Lazare Ponticelli, un poilu au destin romanesque

le 11 novembre 2007 à 08h39 , mis à jour le 11 novembre 2007 à 15h01

A bientôt 110 ans, il l'un des deux derniers "poilus" survivants de la Grande Guerre. Ce dimanche, il portera le souvenir" de ses camarades morts au front.

Lazare Ponticelli lors d'une cérémonie du 11 novembreLazare Ponticelli lors d'une cérémonie du 11 novembre © TF1/LCI

Le portrait de Lazare Ponticelli
 

Sa vie s'apparente à un roman. A bientôt 110 ans, Lazare Ponticelli, un des deux derniers "poilus" survivants, devait participer ce dimanche à la célébration de l'Armistice dans sa commune du Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne, pour "porter le souvenir" de ses camarades morts au front. Ce Franco-Italien, à toujours tenu à participer à cette commémoration, qu'il considère comme un devoir : "Pendant la guerre, un camarade m'a dit 'Si je meurs, vous penserez à moi', et je n'ai jamais oublié".
 
Soucieux de témoigner, ce qu'il a fait en racontant la guerre de 1914-1918 dans les écoles, Lazare Ponticelli est fier de raconter son parcours. Celui d'un petit Italien parti tout seul de son village natal, près de Bettola (nord de l'Italie), à 9 ans et demi, pour fuir la misère et gagner le "paradis", la France. Il vit à avec sa mère et ses frères à Nogent-sur-Marne, où réside à l'époque une importante communauté italienne.
 
Chasseur alpin
 
Lazare Ponticelli n'a pas 17 ans quand il s'engage en 1914 dans les rangs du 1er Régiment de marche de Sidi-Bel-Abbès (Légion étrangère). Un mois de classes et le voilà au front, "à Soissons, en deuxième ligne", puis en Argonne. "A la première attaque, sur la cote 707/708, on a été décimé immédiatement car on n'avait pas de tranchées", se souvient-il. "Les Allemands en avaient, pas nous". C'est lui qui "fait le premier pansement" à son frère Céleste, blessé. Ceux qui n'étaient pas tombés ont été "ramassés et on nous a expédiés à Verdun".
 
C'est là, au fond des tranchées, au milieu "des rats qui se baladaient", qu'il sera rattrapé par l'Italie en 1915. "On me demandait au poste de commandement". Il y apprend que, comme tous les Italiens engagés dans l'armée française, il doit partir combattre sous le drapeau transalpin après l'entrée en guerre de l'Italie au côté de la France. C'est donc comme chasseur alpin, de l'autre côté de la frontière, qu'il poursuivra la guerre, se battant contre les Autrichiens.
 
"C'est complètement idiot la guerre"
 
De ce long conflit, dont il sort indemne excepté une blessure à la joue, il a retenu une chose: "Vous tirez sur des pères de famille, c'est complètement idiot la guerre". Démobilisé en 1916, il rentre en France en 1921 et lance avec deux de ses frères une entreprise de montage et d'entretien de cheminées d'usine, dont les activités vont s'étendre au montage-levage, particulièrement dans le secteur du raffinage du pétrole. La société Ponticelli Frères existe toujours et compte 2 000 salariés.
  
Ce dernier légionnaire de la Guerre 14-18, naturalisé en 1939, évoque avec fierté ses médailles, conservées dans une boîte à chaussures. Mais tout comme Louis de Cazenave, le second poilu encore vivant, il a refusé les funérailles nationales promises en 2005 par Jacques Chirac pour le dernier des 8,5 millions de poilus. "Si c'est moi le dernier, je dis non. Ce serait un affront pour les gens qui sont morts sans considération". Pour lui, le travail de mémoire s'est mis en place trop tardivement. "Ils auraient dû faire ça avant que les gens ne soient morts et ne puissent plus parler", regrette-t-il.

