© afp"Un bon étudiant, sans histoires". C'est ainsi que le responsable du mastère management industriel et systèmes logistiques de l'Ecole des mines de Paris parle de Farshad Mobasher Fard, un de ses étudiants. Le jeune homme, de nationalité iranienne et âgé de 28 ans, a pourtant été expulsé mercredi matin, alors qu'il terminait son mastère et effectuait un stage au technocentre Renault de Guyancourt.
Selon Le Parisien, qui révèle l'affaire, l'étudiant est arrêté lundi alors qu'il effectuait le renouvellement de son titre de séjour à Antony dans les Hauts-de-Seine. Il est expulsé vers Téhéran mercredi, les autorités françaises craignant d'avoir à faire à un espion travaillant au service du programme nucléaire iranien. D'après l'arrêté le visant, "sa présence sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public", la France s'étant engagée dans le cadre de l'ONU "à faire preuve de vigilance pour empêcher que les ressortissants iraniens reçoivent un enseignement ou une formation spécialisés (...) dans des disciplines qui favoriseraient les activités nucléaires de l'Iran".
Des inquiétudes antérieures
Selon le Réseau éducation sans frontières (RESF), le jeune homme faisait déjà l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Elle lui avait été signifiée par courrier, mais l'étudiant avait entre temps changé d'adresse et n'a donc pas pu la contester. Toujours selon RESF, les autorités françaises s'intéressaient de près à une entreprise iranienne privée pour laquelle le jeune homme avait travaillé. Le souci ? Son nom, qui était en fait l'homonyme dans sa transcription française d'une autre entreprise d'Etat liée au nucléaire. Depuis, Farshad Mobasher Fard a fourni des explications. Le ministère de la Défense aurait même envoyé une autorisation spéciale à l'Ecole des mines.
Pas de quoi expulser l'étudiant, qui de son côté assure n'avoir "jamais travaillé dans les filières nucléaires". Interrogé par Le Parisien, il explique que ceci "est une histoire assez ridicule (...) on se trompe complètement", assurant ne disposer d' "aucune relation avec le gouvernement islamique" à Téhéran. De son côté, la préfecture des Hauts-de-Seine ne donne pour l'instant pas d'explication sur les raisons de ses soupçons. Selon les avocats du jeune homme, qui ont engagé un référé-liberté auprès du tribunal administratif de Versailles, l'étudiant a accepté de prendre l'avion car il n'avait rien à se reprocher, leur but étant de le faire revenir dans les meilleurs délais.
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