforme ?
J.C. : Il y a d'abord la réforme en elle-même ! Vu la situation actuelle des universités françaises, on ne peut pas se dire que le statu quo c'est mieux que la réforme. Il faut changer cette réalité des facs quand on voit la situation du financement, de l'orientation, des locaux, etc.
Ensuite, elle comporte différents aspects positifs : la responsabilité des établissements dans l'insertion de leurs étudiants, l'absence de sélection à l'entrée des universités, des frais d'inscription fixés nationalement. C'était des lignes jaunes qu'on avait posées mais il y a encore des choses qui ne sont pas satisfaisantes.
LCI.fr : Et ces points qui font blocage alors ?
J.C. : La sélection à l'entrée du master ne doit pas avoir sa place dans ce texte-là. Son objectif est d'avoir davantage de diplômés de l'enseignement supérieur, le but est de construire une société de la connaissance. Ce n'est pas en instaurant vite fait entre deux articles une sélection à l'entrée du master qu'on va aller dans ce sens là, donc ça on veut que ça disparaisse du texte.
Ensuite, l'autonomie doit s'appliquer à l'ensemble des universités. On ne veut pas que les universités qui ont aujourd'hui des difficultés n'aient même pas la possibilité de "prendre ce nouveau train pour l'enseignement supérieur".
LCI.fr : L'autonomie oui mais pas sans contrepartie...
J.C. : Tout à fait. Il faut qu'elle aille de pair avec un renforcement de la démocratie interne des établissements. De ce point de vue là, on ne trouve pas normal que la proportion des étudiants ait diminuée de 20 à 15% dans les conseils d'administration. Il faut aussi que l'Etat donne les grandes orientations et qu'il s'engage à un financement massif, -Il va falloir aller bien au-delà des annonces de campagne. Il faut aussi qu'il contrôle pour vérifier que, même si les universités ont la liberté de mettre en place leur objectif, elles le font véritablement.
LCI.fr : Serez-vous à côté de l'Unef qui évoque un mouvement étudiant à la rentrée si le texte reste en l'état ?
J.C. On n'est pas dans une logique de menace. On a expliqué ce que l'on voulait obtenir, ce que sont les attentes des étudiants. Après, ils se mobiliseront pour obtenir satisfaction sur leurs attentes. Ce n'est pas une question de menace.
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