Les familles, la plupart ivoiriennes, demandent notamment le relogement de familles expulsées cet été © TF1C'est sans doute la fin de deux mois de tensions. Lundi soir, les squatteurs de logements sociaux d'Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, qui occupaient jour et nuit un parvis près d'un groupe scolaire ont accepté les propositions que la préfecture avait faites un peu plus tôt en échange d'une évacuation immédiate du campement. Après trois quart d'heure de discussion, Lacine Koné, l'un des porte-parole des squatteurs, a annoncé que "les familles s'engageaient à respecter les termes de l'accord proposé deux heures auparavant par le sous-préfet".
Mardi, le maire communiste de la ville, Pascal Beaudet, a estimé que sa "fermeté" vis-à-vis des squatteurs de La Maladrerie avait été "payante". "Nous sommes toujours restés fermes en refusant que ces familles passent devant les demandeurs de logements sociaux d'Aubervilliers", "cela ne sera pas le cas puisque l'Etat s'engage à les reloger en dehors de la ville", s'est-il félicité.
Lundi après-midi, le sous-préfet de Saint-Denis s'était engagé à reloger les cinq familles expulsées fin juin et début juillet de quatre logements, à engager au plus vite une enquête sociale afin d'étudier les possibilités de relogement pour 26 autres familles menacées d'une expulsion prochaine, et lorsque cette phase sera achevée, à lancer la même enquête pour les 40 autres familles ayant participé depuis le 11 juillet au squat. Seule condition : que les familles soient en situation régulière et que le campement soit évacué immédiatement. Une lettre d'engagement résumant ces propositions avait été solennellement lue lundi en début de soirée aux familles sur le parvis par Lacine Koné, l'un des porte-parole des squatteurs.
Le bras de fer s'était durci jeudi
Dans la journée déjà, le sous-préfet avait rencontré pendant plus de trois heures et demi six représentants du Droit au logement et des squatteurs à Saint-Denis. Il s'agissait de la deuxième réunion de négociation pour débloquer le bras de fer qui s'était durci jeudi dernier, avec une première évacuation de force des squatteurs.
Ces familles africaines, ivoiriennes pour la plupart, s'étaient installées dans la rue le 11 juillet, après l'expulsion de cinq familles de leurs appartements, des logements sociaux qu'elles squattaient. La ville d'Aubervilliers avait obtenu il y a une semaine l'expulsion du campement et la police était intervenue jeudi, puis de nouveau dans la nuit de vendredi à samedi, dans un climat très tendu, pour tenter de les déloger. Jeudi, l'affaire avait pris une tournure politique et polémique à la suite d'une visite improvisée de la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme Rama Yade. La municipalité avait alors vivement réagi et dénoncé une "provocation" et "un soutien affirmé aux squatteurs".
(D'après agence)
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