"Les mini-motos ne peuvent pas rester des jouets"

Par , le 17 septembre 2007 à 10h56 , mis à jour le 17 septembre 2007 à 21h19

Depuis des mois, Gilbert Roger, maire PS de Bondy (Seine-St-Denis), se bat pour que les mini-motos ne soient plus considérées comme des jouets. Il dénonce l'hypocrisie des vendeurs, qui ne cherchent qu'à faire de l'argent.

Gilbert Roger, maire PS de BondyGilbert Roger est à la tête d'une délégation de maires de Seine-St-Denis qui se battent pour mieux réglementer l'usage des mini-motos en France © Mairie de Bondy
LCI.fr : Avec 22 autres maires de Seine-Saint-Denis, vous avez écrit cet été à votre préfet pour le sensibiliser aux dangers des mini-motos. Pourquoi ?
Plus d'infos

Gilbert Roger, maire PS de Bondy :
Nous avons prévu de nous réunir le 24 septembre prochain car depuis quelques temps, il est devenu de plus en plus dangereux de circuler à pieds dans nos villes avec la prolifération de ces mini-motos ou pocket-bikes qui roulent n'importe où et n'importe comment. Ces engins causent énormément de bruits et de désagréments pour nos populations. Et la police est dans l'incapacité de trouver des solutions eu égard à la loi en vigueur.
 
LCI.fr : Qui utilise ces mini-motos ?
G.R :
Ce sont très souvent des jeunes, notamment dans les cités, mais on trouve aussi des parents. Récemment, un père a été arrêté alors qu'il avait mis son enfant de  deux ans sur l'engin. C'est un phénomène qui ne peut pas  continuer comme cela, notamment parce que l'on considère ces bolides comme des jouets dans la classification réglementaire plutôt que comme des engins ayant autorisation de rouler sur la voie publique. Le problème est que ces "jouets" sont rapides, dangereux et qu'en plus, chacun peut les transformer très facilement pour leur permettre de faire encore plus de bruit et d'aller encore plus vite. 
 

"Ou on trouve
de vraies
réglementations
ou on interdit
ces jouets"

Gilbert Roger, maire de Bondy

LCI.fr : Pourtant, ces engins sont vendus en toute légalité
G.R. : Oui, mais quand Mattel s'aperçoit qu'il y a du plomb sur ses Barbie ou sur d'autres jouets, il est capable de tous les retirer de la circulation. Je suis intervenu auprès du Carrefour de Rosny pour les alerter du danger et, j'en suis heureux, ils ont retiré leurs mini-motos de la vente. Si on veut avoir une vraie action, il faut interdire l'importation et la vente de ces mini-motos ou alors décider qu'elles rentrent dans une classification spécifique, qui nécessite une autorisation. Quand on voit le nouveau drame qui vient de se passer à Gonnesse, avec deux jeunes enfants grièvement blessés, on ne peut plus rester dans le flou et dans le danger.
 
-LCI.fr : De leur côté, les distributeurs parlent de "faux procès". Ils estiment qu'il n'y a qu'à  verbaliser plus et proposer des circuits agréés pour les jeunes pilotes.
G.R.
: Il ne faut pas confondre la pratique de la moto - que je connais bien puisque j'en fais-, et puis ces engins. Si les importateurs veulent que les gens puissent circuler sur des circuits fermés et sécurisés, très bien, qu'ils investissent ! Mais on sait bien qu'ils ne le feront pas car pour eux, ce qui compte, c'est de gagner des sous. Il y a de l'hypocrisie du côté des vendeurs. Pourtant, on ne peut pas être laxiste dans des affaires comme celle-là : ou on trouve de vraies réglementations ou on interdit purement et simplement ces jouets.
 
LCI.fr : Quelle est la première des mesures à prendre ?
G.R.
: Il faut commencer par alourdir les sanctions. Aujourd'hui, si un contrevenant est arrêté par la police sur la voie publique, il suffit que la personne aille au commissariat avec sa facture et son attestation d'assurance maison pour reprendre son engin, tout ça parce que l'on considère que les pocket bikes sont des jouets. Ne me dites pas que c'est normal. 

