Etudiante propose compagnie pour soirée coquine

Par Delphine SOULAS, le 19 décembre 2007 à 06h50 , mis à jour le 18 décembre 2007 à 16h55

Plusieurs milliers d'étudiantes auraient recours à la prostitution pour financer leurs études. Souvent escort girls, elles gagnent autour de 200 euros de l'heure.

[Expiré] femme dos soutien gorge © sxc.hu

Etudiantes le jour, "courtisanes" la nuit. Un mythe dites-vous ? Sacha Love (1) a 33 ans. Elle est étudiante en licence de droit à Montpellier et rêve de devenir avocate. Ces études tardives sont pour elle une revanche sur la vie. Sortie du système scolaire sans le bac, elle se dirige alors vers l'hôtellerie. Mais rapidement, un gros besoin d'argent la pousse à accompagner des hommes dans des soirées moyennant finances. "Dîners d'affaires, tête à tête au restaurant, évènements culturels, rendez-vous complices et inavouables... Je serai votre compagne idéale", vante la jeune femme sur son site Internet. Sacha Love devient ce qu'on appelle une escort girl. Quelques années plus tard, grâce à l'argent mis de côté, et parce qu'elle voulait reprendre son avenir en main, elle décide de s'inscrire à l'université. "S'il n'y avait pas l'escort, je ne pourrais pas faire d'études", assure la jeune femme. "Avec un boulot payé au Smic, ça ne suffirait pas."

Si Sacha Love n'est pas une exception sur les bancs des facs, difficile toutefois de savoir combien sont ces étudiants qui vendent leurs charmes, que ce soit par manque d'argent, par fantasme, ou par goût du luxe. "Entre un pour cent et un pour mille", assure Jean-Sébastien Mallet, délégué général de la fondation Scelles (2). Entre 2000 et 20.000 étudiants pourraient donc être concernés, principalement des femmes. "Mais ce n'est pas nouveau", explique Anne-Marie Ledebt, responsable en Loire-Atlantique du Mouvement du Nid, une association qui milite pour une société sans prostitution. La cause de ce basculement ? "Un problème d'argent précis ou bien une opposition profonde à sa famille", ajoute Monique Chon, psychothérapeute auprès de l'association D'une rive à l'autre. "Mais si toutes disent qu'elles le vivent bien, elles ont peur d'être violentées ou de tomber sur une personne malade."

"Pas sur le trottoir"

La nouveauté, c'est Internet. Eva Clouet, étudiante en sociologie à Nantes, l'a mis en lumière  dans son mémoire de master consacré à la prostitution étudiante (3). Elle y montre que plus que des prostituées, les étudiantes qui vendent leurs charmes sont des escort girls, de jolies filles, qui accompagnent des hommes à des dîners, dans des soirées, et qui souvent les aident ensuite à s'endormir... "Les étudiantes ne se prostituent pas sur le trottoir", assure Anne-Marie Ledebt. Forums de discussion, sites d'annonces, pages personnelles. Les moyens sont nombreux sur le net pour qui veut monnayer sa compagnie. "Je consultais les petites annonces pour tout autre chose, puis la catégorie adulte m'a intriguée et j'ai lu les annonces de mecs cherchant une escorte", raconte Franchisedirecte sur un de ces forums de discussion. "J'avais besoin de sous pour mes cours, donc j'ai fini par poster mon annonce, et voilà."

"Je refuse des soirées lorsque je n'ai pas fini de réviser"

 
Sur leurs annonces, beaucoup n'hésitent pas à signaler qu'elles sont étudiantes. "C'est vendeur", assure Monique Chon, qui ajoute que les clients, "des hommes qui ont de l'argent", espèrent ainsi passer la soirée en compagnie d'une jeune femme qui a de la conversation, de la culture. L'argument séduit à tel point qu'il est même souvent utilisé par des jeunes femmes, qui n'ont en fait rien d'étudiantes.

"L'avantage d'Internet, c'est que c'est anonyme", précise Sacha Love. Selon Monique Chon, les jeunes femmes prennent en effet beaucoup plus de précautions que ne le font les prostituées "des rues". Entretiens téléphoniques avec les clients avant la rencontre, fidélisation des clients... "Ces jeunes femmes sont apparemment toutes seules", et non sous l'emprise de proxénètes, ajoute Monique Chon. Un argument qui laisse toutefois sceptique Anne-Marie Ledebt. "Ce serait étonnant que les proxénètes ne viennent pas sur un marché aussi juteux qu'est Internet", précise-t-elle.

1500 euros la nuit

Avec Internet, la prostitution étudiante est en tout cas beaucoup plus occasionnelle. Car on est loin des tarifs qui se pratiquent sur les trottoirs des grandes villes. Les escort girls demandent en effet autour de 200 euros de l'heure, 1500 euros la nuit. "Avec le web, on trouve beaucoup de prostituées qui ont deux ou trois clients par semaine, avec des prix très élevés, et qui donc ne rentrent pas complètement dans la prostitution", souligne François Rigal, porte-parole de l'Institut national de la prostitution, qui n'estime pas pour sa part que la prostitution étudiante est plus importante qu'ailleurs.

Quoi qu'il en soit, ces escort girls se définissent avant tout comme étudiantes. "Il m'arrive de refuser des soirées lorsque je n'ai pas fini de réviser", explique par exemple Sacha Love, qui assure couper son téléphone portable dédié à l'escorting lorsqu'elle franchit la porte de l'université. Et toutes, ajoute Monique Chon, disent qu'elles arrêteront un jour. Pour Sacha Love, ce jour sera celui où elle intègrera l'école d'avocat. Une page se tournera alors. La jeune femme pourra désormais se tourner vers l'avenir, retrouver une vie privée, et surtout se battre "pour que des enfants victimes d'abus sexuels ou de violences ne se retrouvent pas sur le web ou à passer une petite annonce dans la presse pour vendre leurs charmes, par oubli du respect de leur corps".

