Des policiers © TF1/LCI| Policiers : les raisons de la colère |
La grogne monte dans les rangs des 12 000 officiers de la police nationale. Ce matin, à l'appel des syndicats Synergie Officiers et Snop, qui représentent 98% des effectifs, ils vont déposer symboliquement leur téléphone portable et leur arme sur le bureau de leur chef de service. A l'origine de la grogne : les propositions du ministère de l'Intérieur concernant leur passage au statut de cadre au 1er janvier 2008. Une nouvelle réunion de négociation est prévue aujourd'hui à 15 heures. Une réunion "de la dernière chance" selon les dires des deux syndicats.
Pour Patrice Ribeiro de Synergie Officiers, "le ministère actuel transgresse le protocole d'accord signé en 2004 avec Nicolas Sarkozy" alors ministre de l'Intérieur. Ce protocole, prévoyant le passage des 12.000 officiers de police au statut de cadre au 1er janvier 2008, impliquait de nouvelles conditions de travail et un autre régime indemnitaire. "L'administration nous propose un système où il n'y aura plus de limite du temps de travail, pour seulement 15 euros de plus par mois, s'indigne Patrice Ribeiro sur LCI.fr. Et nos hommes pourront être appelés jour et nuit, sans pouvoir récupérer les week-ends de travail. Nous demandons à ce que soit trouvé un équilibre entre la demande de disponibilité accrue et les compensations indemnitaires".
Travailler plus pour gagner plus ?
"Le 'travailler plus pour gagner plus' de Nicolas Sarkozy, c'est faux", poursuit David Barbas, du Snop. "Le 30 janvier dernier, lors des vœux, le président a dit : 'là où je serai je ne vous oublierai pas'. Aujourd'hui on a pourtant l'impression qu'il est très loin de nous et ses ministres font n'importe quoi". Les syndicats demandent notamment à ce que leur prime de commandement soit alignée sur le système des commissaires. "Ces derniers touchent une prime mensuelle qui représente 30% de leur salaire brut. Nous appartenons nous aussi à la catégorie A et nous demandons donc la même chose", précise David Barbas. Pour l'heure l'administration leur propose une augmentation de 30% sur la base du montant de la prime (environ 300 euros) et non du salaire brut (environ 2000 euros).
Les deux syndicats ont déjà arrêté le principe d'une manifestation nationale unitaire dans la foulée de cette journée de grogne. Ils en discuteront dès ce soir, à l'issue de leur rencontre avec l'administration.
La grogne se généralise à l'ensemble des forces de l'ordre |
La semaine dernière, nous avions déjà évoqué le cas des gendarmes dont le moral est en chute libre (voir article lié). Mercredi, le syndicat national des policiers municipaux CFTC (SNPM-CFTC) a exigé l'ouverture de négociations ne voulant "plus être une police au rabais", réagissant aux déclarations du ministre de la Défense mardi sur le rattrapage de salaire entre gendarmes et policiers. Dans un communiqué, ce syndicat assure que le ministre de la Défense "ne devait faire allusion qu'aux salaires des policiers nationaux, car pour mettre les salaires des gendarmes en rapport avec ceux des policiers municipaux, c'est d'une importante diminution dont il aurait du parler". Les policiers municipaux ne veulent "plus être une police au rabais. Toujours plus de compétences, toujours plus de travail, toujours plus de risques. Des agressions en service de plus en plus violentes. Tout ceci pour un salaire bien inférieur à nos homologues d'Etat pour des missions sensiblement identiques", affirme leur syndicat. |
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