Tentes installées par les Enfants de Don Quichotte dans la cathédrale de Strasbourg (22 décembre 2007) © TF1/LCIOn connaît les frères Legrand et notamment Augustin, porte-parole des Enfants de Don Quichotte et instigateur du campement du canal Saint-Martin, à Paris - qui a récemment récidivé en tentant d'investir les berges de la Seine. Autre figure du collectif, un peu moins connue mais elle aussi charismatique, Alexandre Glardon avait pris l'hiver dernier la tête du campement des Don Quichotte à Strasbourg, implanté pendant trois mois sur un quai. Au plus fort du mouvement, le campement avait réuni 70 tentes et plus de 100 personnes. Et tout comme Augustin Legrand, dont l'initiative il y a quelques jours lui a permis de porter une nouvelle fois la parole des sans-abri à Matignon, Alexandre Glardon a repris du service. L'opération a eu lieu samedi à Strasbourg et a débouché notamment sur une promesse de rendez-vous à Matignon.
Parce qu'ils en avaient assez d'appeler le 115 en vain, les Enfants de Don Quichotte ont fait une brève mais spectaculaire incursion dans la cathédrale de Strasbourg, en y installant leurs tentes et leurs chiens. Les 15 membres du collectif, emmenés par Alexandre Glardon, ont quitté l'édifice dans le calme, en début d'après-midi, après avoir obtenu, outre d'aller à Matignon, 30 places d'hébergement en foyer dans les deux jours, à l'issue de négociations avec la préfecture, le cabinet du Premier ministre et les autorités ecclésiastiques.
"L'accord conclu il y a un an n'a pas été respecté"
Mais pourquoi cette nouvelle action à Strasbourg, alors même que Les Enfants de Don Quichotte avaient si récemment fait parler d'eux à Paris ? L'explication réside dans le fait que les revendications sont locales - et la dernière action parisienne n'a en rien débloqué le dossier de Strasbourg. "L'accord conclu il y a un an n'a pas été respecté, on a donc décidé de rester sous la protection de l'Eglise pour fêter Noël en famille", avait ainsi justifié samedi Alexandre Glardon devant les journalistes. Cet accord, conclu après plusieurs mois de campement sous des tentes sur le quai Sturm à Strasbourg, prévoyait notamment la mise à disposition d'une cellule d'accueil en dur et de 25 studios permettant un hébergement temporaire des SDF, avant de les diriger vers des structures adaptées à leur situation. Un autre volet de l'accord avait permis d'instituer depuis le 15 novembre une "maraude" constituée de deux membres du collectif salariés par la DDASS dont la mission est de repérer les besoins des sans-abri dans les rues de Strasbourg, spécialement la nuit.
Désormais, estime Alexandre Glardon après les négociations et l'annonce du rendez-vous à Matignon, "c'est une opération réussie, nous sommes satisfaits du résultat, le travail va pouvoir reprendre". Ce rendez-vous au cabinet de François Fillon a été fixé au 28 décembre et permettra au collectif de négocier deux projets qui tiennent particulièrement à coeur à ses membres. Les discussions porteront sur la mise à disposition de logements sociaux permanents adaptés au profil des intéressés (et non plus des logement d'urgence) et de villages de chalets pour les sans-abri.
D'après agence
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