Nicolas Sarkozy en visite dans le collège Michel Begon, à Blois (4 septembre 2007) © TF1/LCILa méfiance semble unanime : après la lecture publique par Nicolas Sarkozy de sa lettre aux enseignants - première dans l'histoire d'un président de la République - les syndicats dénoncent "une pure opération de communication" d'un chef de l'Etat aux propos tellement "contradictoires" que "l'on a du mal à trouver les points concrets" de sa politique, selon les termes de l'Unsa-Education. Nicolas Sarkozy "s'est adressé à la fois à ceux qui veulent démocratiser l'Ecole et à ceux qui veulent la rendre plus sélective, mais le point d'équilibre n'a pas été trouvé", estime ainsi Patrick Gonthier.
Un point particulier focalise les critiques syndicales : le fait que, selon le président, "nul ne (doive) entrer en 6e s'il n'a pas fait la preuve qu'il était capable de suivre l'enseignement du collège" et que "nul ne (doive) entrer en seconde s'il n'a pas fait la preuve qu"il était capable de suivre l'enseignement du lycée". Pour Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l'Education, "cela laisse penser que la porte est ouverte à la sélection à l'entrée en sixième et en seconde".
La mesure consistant à mettre sous tutelle les aides aux familles en cas d'absentéisme des enfants est aussi dénoncée par le Sgen-CFDT et la FCPE (parents d'élèves), cette dernière estimant que cela "ne fait que renforcer les difficultés des familles et les priver de toute possibilité de s'en sortir". La FSU a également critiqué une vision "négligeant les causes sociales de l'échec scolaire", se contentant de "renvoyer la réussite à la responsabilité individuelle".
Une "revalorisation en trompe l'oeil" des enseignants
Les syndicats regrettent par ailleurs que "des annonces négatives", comme la suppression du nombre de personnels de l'Education (11.200 au budget 2008), ou encore la suppression de la carte scolaire aient été confirmées. L'Unsa-Education a mis en garde contre "la revalorisation en trompe l'oeil" des enseignants : ils seront mieux rémunérés à la condition "qu'ils acceptent les suppressions de postes et le principe du mérite ou de la performance".
Les syndicats se hérissent également après les propos de Nicolas Sarkozy soulignant les "limites" du collège unique, créé en 1975 pour que tous les enfants bénéficient du même enseignement jusqu'à 16 ans. Seule exception : le Snalc-CSEN (classé traditionnellement à droite), qui réclame régulièrement son "abrogation". Ce syndicat est le seul à avoir dit : "chiche aux propositions de rupture formulées par l'Elysée". Pour le reste, la FCPE a salué un discours qui "contient de nombreux principes auxquels (elle) est attachée, comme la laïcité" et l'Unsa-Education s'est réjouie que "pour la première fois un président s'adresse au monde de l'éducation".
D'après agence
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