1001 façons de célébrer Guy Môquet

le 22 octobre 2007 à 17h55 , mis à jour le 22 octobre 2007 à 21h41

Partout en France lundi, de nombreux lycées ont rendu hommage à Guy Môquet, ce jeune résistant communiste de 17 ans, fusillé par les Allemands en 1941.

guy moquetGuy Môquet, résistant de 17 ans, fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941 © DR

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Le bilan de la journée selon Xavier Darcos
 

De la cérémonie solennelle au refus de lire la célèbre lettre, en passant par les témoignages d'anciens résistants, la journée de "commémoration du souvenir" du résistant Guy Môquet dans les lycées a revêtu lundi des formes très variées. La célébration a pu prendre un caractère très solennel, avec lecture dans la cour, observation d'une minute de silence, voire dépôt de gerbe, comme à Lille, au lycée Baggio. Au lycée Blaise-Pascal, à Colmar, la lecture a été faite au micro, dans la cour, devant les élèves et le personnel. A Jean Moulin, à Lyon, le Chant des partisans a été chanté par les élèves du conservatoire. A Paris, Maurice Druon, l'un des auteurs de ce chant de la Résistance, a lu la lettre au lycée Michelet.

Dans d'autres cas, des anciens résistants ou déportés sont venus témoigner dans les établissements, comme au lycée Pasteur à Nice, ou au lycée Jean-Rostand à Strasbourg. C'est la lecture d'une lettre du résistant Raymond Aubrac qui était prévue au lycée André-Cuzin, à Caluire, dans le Rhône, ville où il a été arrêté en juin 1943 avec Jean Moulin. Au lycée Guy-Môquet de Châteaubriant, en Loire-Atlantique, ville où a été fusillé le jeune communiste, les élèves ont récité le poème de Louis Aragon La rose et le réséda, qui lui est notamment dédié (voir la vidéo).

Visite d'un lieu de mémoire 

D'autres établissements se sont rendus sur un lieu de mémoire, comme au camp militaire de Souge, à Martignans-sur-Jalle, en Gironde. Au lycée Camille-Sée à Colmar, après discussion avec l'administration, les professeurs d'histoire, en vertu de leur liberté pédagogique, avaient décidé de lire la lettre au moment "opportun", mais ont organisé une sortie cinéma : sept classes sont allées voir Le secret, de Claude Miller, qui raconte l'histoire d'un lourd secret familial et d'une passion amoureuse tragique sur fond d'Occupation.

Au lycée Ronsard de Vendôme, dans le Loir-et-Cher, la cousine de Guy Môquet, Michelle Bouhours, 74 ans, a lu le début de la lettre devant 150 lycéens. Le lycée Jules-Fil à Carcassonne a fait défiler toute la journée la lettre sur un grand écran dans son hall, et au lycée Bellevue à Toulouse, la lettre a été traduite en langue des signes. La Résistance a été interprétée au sens large au lycée Pasquet d'Arles, dans les Bouches-du-Rhône, où des professeurs comptaient évoquer la résistance de ceux qui militent pour que tous les enfants, même sans papiers, puissent continuer d'être scolarisés en France.

Dans des établissements, les professeurs avaient fait savoir ces dernières semaines pourquoi ils refusaient de lire la lettre. C'était le cas au lycée Carnot à Paris, où lycéens, étudiants et profs ont manifesté pour dénoncer une "récupération politicienne" et le silence sur l'engagement communiste de Guy Môquet. En Gironde, les communistes ont diffusé 4.000 exemplaires d'un supplément du journal l'Humanité consacré au résistant devant les lycées du département. Certains établissements ont prévu d'étendre cette journée à un projet plus large dans le temps, à l'instar du lycée Jean-Vigo à Millau, dans l'Aveyron, qui organise une exposition sur des lettres de fusillés et un travail d'un mois sur la Résistance avec projection de films.

"Plus de 95% des établissements" selon le ministère

Selon les chiffres du ministère de l'Education, des remontées portant sur 26 académies sur 30 montraient que la lettre avait été lue dans "plus de 95% des établissements : 95% à Créteil et Clermont-Ferrand, 97,5% à Paris, 98% à Rennes, 99% à Bordeaux, Dijon, Lille, Lyon, Orléans-Tours, Montpellier et 100% dans les autres académies". Des chiffres toutefois contestés par la secrétaire générale du Snes-FSU, majoritaire dans le second degré, Frédérique Rolet. "Il y a eu globalement un mouvement de refus des enseignants, et dans certains cas seuls des groupes très restreints ont participé à l'opération. Je pense que le gouvernement attendait plus de lustre à cette manifestation", a-t-elle affirmé, sans donner de chiffre.

(D'après agence)

le 22 octobre 2007 à 17:55
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