Un étudiant pro-blocage en novembre 2007 © TF1/LCILes étudiants qui bloquaient depuis lundi l'université de Rennes 2, une des facs à la pointe de la contestation contre la loi Pécresse, ont été évacués par la police dans la nuit de mercredi à jeudi, à la demande du président de l'université. "Une cinquantaine d'étudiants ont été délogés par les CRS qui les ont laissé partir après avoir vérifié toutes les identités", a raconté un des étudiants bloqueurs, qui a décrit une ambiance "tendue", tout en précisant qu'il n'y avait pas eu d'arrestation.
"La police a évacué le hall B où s'étaient réfugiés le comité de grève et les squatteurs qui avaient profité du mouvement", a déclaré le président de l'université. Les locaux ont été nettoyé et la fac a pu rouvrir jeudi matin. Lundi, lors d'un vote à bulletins secrets, près de 62% des 3.290 étudiants votants s'étaient prononcés contre le blocage à Rennes 2 qui compte près de 18.000 étudiants. Ce vote, décidé en assemblée générale la semaine précédente, a été reconnu par le syndicat étudiant Unef.
Le personnel de Rennes veut rouvrir la fac
Mais une autre assemblée générale, qui a rassemblé le même jour un millier d'étudiants selon la présidence de Rennes 2, plus de 2000 selon les syndicats étudiants, a voté "le blocage de l'université jusqu'au retrait de la loi Pécresse". Ce vote est le seul reconnu comme légitime par Sud-Etudiants. "Le comité de grève n'accorde aucune espèce de légitimité au vote à bulletin secret. Nous considérons ce vote comme une tentative déguisée de briser le mouvement sous couvert de 'démocratie'", a estimé mardi le syndicat.
Dans toute la France, 36 universités sur 85 sont toujours perturbées par des blocages, alors que Valérie Pécresse recevra jeudi les syndicats étudiants, pour "faire le point sur la situation dans les universités", a affirmé le ministère. Le président de l'Unef, Bruno Julliard, qui appelle à amplifier le mouvement mais sans demander l'abrogation de la loi votée cet été, a salué "la prise en compte" par le gouvernement d'une contestation devenue selon lui le fait d'une "majorité d'étudiants inquiets".
Appel sénatorial aux étudiants à "se méfier de la désinformation" |
Le sénateur UDF Jean-Léonce Dupont, rapporteur de la loi sur l'autonomie des universités, a engagé mercredi les étudiants à "se méfier de la forte désinformation qui circule à propos de ce texte". Il se déclare "choqué par les propos tenus à la tribune d'amphis universitaires par certains étudiants, ou non étudiants d'ailleurs". "Non, cette loi n'instaure pas la sélection: chaque étudiant reste libre de s'inscrire dans l'établissement universitaire et dans la formation de son choix", souligne le sénateur. "Non, cette réforme ne prévoit pas d'augmentation des frais d'inscription", ajoute-t-il, estimant que "cette question, taboue en France, devra cependant être débattue sereinement, comme dans les autres pays". "Non, la loi ne prévoit pas la suppression des filières qui n'intéressent pas le patronat", insiste encore le sénateur du Calvados. |
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