La Cnil appelle à se méfier de Big Brother

le 09 juillet 2007 à 16h29 , mis à jour le 09 juillet 2007 à 16h39

Dans son rapport annuel, la Cnil lance une "alerte à la société de surveillance" qui menace "la protection des données et nos libertés".

TF1-LCI, un système de vidéo surveillance en gare de Mayenceun système de vidéo surveillance en gare de Mayence © LCI

A l'heure où Nicolas Sarkozy relance le débat sur l'installation massive de caméras de surveillance en France, la Cnil s'inquiète des dérives que peut avoir tout dispositif de surveillance des citoyens. Dans son rapport annuel rendu public lundi, la Commission nationale de l'informatique et des libertés lance "une alerte à la société de surveillance" qui menace "la protection des données et nos libertés". Le président de la commission, Alex Türk, s'inquiète ainsi de l'innovation technologique, "à la fois porteuse de progrès et de dangers". Selon lui, "les individus sont tentés par le confort qu'elle procure, mais ils sont peu conscients des risques qu'elle comporte. Ils ne se préoccupent guère de la surveillance de leurs déplacements, de l'analyse de leurs comportements, de leurs relations, de leurs goûts".

  • Smartphone : les 10 conseils de la Cnil pour mieux protéger ses données

    Selon une enquête Médiamétrie, 65% des utilisateurs de Smartphone pensent que les données contenues dans leur téléphone ne sont pas bien protégées, mais ils ne sont que 30% à utiliser un code de protection. La Cnil, à l'origine de cette étude, publie sur son site dix conseils pour mieux se protéger.

    Publié le 13/12/2011 Smartphone : les 10 conseils de la Cnil pour mieux protéger ses données
  • La CNIL : "je publie, je réfléchis"

    Le 9 février sera la journée mondiale pour un internet plus sûr. L'occasion pour la CNIL de lancer son tout nouveau site qui défend le droit à l'oubli, pour sensibiliser les plus jeunes à internet.

    Publié le 04/02/2010 La CNIL : "je publie, je réfléchis"
Plus d'infos

Premières visées par le rapport : les caméras de vidéosurveillance. Entre 2005 et 2006, le nombre de déclarations de mise en place de tels systèmes a été multiplié par trois. Et c'est sans parler des techniques utilisées qui se perfectionnent, justifiées pour un certain nombre d'entre elles par des législations anti-terroristes. La Cnil doit donc "éviter les pièges, dénoncer les illusions et combattre les mythes", explique Alex Türk, qui espère ainsi "provoquer une prise de conscience collective". Dans un entretien publié lundi dans La Croix, s'il ne se déclare pas contre la vidéosurveillance, il demande des moyens supplémentaires pour en assurer le contrôle. "Si nous devons contrôler un système de vidéo surveillance installé sur tout le territoire, nous n'y arriverons jamais avec nos cinq contrôleurs à plein temps", s'inquiète le président de la Cnil.

Outre la vidéosurveillance, le rapport de la Cnil s'interroge sur les dispositifs biométriques ainsi que sur la géolocalisation des véhicules de salariés. Plus globalement, la commission s'inquiète de "la technologie [qui] tend à devenir invisible", principalement "parce que de plus en plus de traitements de données sont réalisés à l'insu des personnes et permettent de tracer leur déplacements physiques dans les transports en commun, leurs consultations sur Internet, leurs communications téléphoniques". Et puis, puisque ces technologies de surveillance deviennent de plus en plus petites, "il sera bientôt impossible de distinguer à l'oeil nu si une technologie informatique est présente dans un objet", prévient Alex Türk.

Premières sanctions financières contre des entreprises

Pour la première fois en 2006, la Cnil a appliqué des sanctions financières contre des entreprises ou des organismes qui violaient la vie privée et les libertés individuelles de leurs usagers. Le Crédit Agricole Centre France a ainsi été condamné à une amende de 20.000 euros, tandis que le Crédit Lyonnais a dû payer 45.000 euros, les deux banques n'ayant pas respecté les règles d'inscription dans les grands fichiers de la Banque de France. Deux enseignes vendant des fenêtres ont par ailleurs payé 60.000 euros pour n'avoir pas respecté le droit des personnes à s'opposer au démarchage par téléphone. La prospection commerciale abusive a aussi coûté 500 euros à un cabinet de conseil, 1.500 euros à un commerce ou 1.000 euros à un établissement financier. Un opérateur téléphonique et un parti politique ont aussi été épinglés, selon la Cnil, qui a choisi de ne pas révéler l'identité des fautifs.

