Guy Môquet, résistant de 17 ans, fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941 © DRLes enseignants doivent-ils lire à leurs élèves le 22 octobre prochain la lettre de Guy Môquet, un jeune résistant communiste fusillé par les Allemands en 1941 ? Oui, assure le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, qui rappelle que cette lecture est "obligatoire". Lors de son point de presse lundi matin, il a toutefois annoncé qu'aucune "sanction" n'était prévue contre ceux qui s'y refuseraient. "La lettre sera lue à tous les lycéens de France. C'est un exercice pédagogique très important", a-t-il souligné.
De nombreux enseignants refusent pourtant cette "instrumentalisation de l'histoire au profit du politique". "Il n'est pas défendable de fonder l'enseignement sur le recours à l'émotion, ni d'obéir sans condition à une prescription présidentielle, venant perturber une progression pédagogique construite selon une logique précise s'inscrivant dans le respect des programmes", écrit le Snes, principal syndicat des enseignants, dans un communiqué. Le syndicat appelle donc les enseignants à ne pas lire la lettre le 22 octobre prochain, tout comme SUD Education, selon qui "cette commémoration est un leurre" puisqu'elle "ne s'inscrit dans aucune progression pédagogique digne de ce nom".
L'attitude la plus juste
Une centaine de personnes, enseignants, universitaires, chercheurs, réunis dans un Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire (CVUH), sont également montés au créneau, expliquant que "chaque acteur de l'espace scolaire jugera de l'attitude qui lui paraît la plus juste mais il ne nous apparaît pas possible, en tant qu'enseignants comme en tant que chercheurs, de cautionner d'une façon ou d'une autre une telle contrefaçon mémorielle". Sur son site Internet, le comité dénonce ainsi l'"instrumentalisation" du "passé" à travers cette opération.
Le 16 mai, Nicolas Sarkozy avait annoncé que cette lettre serait lue à chaque rentrée scolaire dans tous les lycées de France. "Je n'ai jamais pu lire ou écouter la lettre de Guy Môquet sans en être profondément bouleversé", avait alors confié le président de la République au cours d'un hommage rendu près de la cascade du Bois de Boulogne.
Appel à témoin : pensez-vous que les professeurs doivent lire cette lettre le 22 octobre comme l'a demandé Nicolas Sarkozy ? Doivent-ils au contraire refuser de le faire ? Réagissez en cliquant ici.
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