Nicolas Sarkozy, interview diffusée sur TF1 et France 2 (20 septembre 2007) © TF1/LCILors du Conseil des ministres du 29 août, le chef de l'Etat s'était prononcé en faveur d'un "débat pédagogique" sur des quotas d'immigration. "Il ne s'agit pas de faire des quotas de personnes venant d'Afrique, du monde arabe ou d'Asie, il s'agit juste de dire que c'est une question légitime" de savoir "combien on veut d'ouvriers agricoles, d'ingénieurs, d'informaticiens, de techniciens", déclarait alors le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez en rendant compte de ce conseil. Voilà donc le débat lancé : ce terme de "quotas" est revenu jeudi soir dans la bouche de Nicolas Sarkozy. Mais sa position a évolué et le président a nettement affiché sa volonté de limiter le nombre d'étrangers accueillis chaque année sur le territoire français, non seulement par secteur d'activité, mais aussi par lieu de provenance.
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Publié le 20/09/2007
"Je le dis de façon très claire, je souhaite que nous arrivions à établir chaque année, après un débat au Parlement, un quota avec un chiffre plafond d'étrangers que nous accueillerons sur notre territoire", a déclaré le chef de l'Etat sur TF1 et France 2. "Je souhaite également qu'à l'intérieur de ce chiffre plafond, on réfléchisse à un quota par profession, par catégorie(...) et puis naturellement un quota par région du monde". Selon le chef de l'Etat, "seuls 7% de l'immigration d'aujourd'hui est une immigration de travail. Comment s'intégrer en France si on n'a pas de travail? Je souhaite porter le chiffre de l'immigration du travail à au moins un sur deux". Sur le même thème, Nicolas Sarkozy a déclaré jeudi soir "ne pas être choqué" par l'amendement autorisant le recours aux tests ADN voté plus tôt dans la journée avec le projet de loi sur l'immigration.
"Une logique égoïste, utilitariste et unilatérale"
Des propos du chef de l'Etat qui ont suscité les critiques de plusieurs associations de défense des droits de l'Homme et des étrangers. Après l'entretien télévisé, France terre d'Asile (FTA) a dénoncé : "selon les spécialistes, les quotas n'ont jamais fonctionné dans les pays qui ont souhaité les appliquer : dans les professions les plus qualifiées, on n'atteint jamais les quotas ; par contre on les dépasse dans les professions ouvrières". "Le président est dans le prolongement du candidat : l'utilisation du terme de quotas est scandaleux parce qu'il s'agit de vies humaines, pas de cheptels ou de mètre cubes de béton ou d'acier !", a affirmé Richard Moyon, porte-parole du Réseau Education sans frontières (RESF). Pour Amnesty international France, "un vent mauvais souffle en France". L'association s'inquiète d'une "stigmatisation de l'étranger".
"Une fois de plus, on a la confirmation d'une ligne politique portée sur une logique égoïste, utilitariste et unilatérale", a estimé de son côté Mouloud Aounit, président du Mrap. Dominique Sopo, président de l'association SOS Racisme, a déclaré : "Lorsque Nicolas Sarkozy prétend rééquilibrer immigration familiale et l'économique, il faut rappeler quelques réalités : aujourd'hui, ce n'est pas qu'il y a trop d'immigration familiale, c'est qu'il n'y a plus d'immigration économique car les vannes ont été fermées depuis la crise de la fin des années 70 !".
D'après agence
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