Image d'archives © TF1Avez-vous des élèves sans-papiers dans votre établissement ? Prière de répondre dans la journée. C'est, en substance, le contenu du mail qu'ont reçus lundi matin tous les directeurs d'école du Haut-Rhin. De quoi jeter un certain froid entre eux et l'Inspection d'académie (IA), auteur du courriel. Devant la levée de boucliers immédiate provoquée par ce mail, l'IA a envoyé l'après-midi même un second courrier électronique stipulant que le premier était une "erreur" et qu'il était "sans objet".
"On ne peut que dénoncer cette chasse aux sans-papiers qui se poursuit dans l'optique de faire du chiffre et de transformer les 'instits' en serviteurs zélés de l'Etat et en délateurs", tempête Gilles Hargous, de Sud Education. Selon lui, cette pratique s'inscrit "dans la droite ligne de la 'base élève'", une base de données destinée à recueillir diverses informations sur les élèves et accessible aux maires. "Cela peut se transformer en fichier pour aller récupérer les enfants et les familles à leur domicile pour les expulser", avance-t-il, soulignant qu'un "nouveau pas dans la chasse aux sans-papiers et aux immigrés" avait été franchi.
"Pas de volonté d'identifier les élèves"
"C'est une grosse bourde, un grave dysfonctionnement d'un service particulier", a-t-on expliqué auprès de l'inspection d'académie du Haut-Rhin, assurant que la demande n'émanait "ni de l'inspecteur, ni du recteur, ni du préfet, ni du ministère" de l'Education nationale. Les années précédentes, "quelques cas de familles et d'enfants en situation irrégulières avaient été signalés et dans le cadre d'une demande de bilan portant sur l'année dernière, un service a cru bon de recenser les cas pour cette année", précise encore l'inspection d'académie, qualifiant de "décision hasardeuse" l'envoi de ce mail.
L'inspecteur d'académie du Haut-Rhin est convoqué au ministère de l'Education "pour savoir comment une telle erreur a pu arriver et lui signifier qu'elle ne doit plus se reproduire". Et Xavier Darcos de préciser : "J'ai dit à l'inspecteur d'académie que je lui conseillais de ne pas renouveler l'expérience". A l'issue du Conseil des ministres, le ministre avait regretté la "maladresse" de l'inspection académique et assuré qu'il n'y avait "évidemment pas de volonté d'identifier les élèves qui dépendent de familles d'immigrés".
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