Fadela Amara, le 7 septembre 2007 © TF1-LCIOn connaît son franc-parler. C'est donc du tac-au-tac que Fadela Amara a répondu dimanche, sur Canal+, à la question sur son éventuelle candidature aux municipales sur la liste du ministre de l'Immigration Brice Hortefeux, candidat à Clermont-Ferrand. "Vous y pensez ?" Réponse dans un sourire : "pas en me rasant le matin". Une référence au fameux dialogue entre Alain Duhamel et Nicolas Sarkozy sur sa candidature à la présidentielle...
"L'Etat ne remplit pas ses obligations humanitaires"
<b>Interview - </b> Des CRS face aux clandestins : pour Bernard Cazeneuve, député-maire PS de Cherbourg, le problème de sécurité est réel, mais la crise est plus profonde.
Publié le 20/09/2007
Pour l'heure, un autre sujet la chiffonne. Intégrer des tests génétiques dans la procédure du regroupement familial "choque" la secrétaire d'Etat à la Ville. "Je ne suis pas favorable à ça (...) Ça me heurte en tant que fille d'immigrés (...) Ce qui me gêne, c'est que ça jette l'opprobre sur les étrangers qui veulent venir chez nous", explique cette figure de la lutte contre le racisme. Fondatrice du mouvement "Ni putes, ni soumises", elle estime qu'"il faut être beaucoup plus cool. Ceux qui veulent venir chez nous, il y a des conditions (...) Je ne pense pas qu'il faille rajouter des tests", tout en concédant que le dernier mot revient au Parlement et aux élus "du peuple".
Sur l'immigration, Kouchner prend aussi ses distances
Au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, s'est lui aussi démarqué dimanche de la politique du gouvernement en matière d'immigration, en estimant à propos des expulsions de clandestins que "les chiffres ne sont pas tout". Il a estimé "nécessaire que les illégaux soient reconduits dans leur pays". Pour autant, "si elles sont nécessaires, les expulsions devraient être décidées au cas par cas. C'est un traitement humain qu'il nous faut. Je n'aime pas cette histoire de chiffres", a-t-il ajouté. Le président Nicolas Sarkozy a fixé à 25.000 l'objectif d'expulsions de clandestins en 2007. Le ministre a reconnu que "la politique de l'immigration choisie ne recueille pas entièrement (son) adhésion".
A propos des tests ADN, Bernard Kouchner a en revanche été moins critique que Fadela Amara : "ca ne me plaît pas, mais ça ne m'indigne pas", tout en relevant que les tests ne seront pas obligatoires. "Le jour où je m'indignerai vraiment, je partirai", a-t-il ajouté. a pour sa part commenté dimanche : "ca ne me plaît pas, mais ça ne m'indigne pas", tout en relevant que les tests ne seront pas obligatoires. "Le jour où je m'indignerai vraiment, je partirai", a-t-il ajouté.
Sarkozy : "Quel est le problème ?"
Mercredi, la Commission des lois de l'Assemblée a adopté plusieurs amendements dont un, proposé par le député UMP Thierry Mariani, qui autorise l'usage de tests génétiques dans la procédure de demande de visa, suscitant une pluie de réactions de l'opposition et d'associations anti-racisme (lire notre article). Le texte controversé autorise le recours aux tests ADN lors de la délivrance des visas de plus de trois mois "en cas de doute sérieux sur l'authenticité de l'acte d'état civil". Les procédures de regroupement familial impliquent des enfants concernant 23.000 demandes par an.
Selon le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, interrogé dimanche sur Radio J (lire notre article), la position de Nicolas Sarkozy sur cette mesure n'est pas encore arrêtée. "Il y a 12 pays en Europe qui ont le test ADN sur la base du volontariat. Quel est le problème ?", s'est interrogé le chef de l'Etat lors d'une conversation avec des journalistes dans l'avion qui le ramenait de Hongrie vendredi et dont Le Monde a publié des extraits samedi.
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