Lycée Saint Nicolas à Issy les MoulineauxLundi matin. Ambiance solennelle dans l'auditorium du lycée Saint-Nicolas à Issy-les-Moulineaux. Plusieurs classes de Seconde, Première et Terminale sont réunies, en présence de trois anciens résistants, de leurs professeurs et du proviseur pour la lecture de la lettre de Guy Môquet, ainsi que l'a souhaité le président de la République.
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Pourri et attaqué par des parasites, l'arbre avait été sauvé in extremis de l'abattage en 2007 par des amateurs du Journal. Des rafales de vent ont eu raison de sa solidité lundi.
Publié le 23/08/2010
"Ma petite Maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé"... Lydia, 16 ans, élève en classe de Seconde commence la lecture. Dans la salle, pas un mot. La jeune fille égrenne les mots un à un, sans liaison, avec un style proche du slame, ce genre musical proche du rap. Gabriel, 18 ans, en classe de Terminale, poursuit en lisant les derniers mots du résistant communiste fusillé à 17 ans en 1941. "Dernières pensées : vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir". Le silence est lourd. Les applaudissements qui suivent, soutenus.
"Porteuse de courage"
Guy Ducoloné, ancien résistant et militant communiste, prend ensuite la parole. Il veut expliquer aux élèves le sens des mots de celui qui a "donné sa vie pour la France". "Ce n'est pas une lettre triste mais porteuse de courage", leur dit-il. "Elle nous montre tout le courage qu'ont eu ces hommes et ces femmes qui ont donné leur vie pour leur pays". Lorsqu'on donne la parole aux jeunes pour poser des questions, toujours ce même silence.
Une jeune fille se lèvera timidement pour demander dans quel camp Guy Ducoloné a été déporté. "Buchenwald, qui signifie bois de hêtre", leur dit-il. "Vous savez, à cette époque, il y avait une expression qui disait, vous rentrez par la porte et vous ressortez par la cheminée". Le silence est plus lourd encore. Une professeur de philosophie lève alors la main pour poser une question sur le rapport entre son engagement communiste et son engagement de résistant. "La relou", chuchotent quelques-uns... Guy Ducoloné répond mais les élèves ne semblent plus l'écouter. "Je ne pense pas que j'aurais été résistant si je n'avais pas été communiste", explique-t-il.
"Un ado qui a le même âge que nous"
Après une heure de pause déjeuner, les élèves semblent plus à même de prendre la parole. La foire aux réactions se fait en classe, avec Marion Delattre, leur professeur d'Histoire Géographie. Les doigts se lèvent tous en même temps. Fini le silence de l'auditorium. Lévy, Ronan, Ibrahim... Tous ont quelque chose à dire et leurs réactions sont très partagées.
Certains n'ont "pas trop aimé", d'autres n'ont pas compris le choix de la lettre. "Anne Frank, c'est beaucoup plus intéressant", dit l'un. "Moi je n'ai pas compris en quoi la lettre était si spéciale que ça. Enfin, au point d'en faire une journée", lance un autre. Certains ont trouvé ça "plutôt intéressant", notamment pour "avoir une certaine culture". Mais tous ont été sensibles au destin de Guy Môquet et à son âge quand il est mort. "C'est un ado qui a le même âge que nous. Ça peut faire ouvrir les yeux à certains qui se plaignent tout le temps", lance Lydia, au premier rang. Hugo, lui, regrette qu'on n'ait "pas assez parlé de la lettre". Mais à l'unanimité, ou presque, ils ont jugé les témoignages des résistants, "intéressants".
"S'ils ont réussi à faire une journée sur Guy Môquet, il faut aussi une journée Anne Frank et ceux qui ont vécu l'esclavage ou autres. Y a plein d'autres causes", lance un élève au fond de la classe. "Oui, c'est vrai, pourquoi lui ?", ajoute une jeune fille. Assise sur son bureau, le professeur d'Histoire orchestre le débat. Consciente que "lire la lettre seule n'a aucun intérêt" (lire son témoignage), cette séance fera place à un cours approfondi sur la Résistance et sur Guy Môquet. L'occasion de répondre à toutes ces questions restées pour l'heure sans réponse.
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