La France pointée du doigt pour ses prisons

le 10 décembre 2007 à 23h45 , mis à jour le 10 décembre 2007 à 23h58

Un rapport d'un organisme européen, le Comité pour la prévention de la torture, dénonce les conditions de vie indignes de nombreux détenus.

Image d'archives/TF1Image d'archives © TF1

Le Comité pour la prévention de la torture, une agence du Conseil de l'Europe, critique la surpopulation carcérale en France et le sort de certains détenus "qui s'apparente à un traitement inhumain et dégradant", dans un rapport publié lundi à Strasbourg. Le document constate un fort taux de surpeuplement carcéral dans les maisons d'arrêt, visitées en octobre 2006. "Les maisons d'arrêts hébergent à long, voire à très long terme, un taux élevé de détenus condamnés qui ne sont pas toujours séparés des prévenus, contrairement aux règles pénitentiaires européennes", ont relevé les experts du CPT.

Ils ont attribué à "l'allongement continu des peines et (au) rallongement de la durée effective des peines à perpétuité" une gestion "toujours plus problématique" de la population pénitentiaire. Le CPT s'est alarmé notamment du sort des "détenus particulièrement surveillés" (DPS) en demande de soins. A la maison d'arrêt de Fresnes, les demandes d'hospitalisation étaient, lors de la visite, sujettes à un délai de deux à sept jours. "En attendant, a affirmé le CPT, certains détenus présentant des états de souffrance aiguë étaient placés en cellule d'isolement, traités sous contrainte si nécessaire, et obligés de rester nus en cellule, soumis à un contrôle visuel régulier du personnel pénitentiaire".

Des menottes jusque sous la douche

A l'unité d'hospitalisation sécurisée du Centre Hospitalier de Moulins-Yzeure (Allier), les détenus DPS "étaient systématiquement fixés à leur lit, sans interruption, le plus souvent avec des entraves aux chevilles et avec une main menottée au cadre du lit", selon le rapport. "Ces entraves et ces menottes étaient également portées aux toilettes et à la douche" et "des fonctionnaires de police étaient présents aux côtés du patient pendant tout acte médical, même le plus intime", révèle le document. Les demandes formulées par le personnel médical d'enlever les menottes lors des soins étaient systématiquement refusées par les surveillants et les policiers accompagnants, selon le CPT qui a souhaité que soient revus les critères de classement en DPS.

Dans leur réponse jointe au rapport, les autorités françaises ont rappelé le lancement en 2002 d'un programme de construction d'unités d'hospitalisation spécialement aménagées pour recevoir les détenus souffrant de troubles psychiatriques. La première tranche comportera 9 unités pour une capacité totale de 440 lits. La première UHSA sera inaugurée courant 2009 pour les patients détenus des directions régionales pénitentiaires de Lyon et Dijon.

D'après agence

le 10 décembre 2007 à 23:45
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7 Commentaires

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  • Pascal, le 11/12/2007 à 11h51

    Ce qui est étrange, c'est que beaucoup d'internautes de LCI considère la prison comme lieu de luxe, où les malins vont se mettre bien au chaud, avec télé à volonté. Si c'est leur définition du bonheur, qu'ils y aillent, on les empêche pas. Rappelons que la moitié des détenus sont en maison d'arrêt, donc en attente de procès.

  • Aurélien, le 11/12/2007 à 11h23

    C'est pas normal de les traiter comme ça... des violeurs devraient avoir droit à des lits confortables, la télé par satellite, des masseuses etc... c'est vrai, quoi! ils ont gaché des vies, mutilé, tué et on les traite comme des animaux en les forçant à vivre pendant quelques mois dans un endroit affreux. les pauvres... ont-ils mérité ça?

  • Bapt, le 11/12/2007 à 10h44

    Rien d'étonnant, quand la gauche était au pouvoir (15 ans entre 1981 et 2002), jamais un seul programme de construction de nouvelles prisons n'a été lancé, donc il ne faut pas s'étonner du manque de place et de la vétusté de nos prisons !!

  • Delphine, le 11/12/2007 à 10h39

    Soit on rétablit la peine de mort et ça fait moins de monde en prison... soit on les relache, on leur ote les menottes et on les met en hp où ils couperont la tête des infirmières... Mettons-nous à la place du personnel qui craint pour sa sécurité !

  • Wanda la survireuse, le 11/12/2007 à 10h11

    L'ONU demande tous les ans à Amnesty International un classement des pays sur le respect des Droits de l'Homme. Grace à notre système carcéral et aux exactions de certains policiers nous sommes classés à un rang minable, le quarante cinquième, je crois, juste devant la Bulgarie, quand même. Et dire que la Déclaration des Droits de l'Homme vient de France...mais c'était il y a bien longtemps. Ce classement misérable de la France mettait Chirac dans des colères folles, mais rien n'a changé, semble-t-il.

  • Patachou, le 11/12/2007 à 10h10

    Personne ne les oblige à aller en prison, s'ls y sont c'est qu'ils l'ont bien mérité, et il est bien dommage de payer des gens faisant partie d'associations existantes uniquement avec les allocations attribuées par l'état, ou la CE, pour sortit autant d'anneries

  • Jean Bonnot, le 11/12/2007 à 09h58

    Ridicule : une prison n'est pas le Club-Méd. Force est d'admettre que ceux qui y sont ont bien voulu y aller mais ont fait payer le séjour à leurs victimes.

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