Etudiants dans un amphithéâtre © DRMais qui a dit que 20 ans était le plus bel âge de la vie ? Sûrement pas 31,3% des étudiants qui, dans une étude (1) disent connaître des périodes de plus de deux semaines où ils ont "tristes, déprimés et sans espoir". D'après cette enquête, 35 % des étudiants ont également vécu pendant plus de deux semaines des périodes de "perte de confiance" et 9 % ont eu des "pensées suicidaires au cours des douze derniers mois".
"L'isolement et le sentiment de solitude arrive très loin devant les autres difficultés ressenties (un étudiant sur trois), comme le stress (36,2 % des étudiants disent avoir mal à le gérer), les défauts d'orientation ou les conditions financières", explique Nicolas Dion, président de l'Usem, qui réunit cinq mutuelles étudiantes régionales et qui a réalisé l'étude.
"C'est toute leur vie qu'ils ratent"
Il explique ce phénomène par le changement qui s'opère du jour au lendemain entre la terminale, où les élèves sont en classe, encadrés par des enseignants, et la fac où "si on ne vient pas en cours un matin, personne ne vous appelle". Selon l'étude, ces moments de déprime plus ou moins profonde accentuent les différences de comportements entre étudiants. Ainsi, 28,9 % des étudiants qui présentent un signe de dépression ont des problèmes de sommeil (contre 9,6 % des autres), 31,8 % consomment des médicaments pour les nerfs (10,3 % chez les autres), 19,4 % ont une importante consommation d'alcool (10,9 % chez les autres) et 14,9 % fument du cannabis (9,9 %). "Les étudiants ont le sentiment que les choix qu'ils opèrent sont cruciaux et définitifs et que s'ils se trompent, c'est toute leur vie qu'ils ratent", analyse Nicolas Dion.
L'étude montre par ailleurs que, si les étudiants vont en majorité chez le médecin (83,6 % ont consulté un professionnel dans les six derniers mois avant l'enquête), ceux qui n'y vont pas évoquent pour 13,8 % le motif d'un coût trop élevé, en progression de 2,5 points, depuis 2005. Face à ces difficultés psychologiques et financières, il est à noter que seulement un étudiant sur quatre connaît l'existence de la médecine préventive universitaire et 6,7 % le bureau d'aide psychologique universitaire (Bapu).
(1) L'enquête de santé 2007 des mutuelles étudiantes régionales de l'Usem a été établie à partir des réponses de 14.000 étudiants traitées par la Fédération nationale des observatoires régionaux de santé.
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