Les étudiants de Tolbiac ont trouvé leur campus fermé jeudi, après que les étudiants ont tenté d'occuper les locaux dans la nuit. © LCI.fr/D. SOULAS![]() |
| Parmi les étudiants, les avis divergent |
Rue de Tolbiac, dans le 13e arrondissement de Paris. Cinq cars de la police nationale sont stationnés en face de l'université de Paris I. La nuit dernière, ils ont évacué quelque 75 étudiants qui tentaient d'occuper la faculté après le vote en assemblée générale du blocage du campus. Sur les murs, quelques affiches et banderoles : "maintenant, c'est la grève", "contre la loi d'autonomie". Mais jeudi matin, le calme semblait revenu. Afin d'éviter un nouveau blocage, la direction de l'université a décidé de fermer le site aux étudiants jusqu'à vendredi. Histoire que les étudiants n'escaladent pas les grilles, les forces de l'ordre sont là. Une décision qui fait débat.
"Je trouve ça inadmissible de l'administration empêche aux étudiants d'accéder à la fac", s'insurge Jessica, 21 ans, étudiante en troisième année d'AES. "Je suis pour le blocage [par les étudiants] car c'est le seul moyen qu'on a de se faire entendre, mais en fermant la fac, l'administration essaie d'empêcher que le mouvement ne prenne de l'ampleur." Nadia, 21 ans, est du même avis. "On nous empêche de nous réunir et de dialoguer", explique cette étudiante en histoire de l'art, également favorable au blocage de l'université.
"On a déjà souffert du CPE"
"On a toujours |
Un peu plus loin, Zenou discute avec les agents de sécurité pour tenter de savoir si le campus rouvrira aujourd'hui. Très remonté, cet étudiant de 25 ans explique qu'il est contre le blocage, "comme la plupart des étudiants", dit-il. "On a déjà souffert du CPE. Je suis atterré qu'on nous prenne en otage comme ça." Pour lui, la loi sur l'autonomie des universités, contre laquelle protestent les grévistes, n'est pas "une privatisation des universités". "Il s'agit de permettre aux entreprises privées d'intervenir pour qu'on ait plus de moyens", explique l'étudiant en master de droit social.
Mais pour Myrian, la loi Pécresse, ce n'est pas que cela. "La loi préconise d'augmenter les frais de scolarité. Dans ce cas, mieux vaut aller étudier aux Etats-Unis !" Pourtant, s'il n'est pas d'accord avec la loi, Myrian est contre le blocage de l'université par les étudiants. "Ce blocage m'est imposé de manière unilatérale par des syndicalistes d'extrême gauche", s'énerve-t-il. "Moi je suis pour d'autres moyens d'actions, comme des sit-in devant le ministère de la recherche ou des grèves."
"Un changement radical"
Malgré l'évacuation forcée de la nuit et la présence des forces de l'ordre, l'ambiance était encore assez détendue jeudi midi. 80 étudiants environ patientent devant la grille principale, espérant encore une ouverture dans les heures qui viennent. Certains lisent la presse, beaucoup parlent de la contestation étudiante qui gagne de plus en plus d'universités en France. "Ce qu'on espère, c'est un changement radical", assure Nadia. "Ce que je veux, c'est l'abrogation de la loi Pécresse. Et si le gouvernement ne cède pas ? La population ne cèdera pas non plus. On a toujours fait céder le gouvernement", affirme Jessica.
A Paris, le campus de Tolbiac n'est pour l'instant qu'une exception. Bien que les forces de l'ordre soient intervenues à la Sorbonne dans la nuit de mardi à mercredi, les étudiants de la célèbre faculté semblent moins enclins à prendre part au mouvement. "Ici, le corps professoral nous est hostile", assure Georges, 22 ans, partisan d'une "abrogation pure et simple de la loi". Mais surtout, beaucoup d'étudiants ne se sentent pas vraiment concernés par les revendications des syndicats. "Je n'ai pas envie de sécher les cours pour ça", explique Sania, étudiante en troisième année d'anglais. Quant à un éventuel blocage, "si c'est juste pour quelques jours, ça arrange tout le monde puisque ça reporte les exposés", s'amuse-t-elle, sous le regard approbateur de ses copines. A chacun ses raisons de soutenir ou pas le mouvement.
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