Alliot-Marie donne des directives pour la "plus grande fermeté"

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé lundi qu'elle avait donné des "directives" aux préfets et services de police pour faire preuve de la "plus grande fermeté" contre les conducteurs de mini-motos circulant en infraction sur la voie publique, "en procédant notamment à la saisie systématique des véhicules en infraction". Elle rappelle que, si "la circulation sur la voie publique des véhicules à deux roues moteur comme des quads est interdite dès lors qu'ils ne sont pas réceptionnés, c'est à dire non conformes aux normes communautaires", celle des mini-motos y est "quant à elle strictement interdite".

Par Alexandra Guillet le 17 septembre 2007 à 10:56
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11 Commentaires

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  • Fifi, le 17/09/2007 à 14h53

    J'habite dans une cité et effectivement il y a beaucoup de quads et mini moto, mais je me pose une question, comment font-ils pour se payer des trucs pareils, puisque quand je les entends parler ils n'ont pas d'argent et se plaignent tout le temps ???

  • Pertel, le 17/09/2007 à 14h26

    Les parents qui achetent ce genre de " jouet" pour leurs enfants sont de vrais irresponsables. 1-Interdire ce type de jouets 2-Fermer les magasins qui vendent ce type d'article 3-Punir avec la plus extrème sévérité les parents détenteurs de ce genre d'article. 4-Arreter uu peu de prendre les enfants pour des "grands", avec toutes ces "merde de jouet" qui n'amusent que leur papa. 5-Les enfants sont devenus des "betes de concours", à qui aura le dernier jouet à la mode, le plus chic, le plus beau. 6-Revenons donc aux bons jeux d'autrefois, et même, un carton vide, avec l'aide des parents, peut devenir un merveilleux jouet, encore faudrait-il que les parents daignent s'occuper un peu plus de leur progéniture, ce qui, pour beaucoup n'est que source de revenus supplémentaire. ( Merci les alloc. )

  • Moulin, le 17/09/2007 à 13h33

    Entierement d'accord avec ce maire les lois sont la et toujours pas appliquees d'ou une grosse hypocrisie , j'habite dans une ville ou tous les jeunes en ont et roulent sur les routes ou l'autorite se voile la face et laisse ces jeunes jusqu' au jours ou......

  • Leger, le 17/09/2007 à 13h31

    Tout à fait d'accord avec ce monsieur, mon fils Alors qu'il avait 8 ans , roulait sur sa mini moto.Il en a perdu le contrôle car la vitesse de ses motos est eccéssive et devient un danger pour les enfants.Nous lui avons suprimé et même à 12 ans cela est encore trop dangeureux .Valérie

  • David, le 17/09/2007 à 13h23

    On sait maintenant que les parents étaient à coté des enfants. Alors! on interdits les motos ou on condamne des gens irresponsables et dangereux pour laisser des mineurs de 7 et 3 ans sur une moto et sur un terrain fréquenté par d'autres usagers qui plus est!!!

  • Phil, le 17/09/2007 à 13h02

    Tout à fait d'accord. Ce ne sont pas des jouets, et les parents qui incitent de jeunes enfants à 'rouler' sur de tels engins me sembles quelque peu irresponsables. Il en va de la sécurité de leurs enfants. Il ne faut plus considérer ces mini motos comme des jouets et je pense que leur interdiction pure et simple pour les mineurs est le décision la plus pertinente. Ce sont les parenst qu'il faut éduquer.

  • André, le 17/09/2007 à 12h39

    Je suis à 200% de l'avis de cet homme politique. Ces petits engins font prendre de grands risques aux enfants qui les conduisent et surtout aux passants (sans parler de la pollution sonore pour l'environnement). Merci aux décideurs qui feront quelque chose.

  • Scandalisé, le 17/09/2007 à 12h25

    Les vendeurs de motos font leur boulot en vendant des motos. Les parlementaires cherchent à préserver leur régime de retraite avantageux; chacun son truc !

  • Bruno, le 17/09/2007 à 12h10

    Reprimons a tours de bras, le peuple se revoltera !

  • David, le 17/09/2007 à 11h52

    Un Socialiste qui veut qu'on sevisse et qu'on sorte du laxisme, cool ca bouge au PS !!!

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