© AFP / A.-C. PoujoulatAu lendemain de l'adoption par la Commission des lois de l'Assemblée d'un amendement qui autorise l'usage de tests génétiques dans la procédure de demande de visa, les réactions n'en finissent pas de tomber. Pour le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, si "le contrôle de l'immigration familiale doit être effectif", la procédure proposée "pose un problème de principe et un problème de méthode". "Il existe d'autres moyens qu'un système de fichage généralisé pour savoir si le lien familial est démontré", souligne-t-il, s'interrogeant également sur le coût de la mesure proposée par le député UMP Thierry Mariani rapporteur du projet de loi sur l'immigration.
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Publié le 20/09/2007
Même échos du côté des associations. L'amendement "apporte une nouvelle pierre à l'édifice de la rupture avec le droit commun et avec les principes de la République", s'émeut la Ligue des droits de l'homme. "Je suis scandalisé que ce type d'amendement soit adopté en commission des lois alors qu'il s'agit d'un changement si profond et qui touche directement l'éthique même de la façon dont on aborde l'accueil des familles", a déclaré le secrétaire général de la Cimade. "Sur le fond, c'est tout à fait inadmissible."
De son côté, SOS Racisme a dit apprendre "avec stupéfaction" l'adoption en commission de cet amendement. "Derrière cet amendement présenté comme étant frappé au coin du bon sens, se profile non seulement une vision écoeurante de relent colonial mais également la première phase de la mise en place d'une vision ethnicisée de la société française dont nous prétendons qu'elle ne préfigure en rien l'abolition du racisme mais sa simple gestion à 'moindres frais", écrit l'association dans un communiqué. La Ligue communiste révolutionnaire a pour sa part dénoncé la proposition, étendant ses critiques à l'ensemble du projet de loi jugé "raciste" et "ignoble".
Pas de sujet tabou
En déplacement à Lyon, où il visitait un centre d'apprentissage de la langue française pour des réfugiés en situation régulière, Brice Hortefeux, le ministre de l'Immigration, a à la fois défendu l'idée d'une réflexion sur le sujet et assuré que ces tests "seraient proposés à des volontaires et pas imposés". "Premièrement, aucun sujet ne doit être tabou. Deuxièmement, à un moment où l'on parle de revalorisation du rôle du Parlement, il pourrait être utile de le saisir pour en débattre. Troisièmement, il y a aujourd'hui onze pays européens qui le pratiquent déjà", a-t-il dit à des journalistes.
Le texte controversé autorise le recours aux tests ADN lors de la délivrance des visas de plus de trois mois "en cas de doute sérieux sur l'authenticité de l'acte d'état civil". S'il était retenu, souligne Le Monde, la pratique des tests ADN pourrait devenir massive, les procédures de regroupement familial impliquant des enfants concernant 23.000 demandes par an.
(D'après agences)
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