Le siège de la DRI qui doit regrouper DST et RG © TF1/LCIC'est une révolution - presque - silencieuse, mais révolution tout de même : le renseignement français fait sa mue. Objectif : devenir une sorte de "FBI" à la française. Déplacement hautement symbolique, Michèle Alliot-Marie visitait jeudi matin les nouveaux locaux des services de renseignement situés à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, et qui doivent rassembler progressivement en un même lieu les directions de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage) et celle des Renseignements généraux (DCRG).
La ministre de l'Intérieur a précisé lors d'un point de presse que ce rapprochement, voulu par Nicolas Sarkozy, regroupera la totalité des effectifs de la Direction de la surveillance du territoire et 80% de ceux des Renseignements généraux et devrait intervenir courant 2008. "C'est ainsi que nous pourrons consolider la qualité de la lutte antiterroriste en France, qui est reconnue dans le monde entier", a-t-elle souligné à l'issue de sa visite. Michèle Alliot-Marie a toutefois refusé de parler de fusion en raison de l'inquiétude exprimée par la base sur la culture différente des deux services. Elle a affirmé que la DST et les membres des RG rattachés à la nouvelle entité garderaient leurs structures d'origine.
Les missions de la future Direction du renseignement intérieur
La mue ne se sera pas faite pas sans grincements de dents : la disparition programmée des RG et leur rattachement à la DCSP, qui sera moins important que prévu initialement par le ministère, avaient en effet suscité des protestations syndicales et une vive inquiétude à la base.
L'Intérieur envisage de créer une Direction du renseignement intérieur (DRI) pour "ce qui relève de l'intérêt de la Nation" : lutte contre le terrorisme "sous toutes ses formes", surveillance des "grands mouvements de contestation", intelligence économique par exemple. Cette DRI regrouperait la DST et les RG en charge de ces domaines, soit le "gros des effectifs". RG et DST disparaîtraient de facto "mais pas leurs missions", selon Beauvau. Pour ce qui est du "renseignement de proximité", de la lutte contre les bandes et les violences urbaines, missions dévolues aux RG, elles seraient rattachées à la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) ou à la police judiciaire. Ce qui concerne une "minorité de policiers des RG", selon l'Intérieur.
Les syndicats partagés
Les syndicats de police se sont déclarés jeudi partagés, certains étant "plutôt satisfaits" et d'autres "dubitatifs", après l'annonce de la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie. "J'approuve cette réforme, on va dans le bon sens", a déclaré le secrétaire général du Syndicat des commissaires, Olivier Damien. "On y voit plus clair, il y a des évolutions positives mais nous restons vigilants pour la mise en application" de la réforme, a dit pour sa part Bruno Beschizza, secrétaire général de Synergie.
Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance, s'est dit "plutôt satisfait" d'avoir "été entendu" mais "reste vigilant et attentif au sort des personnels" des Renseignements Généraux. "Le manque de détails sur la composition des nouvelles structures" au sein de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) "laisse dubitatif quant à l'efficacité future de ces services", a estimé en revanche Michel Djabian, secrétaire général adjoint du Syndicat national des officiers de police. Pierre Willem, porte-parole de l'Unsa-police n'est lui "pas complètement satisfait" et "demande des garanties" pour que les policiers "continuent à bien faire du renseignement traditionnel".
D'après agence
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