© AFP /G.NapolitanoLe cardinal Jean-Marie Lustiger, juif polonais converti au christianisme, archevêque de Paris de 1981 à 2005, est mort dimanche à Paris, à l'âge de 80 ans, des suites d'une grave maladie.Il est décédé à la Maison Médicale Jeanne-Garnier (XVème arrondissement), un établissement de soins palliatifs dépendant de la fondation des Dames du Calvaire où il avait été admis le 23 avril.
Le 12 octobre 2006, le cardinal avait écrit aux prêtres et diacres de Paris pour leur annoncer lui-même qu'une maladie grave '"dont le traitement a commencé" avait été diagnostiquée, sans préciser la nature de son mal. Dans le même message, il disait avoir "retrouvé sa voix", semblant alors démentir la rumeur d'un cancer du larynx. Il avait alors réduit ses activités. Sa dernière apparition en public remonte au 26 janvier 2007, quand il avait concélébré la messe d'obsèques de l'Abbé Pierre à Notre-Dame.
Un "traditionaliste moderne"
Juif converti devenu cardinal, Jean-Marie Lustiger, considéré comme un "traditionaliste moderne", comptait parmi les proches de l'ancien pape Jean Paul II et était également membre de l'Académie française. Né le 17 septembre 1926 de parents réfugiés polonais, il s'est converti au catholicisme durant la Deuxième Guerre mondiale avant d'être ordonné prêtre en 1954, puis nommé évêque d'Orléans en 1979. Archevêque de Paris de 1981 à 2005, il devient cardinal en 1983. Auteur de nombreux ouvrages sur la foi, Mgr Lustiger avait été élu en juin 1995 à l'Académie Française au fauteuil du cardinal Albert Decourtray. Il y avait fait son dernier passage le 31 mai pour adresser ses adieux aux "Immortels". "Vous ne me reverrez pas", leur avait-il lancé.
"Figure de la vie morale"
Dans un télégramme adressé lundi à l'archevêque de Paris Mgr André Vingt-Trois, le pape Benoît XVI a salué "avec une vive émotion" la mémoire du cardinal Jean-Marie Lustiger, "grande figure de l'Eglise en France". Le président de la République Nicolas Sarkozy a lui fait part de sa "tristesse" de voir partir "une grande figure de la vie spirituelle, morale, intellectuelle et naturellement religieuse de notre pays". Le président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF), Richard Prasquier, a de son côté souligné le "rôle historique considérable" joué par le cardinal "dans l'amélioration des relations entre juifs et catholiques".
Les ministres de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie et de la Culture Christine Albanel ont chacune salué dimanche l'homme de "dialogue" qu'était le Cardinal Lustiger. La ministre de l'Intérieur a fait part de sa "vive émotion" et évoqué "l'homme de grande exigence intellectuelle", d'"engagement", qui "a toujours placé le dialogue entre les cultes au coeur de son action". Christine Albanel salue de son côté en Jean-Marie Lustiger un homme "dont la parole savait toucher croyants et agnostiques".
Pour le Premier ministre, François Fillon, "l'Eglise de France perd une de ses figures les plus marquantes des dernières décennies". De son côté, le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a salué en Mgr Lustiger "un homme d'ouverture, de culture, de dialogue et de tolérance".
Les obsèques du cardinal Lustiger seront célébrées vendredi à 10 heures à la cathédrale Notre-Dame de Paris et une chapelle ardente sera organisée la veille, de 09 heures à 22 heures, dans la cathédrale pour permettre "aux Parisiens et à ceux qui le voudront de prier près du cardinal ou de le saluer une dernière fois", selon l'archevêché.
(D'après agences)
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