Réforme des universités : "On est pas dans une logique de menace"

Par Propos recueillis par Amélie GAUTIER, le 26 juin 2007 à 18h00 , mis à jour le 26 juin 2007 à 18h29

Interview - Le report de l'examen de la réforme des universités laisse du temps au gouvernement pour peaufiner un texte qui en crispe certains. Les étudiants notamment. Le point avec l'un de leurs représentants.

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Julie Coudry : "la réforme, oui, mais"

LCI.fr : L'examen du projet de loi sur l'autonomie des universités reporté d'une semaine, c'est plutôt une bonne nouvelle, non ?

Julie Coudry, présidente de la Confédération étudiante : Oui, à condition que ce temps supplémentaire permette de trouver un accord sur les points qui font blocage. S'il s'agit simplement de gagner un peu de temps et de faire un coup médiatique, je pense que ça ne fera que renforcer les oppositions qu'il y a actuellement.

LCI.fr : Quels sont les bons points de cette réforme ?

J.C. : Il y a d'abord la réforme en elle-même ! Vu la situation actuelle des universités françaises, on ne peut pas se dire que le statu quo c'est mieux que la réforme. Il faut changer cette réalité des facs quand on voit la situation du financement, de l'orientation, des locaux, etc.

Ensuite, elle comporte différents aspects positifs : la responsabilité des établissements dans l'insertion de leurs étudiants, l'absence de sélection à l'entrée des universités, des frais d'inscription fixés nationalement. C'était des lignes jaunes qu'on avait posées mais il y a encore des choses qui ne sont pas satisfaisantes.

LCI.fr : Et ces points qui font blocage alors ?

J.C. : La sélection à l'entrée du master ne doit pas avoir sa place dans ce texte-là. Son objectif est d'avoir davantage de diplômés de l'enseignement supérieur, le but est de construire une société de la connaissance. Ce n'est pas en instaurant vite fait entre deux articles une sélection à l'entrée du master qu'on va aller dans ce sens là, donc ça on veut que ça disparaisse du texte.

Ensuite, l'autonomie doit s'appliquer à l'ensemble des universités. On ne veut pas que les universités qui ont aujourd'hui des difficultés n'aient même pas la possibilité de "prendre ce nouveau train pour l'enseignement supérieur".

LCI.fr : L'autonomie oui mais pas sans contrepartie...

J.C. : Tout à fait. Il faut qu'elle aille de pair avec un renforcement de la démocratie interne des établissements. De ce point de vue là, on ne trouve pas normal que la proportion des étudiants ait diminuée de 20 à 15% dans les conseils d'administration. Il faut aussi que l'Etat donne les grandes orientations et qu'il s'engage à un financement massif, -Il va falloir aller bien au-delà des annonces de campagne. Il faut aussi qu'il contrôle pour vérifier que, même si les universités ont la liberté de mettre en place leur objectif, elles le font véritablement.

LCI.fr : Serez-vous à côté de l'Unef qui évoque un mouvement étudiant à la rentrée si le texte reste en l'état ?

J.C. On n'est pas dans une logique de menace. On a expliqué ce que l'on voulait obtenir, ce que sont les attentes des étudiants. Après, ils se mobiliseront pour obtenir satisfaction sur leurs attentes. Ce n'est pas une question de menace.

Par Propos recueillis par Amélie GAUTIER le 26 juin 2007 à 18:00
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6 Commentaires

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  • GILLES, le 27/06/2007 à 16h56

    Ras le bol de l'UNEF, de la CGT, et de toute cette pensée unique qui plombe l'avenir de notre pays !!!

  • Marie, le 27/06/2007 à 16h02

    Ca me fait bien marrer ! La sélection pour le passage en Master existe déjà de facon non officielle en France depuis un bon moment. Et puis mieux vaut continuer à avoir des facs médiocres ... Les diplômes francais sont si géniaux dans nos superbes facs que lorsqu'on essaie de s'inscrire à l'étranger, ils y regardent à deux fois avant de nous laisser s'inscrire en Master !! Moi je me suis expatriée pour continuer à étudier de facon sérieuse avec des profs heureux; malheureusement beaucoup d'étudiants n'auront pas cette chance, ils continueront à être bloqués par quelques syndicalistes qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez!

  • Stephane, le 27/06/2007 à 05h47

    Yen a mare des syndicats, il ne representent meme pas 10% des etudiants alors pourquoi les ecoute-t-ont autant???

  • Pablo, le 27/06/2007 à 00h15

    @ Hervé: Le meilleur etablissement d'enseignement supérieur français est une université ( Paris VI,45ème ), selon le classement Shangai 2007. Ce classement est basé sur la productivité scientifique et technique, le nombre de publications, le nombre de recompenses glanées etc... La meilleure grande école est 99ème (ENS Ulm). Les grandes écoles françaises n'ont donc pas vraiment de renommée internationale sur le plan académique. Il serait temps de se rendre compte que les écoles d'ingénieurs et autres écoles de commerce n'ont simplement pas la même vocation que les universités est donc cesser de les comparer. Cordialement.

  • Mickal, le 26/06/2007 à 22h06

    Où est l'immobilisme et le nostalgisme de Mai 68? Du côté des "vieux jeunes" qui fréquentent les Universités manipulés par les syndicats! Il serait temps que chacun soit à sa place: les étudiants à leurs études, en attendant d'acquérir de l'expérience, et les décideurs à leurs postes de décision. Chaque chose en son temps dans la vie!

  • Herve, le 26/06/2007 à 18h34

    L'unef cherche a reconduire les evenements du CPE en profitant de la reforme ,pourtant cette reforme est essentielle pour remettre les universites dans la course mondiale , on ne peut pas rester classer dans les derniers, heureusement il y a les ecoles d'ingenieurs et de commerces qui remontent le niveau

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