Une caméra de surveillance... qui parle ! (2 mars 2007) © TF1-LCILe gouvernement veut "tripler" les capacités de vidéo-surveillance existant actuellement en France, grâce à l'interconnexion des différents dispositifs, dans le but de lutter contre les risques de terrorisme et de violence, a annoncé jeudi Michèle Alliot-Marie. La ministre de l'Intérieur, qui venait de présider une réunion sur ce thème, a précisé devant des journalistes qu'elle souhaitait développer la vidéo-surveillance "de façon prioritaire dans le cadre de la future loi d'orientation et de programmation de Sécurité intérieure" (LOPSI) qui devrait être présentée en Conseil des ministres à l'automne.
Il ne s'agit "pas de faire Big-Brother", a assuré Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des Transports, présent lors de cette réunion au siège du ministère de l'Intérieur, Place Beauvau, mais "les risques encourus", notamment en matière de terrorisme "font qu'il (me) paraît indispensable de développer la vidéo surveillance", a souligné Mme Alliot-Marie. Pour "couvrir le plus large territoire possible", a-t-elle ajouté, il faudra une "meilleure mise en réseau (avec) tous ceux" qui utilisent déjà cette technologie, citant notamment "les collectivités, la RATP, la SNCF, les grands magasins". Cela passe par "l'interconnexion" de tous ces systèmes entre eux, à l'exclusion des installations privées, a-t-elle assuré.
"Un dispositif harmonisé et complet"
Le coût de l'interconnexion et des équipements publics à réaliser représente "plusieurs centaines de millions d'euros au total", a estimé la ministre. Selon elle, il s'agit "de protéger les Français contre le risque terroriste ou contre un certain nombre de risques de violences, c'est la façon de protéger la liberté des Français d'aller et de venir sans risquer pour leur vie ou pour leurs biens".
Mme Alliot-Marie a souhaité que "le plus rapidement possible, à l'automne prochain, nous puissions avoir un dispositif harmonisé et complet", les personnels nécessaires au suivi et à l'analyse des images étant d'ores et déjà "globalement suffisants".
Quant à la durée de conservation des images, "entre 48 heures et une semaine selon les lieux, il n'y a pas de changement", a souligné la ministre, en assurant qu'il n'était "pas question que la police ait accès aux données" des installations privées.
L'inspecteur général de l'administration Philippe Melchior, chargé mercredi d'une mission sur la vidéo-surveillance par le président de la République Nicolas Sarkozy, devra communiquer ses propositions aux ministres concernés en septembre.
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