Brice Hortefeux © TF1/LCI/Christophe Chevalin |
"Ce n'était pas une réunion sanction, mais une réunion de débat, de dialogue, d'analyse territoriale et de mobilisation", a déclaré Brice Hortefeux sur France Info à l'issue de la réunion qu'il a tenue mercredi avec une vingtaine de préfets. Pourtant, Le Figaro assurait mardi que le ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement entendait "remonter les bretelles des préfets qui ne remplissent pas leurs objectifs" en matière d'expulsions d'immigrés en situation irrégulières.
Conformément à la demande du président Nicolas Sarkozy, le ministre a fixé comme objectif l'expulsion de 25.000 sans-papiers d'ici la fin de l'année. "Ça signifie un certain nombre d'expulsions par département (...) Certains sont en passe d'atteindre ces objectifs, certains les ont dépassés, certains sont en dessous - c'étaient ceux que j'ai vus cet après-midi", a expliqué le ministre, ajoutant qu'il n'était pas question de sanctionner quiconque. "Nous avons examiné les moyens de parvenir à ces objectifs. Nous l'avons fait très calmement, très sereinement et j'espère vivement que les objectifs qui ont été fixés seront atteints avant la fin de l'année."
Une levée de bouclier
Cette convocation des préfets au ministère a provoqué une levée de bouclier d'organisations et de la gauche. "La mise sous pression de l'administration pour atteindre l'objectif de 25.000 reconduites par an est dangereuse (...) Le gouvernement tente de mener une 'politique du chiffre' absurde, car totalement déconnectée des réalités humaines et sociales de l'immigration", a déclaré Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à l'Egalité au Parti socialiste. Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples a pour sa part dénoncé dans un communiqué "la poursuite obsessionnelle du gouvernement à maintenir un harcèlement d'Etat envers les sans-papiers". Pour le Mrap, "cette politique est cruelle et réduit l'immigré à un objet jetable".
Brice Hortefeux a toutefois admis qu'avec 11.000 éloignements d'étrangers sans papiers dans leur pays d'origine ou dans un autre Etat européen à la fin juillet, l'objectif de 25.000 expulsions fixé pour 2007 serait difficile à atteindre. Selon le magazine Le Point, le ministre se serait fait sermonner par le chef de l'Etat lors d'une réunion le 20 août. "Je veux du chiffre ! C'est un engagement de campagne. Les Français m'attendent là-dessus. je veux que l'on mobilise pour être plus efficace", aurait dit Nicolas Sarkozy.
(D'après agence)
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