Xavier Bertrand © LCILa "seule logique qui compte" pour adopter un enfant à l'étranger doit être "le respect des règles internationales", a souligné mercredi Xavier Bertrand, interrogé lors d'un colloque consacré à l'adoption, sur l'affaire de l'Arche de Zoë. Sans citer le nom de l'association accusée d'avoir voulu faire sortir du Tchad 103 enfants pour les confier à des familles françaises, mais évoquant "l'actualité", le ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité a martelé qu'en France "on n'a jamais fait n'importe quoi, n'importe comment".
"IL faut le courage de dire la vérité"
"En matière d'adoption internationale, on doit parler des droits de l'enfant et pas des droits à l'enfant", a-t-il rappelé. "Ce n'est pas parce qu'un enfant semble abandonné dans les rues de tel ou tel quartier déshérité que l'on peut pour autant l'adopter", a-t-il dit, "il faut d'abord qu'ait été reconnu l'abandon, ce qui constitue une procédure particulière". "Il faut le courage de dire la vérité", a ajouté le ministre, "il n'y a pas de recette miracle pour adopter".
Alors que le nombre d'adoptions d'enfants étrangers a diminué en France, et que le nombre de parents désireux d'adopter augmente, le ministre a voulu aussi rassurer en soulignant qu'il "fallait explorer tous les leviers" possibles, mais "sans faire naître de faux espoirs". Il a évoqué une "meilleure coopération" avec les pays d'origine, et s'est interrogé notamment sur les possibilités de mieux utiliser le processus d'adoption simple, à côté de l'adoption plénière. "L'adoption est un processus global qui s'inscrit dans la durée, une adoption réussie, c'est aussi et surtout un travail de suivi et d'accompagnement", a-t-il dit.
4000 adoptions par an
On compte environ 4 000 adoptions à l'étranger par an (3997 en 2006 contre 4136 en 2005), pour environ un millier en France, mais le nombre de nouveaux agréments accordés chaque année atteint 8000 et 30000 personnes sont en attente d'un enfant actuellement. Plusieurs facteurs ont contribué à rendre l'adoption internationale plus difficile, depuis le début des années 2000 : règles internationales plus strictes, méfiance des pays d'origine qui durcissent leurs conditions, "concurrence" entre pays adoptants, notamment. Un colloque sur l'adoption internationale se tient mercredi et jeudi au ministère de la Santé à l'initiative de l'Agence française de l'adoption (AFA).
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