Michèle Alliot-Marie, le 27 juillet 2007 © LCIUn document de travail, rédigé par un inspecteur des Finances, suggère la suppression à l'horizon 2011 de quelque 8.000 à 10.000 emplois dans la police et la gendarmerie. Pour y parvenir, l'inspecteur envisage par exemple la "fermeture de la moitié des brigades de gendarmerie". "Une véritable saignée du service public de sécurité", a déclaré le secrétaire général du SGP-FO, Nicolas Comte, dans un communiqué, en craignant qu'il "ne s'agisse d'un ballon d'essai". "C'est un leurre", a surenchéri Joaquin Masanet, secrétaire général de l'Unsa, premier syndicat de gardiens de la paix.
Les ministres de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, et de la Défense, Hervé Morin, ont de leur côté vivement réagi mardi. Il "n'engage que son auteur", ont-ils dit devant les députés de la commission élargie (Lois, Finances, Défense), qui les auditionnaient sur le budget de la sécurité. Michèle Alliot-Marie a fait valoir pour sa part, devant les députés, que "la sécurité des Français est un sujet assez important pour qu'on ne se satisfasse pas d'idées simplistes et dépourvues de tout contact avec les réalités". Il ne "faut pas" que policiers et gendarmes "s'inquiètent" car le document "ne conditionne pas la décision politique", a déclaré sur BFM TV le ministre du Budget, Eric Woerth.
Alliance rassuré
Les puissants syndicats de police ont eux aussi participé à cette bronca. Le Syndicat général de la police (SGP-FO) a demandé mardi une "audience en urgence" à la ministère de l'Intérieur. Jean-Claude Delage, d'Alliance, s'est en tout cas dit "rassuré" par les déclarations récentes de Michèle Alliot-Marie sur le maintien des effectifs de gardiens. Côté officiers de police, Dominique Achispon, pour le Snop, a demandé à l'auteur du document de "venir dans les banlieues voir comment nous travaillons". Bruno Beschizza, de Synergie, a réclamé une "mise à plat des problèmes", comme Olivier Damien pour le Syndicat des commissaires (SCPN).
Les syndicats ont affirmé que le président Nicolas Sarkozy devait réunir à la mi-novembre 2000 policiers et gendarmes pour une "grand-messe" à La Défense, comme il le faisait du temps où il était place Beauvau. Manière de "recadrer les choses", disent-ils à l'unisson. Enfin, l'Union nationale des personnels en retraite de la gendarmerie, première organisation chez les gendarmes retraités, s'est dite mardi "sidérée" par l'éventualité de la suppression de 8 à 10.000 emplois de policiers et de gendarmes et de la moitié des brigades de gendarmerie.
(D'après agence)
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