(D'après agence)

le 11 novembre 2007 à 08:39
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12 Commentaires

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  • Michel, le 11/11/2007 à 15h26

    Cet homme, est l'un des deux , en France, dont on honore la mémoire, il y a bien longtemps que nos "aieux" auraient du être honorés, LUI, Italien,de surcroît, et toute notre "chair" à canon, zouaves, tirailleurs etc etc, que nous retrouverons, sans plus de reconnaissance en 1939 et a suivre, MERCI, MONSIEUR,si votre vie pouvait servir d'exemple.... le monde changerait, mais c'est un rêve.....

  • Alain, le 11/11/2007 à 15h17

    Un immigré italien, comme tant d'autres, un soldat français, espérons que notre pays va se reprendre sur l'idée que l'on doit se faire aujourd'hui, en 2007, de nos compatriotes d'origine étrangère et du respect qu'ils sont en droit d'attendre, eux, et leurs enfants.

  • TABONE Mirella, le 11/11/2007 à 15h05

    BRAVO, c tout à son honneur, voilà un homme qui connait les valeurs humaines, grazie e buona salute

  • Laurence, le 11/11/2007 à 14h18

    Merci Monsieur Ponticelli !

  • LEROY, le 11/11/2007 à 12h05

    Messieurs De CAZENAVE et PONTICELLI, ainsi qu'à TOUS vos copains, MERCI!

  • Gripon, le 11/11/2007 à 11h30

    J'ai eu l'occasion, il y a 2 ans de rencontrer un des derniers poilus, mort depuis. Il m'a dit que l'état ne s'était occupé d'eux que très tardivement et il en était amer. Il était comme tous les autres plein d'humilité. Pour lui la guerre était une connerie. Il était déçu par la société actuelle qu'il trouvait très individualiste. Mes deux grand pères ont participé à cette guerre. L'un des deux a assisté à l'exècution de certains de ses camarades qui"avaient failli" Il a dit que si on l'avait de nouveau obligé à assister à cette horreur, il aurait prèferer mourir à leur place. J'ai une carte de mon grand père paternel adressée du front de la Somme à sa femme. Pas de date mais ceci Guerre 1914-1915-1916 Ma chère Angèle, Depuis plusieurs jours, nous sommes dans la Somme; Quel massacre, c'est encore pire qu'à Verdun; quelle guerre et quelle sauvagerie! En 1935, mon grand père maternel gravement blessé pendant cette guerre a vu sa ferme vendue par les huissiers. Il n'a pas été aidé par l'état. Il en est mort de chagrin. Tel a été le destin d'un poilu qui s'est battu pendant 4 ans dans les tranchées. Monique

  • REVENAZ Bernard, le 11/11/2007 à 11h28

    Arrivé comme émigré Italien puis combattre comme légionnaire lors de la grande guerre et ensuite participer à la création de 2000 emplois. Cela inspire respect et admiration. Merci Monieur ponticelli et continuer à bien vous porter.

  • Michel, le 11/11/2007 à 10h57

    Un grand merci a ce poilu et a ses camarades qui ont tant souffert et tant donne pour leur FRANCE,les genrations qui suivent sont elles capables d'en faire autant?

  • Bellucci, le 11/11/2007 à 10h48

    Magnifique si dovrebbe nascere a 101 anni Je Vous aime Sig.PONTICELLI

  • Roger camerin, le 11/11/2007 à 10h16

    Bonjour, beaucoup de sagesse chez ce MONSIEUR, bien plus que chez nos élus pour qui ce ne sera qu' une communication politique de plus! 110 ans!! quel bel âge pour être reconnu! Il est vrai que si l' on mettait la retraite à cet âge; les caisses se rempliraient rapidement! 2000 salariés ça au moins c' est du travail! partir d' un fond de tranchée et créer une telle entreprise! mais aujourd' hui il faudrait au moins bac + 15 pou le faire. respect MONSIEUR; et longue vie!

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