Le squat d'Aubervilliers a été la cible d'une nouvelle intervention des forces de l'ordre © TF1![]() |
| Les squatteurs toujours sur place |
Le face-à-face a duré plus de deux heures. Dans la nuit de vendredi à samedi, une centaine de CRS a tenté de déloger, en vain, la centaine d'occupants sans titre de logements sociaux, du quartier de la Maladrerie qui se relaient depuis le 11 juillet, en réaction à l'expulsion de plusieurs familles cet été.
Dans un premier temps, les forces de l'ordre ont essayé de déplacer les matelas et bâches sur lesquels étaient installés les squatteurs, pour la plupart des femmes, dont certaines enceintes, et des enfants, mais ceux-ci ont refusé de se lever. Vers 03h30, les CRS ont quitté le quartier, selon une journaliste de l'AFP.
"Une amorce de dialogue"
Samedi après-midi, la centaine de squatteurs d'Aubervilliers était toujours sur place, a indiqué le Dal, précisant que le préfet, était passé et avait autorisé l'utilisation de matelas et de couvertures. Quatre personnes ont été interpellées et placées en garde à vue pour "rébellion, outrages et jets de projectiles". Elles ont été remsies en liberté samedi soir et sont convoqués devant la justice le 14 novembre, selon le DAL. Une gardienne de la paix, mordue à la main par un squatteur, selon la préfecture, présente une interruption totale de travail de trois jours.
Les familles, la plupart ivoiriennes, demandent le relogement des familles déjà expulsées (5 selon le Dal, 4 selon la préfecture) et de tous les autres squatteurs (70 foyers au total selon le Dal). Le 3 septembre, la municipalité PCF avait obtenu au tribunal de Bobigny l'expulsion du campement installé dans la rue, au nom du "trouble de l'ordre public". L'évacuation a été mise en oeuvre le jeudi. Le soir, les squatteurs se réinstallaient au même endroit. Depuis, les forces de police sont intervenues à plusieurs reprises pour confisquer une toile abritant les squatteurs de la pluie ou déplacer les matelas.
Vendredi, les délégués des squatteurs avaient été reçus par le sous-préfet de Saint-Denis, selon le Dal qui avait salué "une amorce de dialogue" tout en déplorant une absence de "résultats concrets". En attendant une autre réunion prévue lundi selon l'association, les squatteurs ont décidé de rester sur place.
"La provocation" de Rama Yade
Jeudi, l'affaire avait pris une tournure politique suite à une visite surprise de la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade. (Lire notre article) "Il n'y a pas, sur la question du logement, de bons et de méchants", avait-elle déclaré, ajoutant: "ceux qui ont donné pendant des années des leçons manquent parfois d'humanité". La municipalité d'Aubervilliers avait vivement réagi et dénoncé "une provocation" de la part de la secrétaire d'Etat. Côté gouvernement, François Fillon l'avait convoquée, pour "comprendre les raisons" de ce déplacement controversé.
La mairie d'Aubervilliers, confrontée depuis des années au squat d'une partie de son parc social (98 logements squattés début juillet), notamment dans le quartier de la Maladrerie, a toujours affirmé qu'elle ne relogerait pas les squatteurs, compte tenu des 3.800 demandes de logement en souffrance.
| Pour Boutin, la visite de Rama Yade a "exacerbé les tensions" |
La visite jeudi de la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme aux squatteurs d'Aubervilliers "ne pouvait qu'exacerber les tensions", a estimé samedi sur France Info la ministre du Logement et de la Ville. "Je ne pense pas que ce soit une action qu'il ait été bon de porter parce que cela ne pouvait qu'exacerber les tensions", a affirmé Christine Boutin, interrogée pour savoir si Rama Yade avait commis une "erreur" en effectuant cette visite. "J'ai eu l'occasion de m'en expliquer avec elle. Elle est jeune et je comprends très bien qu'elle ait été sensibilisée à cela (mais) je n'ai pas de leçon de sensibilité à prendre", a ajouté Christine Boutin. |
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