Un des tracts distribués par des policiers aux habitants de Villiers-le-Bel pour tenter de retrouver les auteurs de tirs contre certains de leurs collègues © TF1/LCITout doit "être mis en œuvre pour retrouver" les personnes ayant tiré sur des policiers, "mettez les moyens que vous voulez (...) ça ne peut pas rester impuni" : le message du président de la République aux forces de l'ordre au lendemain des violences qui ont enflammé Villiers-le-Bel du 25 au 27 novembre, était on ne peut plus clair. A évènement exceptionnel, méthodes exceptionnelles, donc.
Depuis samedi dernier, a-t-on appris ce mardi de source policière, des tracts, dont LCI.fr s'est procuré une copie (cf photo), sont distribués dans les boîtes à lettres des habitants de la ZAC de Villiers-le-Bel, là où se sont déroulés les principaux événements.
Anonymat et rémunération à la clé
"La Police Judiciaire de Versailles recherche tout témoignage relatif aux coups de feu tirés contre des policiers au cours de la soirée et de la nuit du 26 au 27 novembre 2007", déclare le document qui a déjà été distribué à 2.000 exemplaires. "Si vous disposez de renseignements, merci d'appeler gratuitement la brigade criminelle au : 0800 33 60 98. Votre anonymat sera préservé", précise le prospectus. Sur d'autres tracts, il est également indiqué, nous précise plusieurs sources policières, que "Tout élément susceptible d'orienter favorablement les enquêtes en cours pourra faire l'objet d'une rémunération".
"Nous avons fait ces tracts pour que les témoins des coups de feu soient assurés qu'ils pourront témoigner sous X et que les témoignages qui permettront de faire avancer les investigations seront récompensés à hauteur de plusieurs milliers d'euros", a expliqué Jean Espitalier, directeur régional de la police judiciaire de Versailles chargé de l'enquête sur les coups de feu. Il s'est toutefois refusé à toute autre précision sur les avancées de l'enquête.
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Les syndicats approuvent la méthode
C'est la première fois qu'un appel au témoignage sous X contre rétribution est utilisé dans le cadre de violences de droit commun. "Cela se fait depuis longtemps dans de nombreux pays comme aux Etats-Unis ou en Allemagne, c'est une très bonne chose de l'appliquer enfin en France autrement que dans des affaires de vol de bijoux ou de terrorisme, commente sur LCI.fr Patrice Ribeiro de Synergie Officiers, second syndicat d'officiers de police. La méthode est peu courante, mais la situation ne l'est pas moins, ajoute-t-il. Les dernières violences se sont déroulées dans une zone où règne la loi du silence. Si donner de l'argent peut raviver l'esprit civique de certains et ainsi aider à la manifestation de la vérité, il faut le faire".
"Ce n'est pas un appel à la délation mais un appel au civisme, confirme sur LCI.fr Jean-Yves Bugelli, numéro 2 du syndicat Alliance. Dans cette affaire, on a tiré sur des policiers comme sur des lapins.Les témoignages sous X et la rémunération des informateurs sont deux éléments indispensables pour mener des enquêtes, et ils sont désormais régis par la loi Perben 2", explique-t-il, rappelant que deux adjoints de sécurité avaient été roués de coups en rentrant chez eux parce que leurs témoignages avaient permis l'arrestation de deux jeunes ayant participé aux violences de Villiers-le-Bel.
Dans les nuits du 25 au 27 novembre, de violents affrontements avaient opposé forces de l'ordre et jeunes à Villiers-le-Bel après la mort de deux adolescents dans une collision entre leur moto et une voiture de police. Quelque 55 policiers avaient été blessés par des tirs de fusil de chasse. Aucun chiffre n'a été avancé officiellement concernant d'éventuels blessés chez les jeunes.
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