Un cycliste sur un Vélib' sur les quais de Seine à Paris © TF1/LCIParis envahi par les deux-roues. Il y avait déjà les scooters. Depuis la mi-juillet et l'apparition des Vélib', on ne compte plus les vélos dans les rues de la capitale. Sur la route, mais aussi souvent sur les trottoirs. Des comportements que la préfecture de police de Paris n'hésite pas à réprimer. Ainsi entre les mois de janvier et août, 6311 procès verbaux ont été dressés à l'encontre de cyclistes, contre 2579 durant la même période l'année dernière, soit une multiplication par 2,5. "Cela correspond à l'augmentation de la circulation à vélo sur la capitale", assure-t-on à la préfecture de police.
Il faut dire que nombreux sont les cyclistes qui ne respectent pas le code de la route. Malgré les diverses brochures d'information rappelant la conduite à adopter lorsque l'on circule en vélo, les cyclistes ne s'arrêtent pas toujours aux feux rouges. Face au danger que peuvent représenter les voitures, d'autres préfèrent rouler sur le trottoir. Ainsi, selon une enquête de la mairie de Paris réalisée en 2005, 37% des cyclistes disaient ne pas respecter les sens interdits, 71% les feux rouges. Enfin, seulement 40% affirmaient ne rouler que sur la chaussée. Et tant pis pour les piétons.
Des directives adressées à la police
Au milieu du mois de juillet, à la veille du lancement de l'opération Vélib', la police parisienne aurait d'ailleurs reçu des directives visant à la "répression des infractions commises par les cyclistes". Le tarif ? 90 euros pour ceux qui montent sur le trottoir, grillent un feu ou prennent un sens interdit, 22 euros pour ceux qui téléphonent en pédalant ou écoutent de la musique via un lecteur MP3 par exemple. Des sanctions souvent justifiées, mais qui pour Christophe Caresche, adjoint chargé de la sécurité à la mairie de Paris, ne sont pas toujours adaptées aux cyclistes.
"On ne peut pas reprocher aux policiers de faire respecter les règles, mais il faut faire attention aux modes de verbalisation qui donnent l'impression que l'on veut faire du chiffre", attaque Christophe Caresche. Pour lui, une verbalisation systématique des infractions, surtout lorsqu'elles ne présentent aucun danger pour autrui, risque de dissuader les amateurs de vélo. "Ce qu'il faut, c'est revoir les sanctions afin de les adapter aux cyclistes."
Un code de la rue
A l'inverse du secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, qui souhaite "les mêmes règles" pour les cyclistes et les automobilistes, Christophe Caresche prône lui l'instauration d'un code de la rue. C'est d'ailleurs ce qu'a lancé le maire de Bordeaux, Alain Juppé, mercredi. Ce dernier a notamment indiqué qu'une demande avait été faite auprès de la Direction de la sécurité et de la circulation routière pour permettre aux cyclistes "le tourne à droite au feu rouge", "tel que c'est pratiqué au Québec, même pour les voitures", a précisé le maire de Bordeaux.
Pour Christophe Caresche, un code de la rue à Paris permettrait l'instauration de règles un peu différentes pour les déplacements "doux", à savoir les piétons, les cyclistes et les rollers. "Je ne veux pas que l'on dégoûte les cyclistes en leur infligeant des amendes à 90 euros", martèle-t-il. L'avenir des Vélib' en dépend peut-être.
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