"L'école après l'école" ne convainc pas les profs

le 08 novembre 2007 à 06h00 , mis à jour le 07 novembre 2007 à 16h22

Après la classe, les collèges des zones sensibles doivent dorénavant proposer du soutien scolaire, du sport ou des ateliers culturels aux élèves volontaires.

Image d'archives/LCIImage d'archives © TF1/LCI

A partir d'aujourd'hui, 16h, les 1119 collèges ZEP doivent proposer à leurs élèves volontaires des activités après la classe. Quatre jours par semaine, deux heures par jour, les collèges vont dorénavant organiser un soutien scolaire, de l'éducation artistique ou du sport pour "orphelins de 16h", selon l'expression de Nicolas Sarkozy. Pour mettre en place cette "école après l'école," les collèges disposent d'une part, d'une enveloppe de 140 millions d'euros d'heures supplémentaires pour les enseignants qui se proposent d'assurer l'aide aux devoirs ou le soutien scolaire, et d'autre part, des dispositifs existants en matière d'activités culturelles et sportives, à moyens inchangés.
 
L'impulsion nationale donnée par le gouvernement à des activités  préexistantes est, de l'avis général, "une bonne chose". Mais acteurs de terrain et ministère ne s'en cachent pas : dans la plupart des établissements situés en ZEP, moult expériences et dispositifs ont déjà été testés, lancés, abandonnés ou pérennisés pour s'occuper des enfants le temps que leurs parents rentrent du travail. 

Le texte "encadre ce qui existait déjà"

Pour Philippe Tournier, secrétaire général adjoint du SNPDEN-Unsa, principal syndicat des chefs d'établissement, "imposer l'école après l'école de 16h à 18h, partout, est la façon la plus stupide d'aborder la question. Ca fait longtemps qu'on sait que ce n'est pas comme ça qu'on va résoudre le problème". "Partant d'une bonne idée générale, on est très pressés de faire des annonces rapidement et on n'évalue pas les problèmes qui se posent en ricochet derrière", ajoute ce responsable, qui cite notamment le transport scolaire. La question risque en effet de se poser aux établissements situés en zone  rurale. En Seine-en-Marne, certains collèges ont déjà avancé les deux heures quotidiennes à 15h, voire même à l'heure de midi.

Les chefs d'établissements regrettent également le principe du volontariat. "Il y a un risque que beaucoup d'élèves rentrent chez eux", prédit Phillipe Tournier, soucieux qu'"on se pose la question de la part prise pour les cours, les activités de détente et le travail personnel de manière globale dans le temps scolaire", explique-t-il. "Faire en sorte que les élèves qui en ont le plus besoin y aillent est un problème récurrent et bien connu", confirme le secrétaire général adjoint de  l'Observatoire des zones prioritaires collectif d'enseignants et chefs  d'établissement exerçant dans ces zones difficiles. Et de fait, le texte "encadre, précise, réglemente ce qui existait déjà".
 
D'après agence

le 08 novembre 2007 à 06:00
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