Assemblée : l'autonomie des universités en discussion

le 22 juillet 2007 à 16h39 , mis à jour le 23 juillet 2007 à 18h08

Voté le 13 juillet par les sénateurs, le projet de loi est discuté depuis ce lundi par les députés.

TF1-LCI, Valérie PécresseValérie Pécresse © LCI

A peine plus d'une semaine après son adoption par les sénateurs, le projet de loi sur l'autonomie des universités est arrivé lundi à l'Assemblée nationale. La ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche Valérie Pécresse a assuré devant les députés vouloir par ce texte "rendre leur liberté aux universités". Le texte prévoit notamment de généraliser l'autonomie à toutes les universités françaises, et ce, dans un délai de cinq ans. L'autonomie concerne le budget des universités et la gestion des ressources humaines. Il permet également aux universités de devenir propriétaires de leurs biens immobiliers.

Afin d'améliorer la gouvernance des universités, le projet de loi entend ramener les conseils d'administration de 60 à 30 membres environ, une instance qui sera désormais ouverte à des personnalités extérieures. L'autorité des présidents de conseil d'administration sera par ailleurs renforcée. Il disposera désormais d'un droit de veto sur les affectations. Le texte modifie également la procédure de recrutement des personnels et enseignants-chercheurs en permettant au président d'embaucher des contractuels.
 
Le texte révisé par le gouvernement
 
Initialement, le projet de loi prévoyait de laisser optionnel l'autonomie des universités. Le texte initial voulait également introduire une sélection en première année de master. Mais face au mécontentement de la communauté universitaire, le gouvernement avait fait machine arrière, abandonnant les mesures controversées afin d'éviter tout embrasement. Si le texte convient aux présidents d'universités, les syndicats étudiants demeurent pourtant circonspects. Quant aux personnels et enseignants-chercheurs, ils redoutent que tous les pouvoirs, notamment celui du recrutement, soient concentrés entre les mains des présidents d'université.

Interviewée sur LCI lundi matin, (voir la vidéo) la ministre de l'Enseignement supérieur a dit qu'elle ne souhaitait pas modifier le texte sur les points de la sélection des étudiants et des droits d'inscription. Sur celui de la direction des universités, elle a expliqué que "dans le système du Sénat, la personne qui était pressentie pour être président allait choisir des personnalités extérieures pour ensuite venir l'élire". "Ca ne nous parait pas un système satisfaisant, du coup je proposerai à l'Assemblée de rester sur l'idée que c'est les étudiants, les personnels et les enseignants de l'université qui vont élire le président", a-t-elle dit.

Pour la ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pécresse, dont ce sera le baptême du feu à l'Assemblée, ce texte "constitue le socle d'une vaste réforme de l'enseignement supérieur qui nécessitera du temps". Le groupe Nouveau Centre a d'ores et déjà annoncé son soutien au projet de loi. Quant au Parti socialiste, le député PS Alain Claeys estime que le parti "est dans une logique d'abstention" mais qu'il décidera de son vote en fonction des réponses à ses amendements. 

L'UNEF veut "amender" le texte, "sans demander le retrait"

Le président de l'Unef, le premier syndicat étudiant, souhaite "amender" le texte sur l'autonomie des universités, mais "sans demander le retrait". "On attend de l'Assemblée nationale des amendements conséquents pour pouvoir rendre le texte acceptable", a expliqué Bruno Julliard, qui précise avoir "déposé beaucoup d'amendements auprès des députés de droite et de gauche". Mais contrairement à 25 organisations, qui demandent l'abandon pur et simple du projet de loi, Bruno Julliard considère que "demander le retrait du texte ne (...) paraît pas une bonne stratégie parce que, pour obtenir le retrait, il faut une mobilisation étudiante et nous sommes fin juillet".