1. Pseudonyme que la jeune femme se donne pour parler de son activité d'escort girl. Elle raconte son histoire dans un livre intitulé Une courtisane à la fac, éditions Alban, octobre 2007.

2. La fondation Scelles a créé avec le ministère de la jeunesse et des sports un site Internet visant à sensibiliser les jeunes aux risques de prostitution, http://www.passe-passe.org/.

3. Son étude sera publiée en janvier sous le titre La prostitution étudiante à l'heure des technologies de l'information, éditions Max Milo.

Par Delphine SOULAS le 19 décembre 2007 à 06:50
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22 Commentaires

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  • franckk56, le 04/11/2009 à 17h58

    Va t'acheter un code !!! la prostitution n'est pas illégal et heureusement , c'est le racolage et proxénètisme.

  • franckk56, le 04/11/2009 à 17h53

    Quel rapport, t es pas la seule... moi j suis un homme et je n'ai pas eu non plus de bourse ni d aide de mes parents , j ai TRAVAILLE pour faire mes études. c'est donc possible de ne pas se prostituer pour faire ses études!!! certe c'est plus dur et les sorties sont moins fréquentes!

  • franckk56, le 04/11/2009 à 17h49

    Certe elle ne le font pas pour le plaisir, mais quand tu écoute le reportage, la jeune étudiante en médicine dit bien qu'elle pourrait faire autre chose et qu elle fait ç parce que ça rapport bcp d'argent rapidement... je suis un hommet et moi aussi j ai galéré pour mes études et moi aussi j'ai eu des mois ou je ne mangé quasiment pas , mais jamais une tel offre ne s'est présenté ... j'ai du coups travaillé normalement...

  • Lise beth, le 18/10/2009 à 22h38

    Ca me choque quand j'en lis certains qui pensent que les étudiantes se prostituent pour le plaisir ou pour s'acheter des vêtements de marque... Franchement vous penser quoi? s'est sûre que quand on ne vit pas la situation et qu'on peut manger tout les jours s'est plus facile de s'imaginer qu'elles font ça parce qu'elles aiment le sex.

  • Leseducteur, le 18/10/2009 à 03h00

    Bonsoir moi je suis pour quel le fasse d un cote c est leur fanstasme ;etquand elle voiyent toute cet argent gagne et en plus du plaisir certain client son riche donc elle vont dans des hotel de luxe elle boivent mange se qu elle pourront jamais manger avec leur moyen financier ;les haille ect ect ;donc elle le vlent bien voilaeu

  • Eric, le 28/09/2009 à 01h40

    Je suis programmeur web et webmaster d'un site d'escort girl et je peux vous assurer que le soit disant : "je fais ca car j'ai pas le choix et j'en souffre" c'est surtout histoire de se trouver une excuse. J'ai trimé personnellement pour arriver ou j'en suis et j'ai jamais eu recourt à quoi que ce soit de illégale, ni me prostituer etc... (soit je suis un homme mais y a de la demande chez les mecs aussi et bien plus qu'on ne le croit), et quand on veut on peut vraiment trouver d'autres moyens. Il n'y a qu'une infime très infime minorité qui sont tombé dedans par inadvertance, en ce qui concerne les autres escort girl (étudiantes) ne vous en faite pas que ca les arranges énormément leur situation. qui ne voudrait pas se faire 5000 ? par mois ? si on 'aime le sex en plus. Donc les lamentations très peu pour moi, comme cela a été dit plus haut il y a bien mensonge et je ne les plains pas loin de là.

  • CEDRIC, le 01/07/2009 à 18h52

    Je comprend que lorsqu'un homme ou une femme est dans le besoin, il s'avère prêt a tout compromis. La lutte pour la survie et le maintien d'un certain bien être sociale, dispensé de toutes fantaisies, peut être a la base d'un rabaissement et d'une remise en question de ses valeurs fondamentales. Mais, que dire de cette prostitution estudiantine? peut-on être heureux dans une pratique qui vous fait réellement souffrir. N'y a t-il une autre piste de solution pour sortir de notre impasse actuelle. Sur quoi repose notre espérance de vie? Pour ne pas être ou paraitre jugeote, je convie les étudiantes prostituées qui en souffre, de puiser dans leur potentiel des solutions plus éblouissantes en faisant preuve d'imagination. Je suis sensible a votre souffrance.

  • Marine, le 26/05/2009 à 16h21

    Chacun con choix.la vie n'ai pas facile pour tout le monde!

  • Ana, le 19/05/2009 à 00h11

    Et bien moi je suis étudiante non boursière et mes parents ne me donne pas d'argent alors allez vous faire voir !!!

  • Lo, le 17/05/2009 à 18h15

    Je n'approuve en rien ce que font ces étudiantes pour vivire, cependant aller jusqu'à dire qu'elles ont la belle vie et qu'elle ne désire pas faire d'études je trouve ça vraimen mesquin. Je pense qu'il ne faut pas mettre tout le monde dans le meme sac !!! certain personne dans un moment de désespoir total peuvent commettre des actes qui ls font tomber dans un engrnage par la suite, mais cela ne eut pas dire qu'elle aiment ce qu'elles font, qu'elle vivent bien . Plus de réflexion de la part de certaines personne ne serait pas de trop !!!

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