A gauche, des familles de mal-logés lors de l'occupation de la rue de la Banque, à Paris © TF1![]() |
| Le coup de gueule de Balasko |
Près de 4 millions de mal logés en France
La Fondation Abbé Pierre estime dans son rapport annuel que 8 millions de personnes sont concernées par la crise du logement en France.
Publié le 01/02/2012
Des mal-logés qui occupaient la rue de la Banque avant d'être évacués, d'autres qui viennent de s'installer place Stalingrad... Alors que la trêve hivernale des expulsions est entrée en vigueur jeudi, Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville, s'est dite jeudi "déterminée à ne pas tolérer que des campements s'installent dans Paris". Le ton est ferme. Une avancée toutefois : le ministère recevra l'association Droit au Logement (Dal) vendredi "afin que (son porte-parole) lui remette la liste des personnes prioritaires à l'accès au logement selon les critères de la loi Dalo et d'anticiper ainsi l'effectivité de la loi au 1er janvier 2008".
Le Dal affirme de son côté qu'il ne présentera cette liste des quelque 320 familles africaines ayant participé au mouvement rue de la Banque depuis un mois que "si on a des assurances de relogement" pour l'ensemble de ces familles, la poursuite du mouvement dépendant de l'issue de la réunion de vendredi.
Christine Boutin a par ailleurs assuré qu'elle "ne se laissera (...) influencer par aucune gesticulation médiatique, surtout lorsqu'elles émanent de personnalités très estimables dans leur métier mais totalement incompétentes sur les questions du logement". Références faite aux acteurs Gérard Depardieu, Guy Bedos, Richard Bohringer, Josiane Balasko et Emmanuelle Béart, qui ont rendu visite à la cinquantaine de femmes africaines mal logées qui s'étaient installées sur un trottoir de la rue de la Banque, à Paris (IIe). (Voir la vidéo) Jeudi soir, plusieurs dizaines d'entre elles, à nouveau évacuées par la police jeudi matin, continuaient à manifester rue de la Banque, accompagnées de personnalités.
"Reloger tous les mal-logés"
Le décret d'application de la loi Dalo, votée en mars 2006, est actuellement étudié par le Conseil d'Etat mais Chistine Boutin compte mettre en place d'ici à la fin de l'année pour Paris, où la situation du logement est la plus critique, la commission de médiation instaurée par cette loi. Trois femmes ont été légèrement blessées jeudi matin lors de l'évacuation de ces mères africaines mal logées, hébergées dans d'onéreux hôtels, qui occupaient un coin de trottoir de la rue de la Banque depuis mercredi, quand la police avait évacué leur campement de tentes installées depuis un mois.
Place Stalingrad, c'est une centaine de mal-logés qui campaient afin d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur leurs conditions. Sous une banderole appelant à "reloger tous les mal-logés", le Comité Actions Logement (Cal), organisateur de la manifestation sur cette place du XIXe arrondissement, demande au gouvernement "d'appliquer la loi de réquisition". Selon l'un de ses membres, 200 à 300 personnes étaient jeudi soir assises sur des bâches, entourées par un cordon de CRS.
Dans un communiqué, le CAL rappelle que le 11 octobre, il avait déposé une centaine de "demandes d'attribution d'office", formulaires officiels de demandes de réquisition de logements vacants, au cabinet de la ministre du Logement Christine Boutin. Mais aucune suite n'a été donnée à ces demandes. "Reste donc aux familles à retourner dans leurs hôtels miteux ou à s'entasser dans des logements surpeuplés en se réjouissant de ne pas être à la rue! Est-ce à dire que le droit au logement opposable n'est qu'un miroir aux alouettes?", s'indigne le CAL.
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