 

le 22 juillet 2007 à 16:39
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11 Commentaires

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  • Plurien, le 25/07/2007 à 16h32

    C est bien continuer a pas selectionner les etudiants, que tout le monde est un diplome bac + 5 ne valant absolumemt rien je suis etudiant et j aimerais qu on arrete de dire en permanence que tout ceux qui reussisse sont pourris par l argent. Mettez vous a bosser un peu, et vous comprendrez... enfin heureusement qu il y a les grandes ecoles pour rattraper en vol les travailleurs et les bons de l universite francaise en voulant eviter a tout pris la selection on a cree le systeme le plus injuste qui soit a savoir que seul les meilleurs etudiant d universite ayant de l argent peuvent aller dans les grandes ecoles trop d egalitarisme tu l egalite des chances j ai une petite question Bruno julliard, il encore etudiant?

  • Axel, le 23/07/2007 à 16h46

    Je voudrais bien savoir pourquoi d'après certain la sélection à l'université va défavoriser les classes sociales les plus modestes. Au contraire, les bancs universitaires ne seront plus encombrés par des jeanfoutres auxquels leur parents donnent les moyens de végéter plusieurs années en deug de psycho!

  • Mattei, le 23/07/2007 à 15h46

    Peut-etre aurons nous une universite pour les riches et une pour les pauvres.par la selection et l'argent.

  • Thomas, le 23/07/2007 à 15h23

    A Laurent de nanteres, c'est normal qu'ils ont votés contre Sarko, car ils ne veulent rien faire ces fils à papa. Déjà quand on vois qu'ils voulaient foutre leur bordel alors que Sarko n'était même pas encore officiellement président, franchement ca fait peine, et ca les rend vachement crédible...

  • Fanfan, le 23/07/2007 à 14h49

    Quelques précisions et explications de texte: Les personnalités extérieures ont toujours existé dans les conseils d'administration des universités que ce soit dans la loi de 1968 ou 1984, elles sont désignées sur propositions des membres élus. Le recrutement des contractuels se fait depuis la création des universités, il y a même eue en 1981 lorsque la gauche est arrivée et qui ne supportait pas la soi-disant précarité,une vague de titularisation qui a crée une inégalité et une injustice envers les autres personnels qui avaient passés des concours. Le recrutement des enseignants se fait également par les universités depuis toujours car c'est sur proposition des collègues en commission de spécialistes (pout la forme), qu'ils sont nommés ensuite par le ministre. Donc il faudrait décrypter les points nouveaux.

  • Laurent, le 23/07/2007 à 12h29

    63% des jeunes n'auraient pas voté pour sarkozy, et alors? L'éducation est l'affaire de tous. Dans ce cas, Sarkozy aurait-il carte blanche sur les retraites en partant du principe que le 3eme age aurait plutot voté pour lui? evidemment que non.

  • Pat, le 23/07/2007 à 12h15

    Mignonette, valerie, mignonette!Bon choix Mr sarkozy!

  • Laeti, le 23/07/2007 à 11h12

    Jerome, Poitiers : n'est ce pas déja le cas ? je connais pas mal de personne dont moi n'ayant pu poursuivre des études superieures. J'ai du travailler pour reprendre mes etudes 2/3 ans apres faute de moyen.

  • Laurent, le 23/07/2007 à 10h43

    Ce texte donne la possibilité à un clan de contrôler une université sans qu'il y ait de contre-pouvoirs. Je rappelle également que les étudiants (63 %) ont voté massivement contre Sarkozy. Les réformes les plus urgentes ne sont pas là : Transformer les 1er cycles, transformer les bourses en allocation d'autonomie...... Voila les 2 projets pour lutter contre l'échec.

  • Bidou, le 23/07/2007 à 09h46

    Nous avons élu un Président et des députés pour gérer les affaires du pays, y compris l'organisation des universités. A eux de remplir la mission qui leur a été confiée. Les syndicats d'étudiants n'ont reçu aucune mission des citoyens. La démocratie ne doit pas rester un vain mot. Elle ne se fait ni dans la rue, ni dans les bureaux syndicaux.

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