La lettre de Sarkozy ne convainc pas les syndicats

le 05 septembre 2007 à 07h36 , mis à jour le 05 septembre 2007 à 11h09

La politique de l'éducation dont Nicolas Sarkozy a tracé les grandes lignes mardi à Blois suscite la méfiance de la majorité des syndicats d'enseignants.

TF1/LCI : Nicolas Sarkozy en visite dans le collège Michel Begon, à Blois (4 septembre 2007)Nicolas Sarkozy en visite dans le collège Michel Begon, à Blois (4 septembre 2007) © TF1/LCI

La méfiance semble unanime : après la lecture publique par Nicolas Sarkozy de sa lettre aux enseignants - première dans l'histoire d'un président de la République - les syndicats dénoncent "une pure opération de communication" d'un chef de l'Etat aux propos tellement "contradictoires" que "l'on a du mal à trouver les points concrets" de sa politique, selon les termes de l'Unsa-Education. Nicolas Sarkozy "s'est adressé à la fois à ceux qui veulent démocratiser l'Ecole et à ceux qui veulent la rendre plus sélective, mais le point d'équilibre n'a pas été trouvé", estime ainsi Patrick Gonthier.

Un point particulier focalise les critiques syndicales : le fait que, selon le président, "nul ne (doive) entrer en 6e s'il n'a pas fait la preuve qu'il était capable de suivre l'enseignement du collège" et que "nul ne (doive) entrer en seconde s'il n'a pas fait la preuve qu"il était capable de suivre l'enseignement du lycée". Pour Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l'Education, "cela laisse penser que la porte est ouverte à la sélection à l'entrée en sixième et en seconde".

La mesure consistant à mettre sous tutelle les aides aux familles en cas d'absentéisme des enfants est aussi dénoncée par le Sgen-CFDT et la FCPE (parents d'élèves), cette dernière estimant que cela "ne fait que renforcer les difficultés des familles et les priver de toute possibilité de s'en sortir". La FSU a également critiqué une vision "négligeant les causes sociales de l'échec scolaire", se contentant de "renvoyer la réussite à la responsabilité individuelle".

Une "revalorisation en trompe l'oeil" des enseignants

Les syndicats regrettent par ailleurs que "des annonces négatives", comme la suppression du nombre de personnels de l'Education (11.200 au budget 2008), ou encore la suppression de la carte scolaire aient été confirmées. L'Unsa-Education a mis en garde contre "la revalorisation en trompe l'oeil" des enseignants : ils seront mieux rémunérés à la condition "qu'ils acceptent les suppressions de postes et le principe du mérite ou de la performance".

Les syndicats se hérissent également après les propos de Nicolas Sarkozy soulignant les "limites" du collège unique, créé en 1975 pour que tous les enfants bénéficient du même enseignement jusqu'à 16 ans. Seule exception : le Snalc-CSEN (classé traditionnellement à droite), qui réclame régulièrement son "abrogation". Ce syndicat est le seul à avoir dit : "chiche aux propositions de rupture formulées par l'Elysée". Pour le reste, la FCPE a salué un discours qui "contient de nombreux principes auxquels (elle) est attachée, comme la laïcité" et l'Unsa-Education s'est réjouie que "pour la première fois un président s'adresse au monde de l'éducation".

D'après agence

le 05 septembre 2007 à 07:36
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20 Commentaires

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  • Simon, le 05/09/2007 à 10h34

    La seule et unique chose qui convainc les syndicats c'est : travailler moins gagner plus ...

  • Claude, le 05/09/2007 à 10h28

    Il était prévisible que les syndicats d'enseignants ne seraient pas d'accord avec les mesures de bon sens annoncées par le Président. Quelques que soient les raisons qu'ils avanceront, il serait souhaitable de leur poser la question suivante ; pourquoi, avec un taux d'enseignants par élève bien supérieur à la moyenne européenne, trouve-ton des enfants en sixième qui savent à peine lire et écrire.

  • Parents d'élève, le 05/09/2007 à 10h06

    Cà, bien évidemment. Les syndicats, quel qu'ils soient, ne sont jamais contents et trouvent toujours sujet à polémiques. On ne va pas tarder à avoir encore des grêves.

  • Philomène, le 05/09/2007 à 10h05

    Le contraire m'eut étonné ! Vous avez déjà vu des enseignants ( de gauche pour la majorité ) être d'accord avec un gouvernement de droite ? Ce sera dur de réformer ......

  • Thierry, le 05/09/2007 à 09h54

    Ah les syndicats d'enseignants!!! Vous voulez laisser entrer au collège des jeunes qui ne savent pour ainsi dire ni lire ni écrire ni compter? c'est la faute à qui si des gosses sont dans cette situation!!!!!!!!

  • Cuvillon, le 05/09/2007 à 09h53

    Il était prévisible que l'Education nationale, majoritairement à gauche, n'accepte pas les réformes d'un Président de droite, bien que ces réformes sont demandées par la majorité des parents

  • Sylvain, le 05/09/2007 à 09h43

    On ne pouvait s'attendre qu'à ce style de réaction de la part de ces syndicats gauchos et bornés.

  • DD, le 05/09/2007 à 09h37

    Le seul objectif est la suppression de postes afin de financer les 13 milliards d'euros de la "réforme" fiscale

  • Will, le 05/09/2007 à 09h24

    De toute façon avec un triplement les éffectifs et recrutant que chez ceux qui ceux qui ont leur carte à la CGT ils seraient pas encore contant

  • Carisa, le 05/09/2007 à 09h11

    Les enseignants sont presque tous de gauche.pas etonnant qu'ils ne soient pas convaincus.de toute façon ils sont inebranlables et imbus de leur personne.

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