Valérie Pécresse © LCIA peine plus d'une semaine après son adoption par les sénateurs, le projet de loi sur l'autonomie des universités est arrivé lundi à l'Assemblée nationale. La ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche Valérie Pécresse a assuré devant les députés vouloir par ce texte "rendre leur liberté aux universités". Le texte prévoit notamment de généraliser l'autonomie à toutes les universités françaises, et ce, dans un délai de cinq ans. L'autonomie concerne le budget des universités et la gestion des ressources humaines. Il permet également aux universités de devenir propriétaires de leurs biens immobiliers.
Afin d'améliorer la gouvernance des universités, le projet de loi entend ramener les conseils d'administration de 60 à 30 membres environ, une instance qui sera désormais ouverte à des personnalités extérieures. L'autorité des présidents de conseil d'administration sera par ailleurs renforcée. Il disposera désormais d'un droit de veto sur les affectations. Le texte modifie également la procédure de recrutement des personnels et enseignants-chercheurs en permettant au président d'embaucher des contractuels.
Le texte révisé par le gouvernement
Initialement, le projet de loi prévoyait de laisser optionnel l'autonomie des universités. Le texte initial voulait également introduire une sélection en première année de master. Mais face au mécontentement de la communauté universitaire, le gouvernement avait fait machine arrière, abandonnant les mesures controversées afin d'éviter tout embrasement. Si le texte convient aux présidents d'universités, les syndicats étudiants demeurent pourtant circonspects. Quant aux personnels et enseignants-chercheurs, ils redoutent que tous les pouvoirs, notamment celui du recrutement, soient concentrés entre les mains des présidents d'université.
Interviewée sur LCI lundi matin, (voir la vidéo) la ministre de l'Enseignement supérieur a dit qu'elle ne souhaitait pas modifier le texte sur les points de la sélection des étudiants et des droits d'inscription. Sur celui de la direction des universités, elle a expliqué que "dans le système du Sénat, la personne qui était pressentie pour être président allait choisir des personnalités extérieures pour ensuite venir l'élire". "Ca ne nous parait pas un système satisfaisant, du coup je proposerai à l'Assemblée de rester sur l'idée que c'est les étudiants, les personnels et les enseignants de l'université qui vont élire le président", a-t-elle dit.
Pour la ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pécresse, dont ce sera le baptême du feu à l'Assemblée, ce texte "constitue le socle d'une vaste réforme de l'enseignement supérieur qui nécessitera du temps". Le groupe Nouveau Centre a d'ores et déjà annoncé son soutien au projet de loi. Quant au Parti socialiste, le député PS Alain Claeys estime que le parti "est dans une logique d'abstention" mais qu'il décidera de son vote en fonction des réponses à ses amendements.
L'UNEF veut "amender" le texte, "sans demander le retrait" |
Le président de l'Unef, le premier syndicat étudiant, souhaite "amender" le texte sur l'autonomie des universités, mais "sans demander le retrait". "On attend de l'Assemblée nationale des amendements conséquents pour pouvoir rendre le texte acceptable", a expliqué Bruno Julliard, qui précise avoir "déposé beaucoup d'amendements auprès des députés de droite et de gauche". Mais contrairement à 25 organisations, qui demandent l'abandon pur et simple du projet de loi, Bruno Julliard considère que "demander le retrait du texte ne (...) paraît pas une bonne stratégie parce que, pour obtenir le retrait, il faut une mobilisation étudiante et nous sommes fin juillet". |
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