le 09 juillet 2007 à 16:29
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

6 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Une videosceptique, le 16/05/2009 à 01h17

    Le système de videosurveillance a ses partisans et ses détracteurs. Il suscite donc un débat. Le reflexe et les politiques sécuritaires ne doivent pas non plus évacuer la réflexion qui s'impose quant à la préservation des libertés. Non seulement l'efficacité est contestable mais les modifications apportées par la loi modifiée de janvier 2006 donnent au Préfet le droit de prescire le dispositif, ce qui permet aujourd'hui la mise en place du plan à la suite de la décision prise en 2008 par le ministère de l'intérieur et le gouvernement. système peut-il être aussi. Cette situation rend le préfet sans doute bien malgré lui juge et partie. Qui peut contrôler les fichiers d'une police qui a de plus en plus tendance à les multiplier ? Qui peut assurer que cette surveillance et ce contrôle de la voie publique n'aura d'autre utilité que décourager et mettre fin à la délinquence ? Qui peut assurer que dans le cas extrême d'un durcissement du régime ce système ne serait pas utilisé dans le cadre de répressions politiques ? Mais surtout sans aller aussi loin, étant donnée l'orientation actuelle de la politique de l'immigration ce système ne va-t-il pas dériver vers une nouvelle chasse aux sorcières, une chasse au "faciès" ? Si aucun contrôle n'est possible comment être sûr qu'il n'y aura pas de tentations de dérives ? Devant les conséquences apportées pal les modifications de la loi de janvier 2006, le rapport remis au Sénat recommandait en toute première instance le transfert des compétences d'autorisation et de contrôle à la CNIL. Mais apparemment les recommandations de ces sages n'ont pas été suivies d'effets. Qu'en sera-t-il lorsque les systèmes de videosurveillance intégreront la biométrie ? Entre le réflexe sécuritaire qui consiste à dire "on est mieux protégé" "je n'ai rien à me reprocher" et l'inquiétude que suscité cette extrême surveillance la vigilance s'impose pour la toujours nécessaire préservation des libertés.

  • Alain, le 10/07/2007 à 12h47

    Au lieu de s'occuper de la possibilité éventuelle peut-être que des caméras nuisent un jour à mes libertés, la CNIL ferait mieux de se demander si ces caméras ne pourraient pas éventuellement aussi sauver des vies humaines; et ça dès ce soir.

  • Marc, le 09/07/2007 à 18h12

    C'est sur que quand on habite les beaux quartiers de la capitale et les belles banlieues très sécurisées, on peut "s'étonner" de la necessité des caméras. Qu'ils viennent donc habiter dans nos banlieues délaissées et qu'ils prennent un peu plus le RER, ils vont vite changer d'avis à la CNIL. OUI AUX CAMERAS DE SURVEILLANCE ET OUI A LA SECURITE.Je soutiens pleinement le gouvernement à ce sujet.

  • Claude, le 09/07/2007 à 17h31

    Pour ma part je n'ai rien à cacher , donc je ne suis pas concerné . De toute façon on est fiché partout , à commencer par la sécu , la mairie , notre banque , vous pensez peut-être que les impôts n'ont pas possibilité de vue ,la police avec votre numéro d'immatriculation peut vous situer , et j'en passe et des meilleurs et quelle importance , au contraire plus tout est clair moins on s'intéressera à vous .

  • Bruno, le 09/07/2007 à 17h28

    Moi j'men fous suis a la cmapagne ! c'est pas demain j'aurais une camera devant chez moi ! Lol c'est ca aussi l'égalité :p Y en aura des surveillés et des pas surveillés et les délinquants pas bêtes iront tous simplement se mettre au vert

  • Antoine, le 09/07/2007 à 17h02

    Tout les ordinateurs sont très facilement violables et le sont régulièrement ...et personnes ne se pose de questions la-dessus ! En ce qui me concerne je préfère voir les caméra qui me filmes plutôt que de ne pas savoir si qqun m'espionne par mon PC... pas vous ?

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience