© AFP/S. de SAKUTIN "Le regroupement familial est un droit", "halte aux rafles et aux expulsions" ou encore "halte au fichage génétique". Tels étaient quelques-uns des slogans scandés par les manifestants réunis samedi après-midi à Paris, qui défilaient contre la loi Hortefeux sur l'immigration. Environ 3000 personnes, selon les organisateurs, 1500 selon la police, ont ainsi manifesté leur mécontentement dans le cadre de la "journée nationale de la solidarité avec les étrangers", trois jours avant l'adoption définitive du texte par le Parlement
Réuni à l'appel du collectif Unis contre une immigration jetable, le cortège est parti de Belleville, dans le 20e arrondissement, pour se diriger vers la place du Palais-Royal, dans le 2e. Les slogans et banderoles réclamaient une "régularisation de tous les sans-papiers", disaient "halte au fichage génétique", en référence à l'amendement controversé sur les tests ADN, et affirmaient que "le regroupement familial est un droit".
Un phénomène irréversible
Parmi les personnalités présentes, la porte-parole de Lutte ouvrière, Arlette Laguiller, a dénoncé "cette loi qui veut empêcher le regroupement familial". Le président de la Ligue des droits de l'Homme, Jean-Pierre Dubois, a expliqué pour sa part que "l'immigration est un phénomène irréversible qui n'a rien d'une invasion. Nous devons traiter ces travailleurs immigrés comme des êtres humains qui ne partiront pas de notre pays", a-t-il insisté. "Nous ne voulons pas d'une immigration Kleenex, trop précaire, comme cela peut se faire en Italie, nous souhaitons une régularisation dans le respect de tous, avec des contrats à durée indéterminée pour les travailleurs sans-papiers, sans qu'ils ne soient utilisés uniquement pour gonfler les caisses de retraite", a insisté quant à lui Jean-Claude Amara, porte-parole de l'association Droits devant.
Les manifestations ont également réuni un millier de personnes à Lyon, plusieurs centaines à Marseille, Toulouse, Strasbourg, Nantes, Rennes et Dijon et quelques dizaines à Lille, Nancy, Angers ou Poitiers. A Marseille, Florimond Guimard, professeur des écoles, qui comparaît lundi devant le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence pour s'être opposé en novembre 2006 à l'expulsion d'un parent d'élèves sans papiers, était présent parmi les participants. Les manifestants ont notamment demandé la fermeture des centres de rétention administrative. Dans celui du Canet, à Marseille, quatre étrangers sans-papiers ont tenté de se suicider mercredi.
(D'après agence)
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