Fadela Amara, le 22 janvier 2008 à Vaulx-en-Velin © TF1-LCIVaulx-en-Velin, ville symbole des émeutes urbaines. C'est là que Fadela Amara a choisi de dévoiler ce mardi les grandes lignes de son plan Banlieue, rebaptisé "Espoir banlieues". La présentation des détails du plan est réservée à Nicolas Sarkozy, le 8 février. En attendant donc, les contours du plan. Parmi eux : l'emploi. Sans chiffrer les mesures qu'elles voulaient voir mises en place dans les quartiers difficiles, la secrétaire d'Etat à la Ville a annoncé à Vaulx-en-Velin, dans le Rhône, vouloir mettre en place "des dispositifs pour créer plus de 45.000 emplois en trois ans" dans les banlieues afin d'y "réduire dans le même temps de 40% le chômage des jeunes".
Après avoir regardé, manifestement émue, une déclaration d'encouragement de Jean-Louis Borloo filmée dans les bureaux de son ministère, la secrétaire d'Etat à la ville a décliné son programme en plaidant tout d'abord en faveur "d'une nouvelle gouvernance nationale et locale".
Fadela Amara s'exprimait devant un millier de personnes, acteurs de terrain et associations notamment, avec lesquels elle a conduit une concertation sur le sujet depuis l'été dernier. Elle a souligné la nécessité de "concentrer nos moyens" sur les quartiers les plus difficiles "pour éviter le saupoudrage des crédits", avançant le chiffre d'une centaine de ces quartiers. Puis, à "un second niveau, il faudra faire de la prévention" sur "les quartiers qui rencontrent des fragilités".
Elle va aussi demander à Nicolas Sarkozy d'"engager des actions ambitieuses et innovantes en faveur de garde d'enfants (...) pour permettre aux mères de travailler" et envisage un renforcement du "tandem Préfet/maire" qui devra faire du "sur-mesure en fonction des besoins de la population et des territoires". "Cela veut dire plus de pouvoir pour les uns et les autres, plus de déconcentration de crédits, la possibilité d'agir vite et fort sur les augmentations de loyers injustifiés ou en faveur de la propreté du cadre de vie des habitants". Fadela Amara a aussi rencontré les représentants de plusieurs associations. Fadela Amara avait indiqué récemment dans une interview à Madame Figaro qu'elle souhaitait engager un milliard d'euros dans 50 quartiers prioritaires. Le PS a dit mardi "douter" de l'engagement du gouvernement.
Manifestation devant la salle
Fadela Amara était accompagnée de sa ministre de tutelle, Christine Boutin. Celle-ci a "ouvert" la journée, en présentant ses propres propositions pour les banlieues. Une manière de court-circuiter les annonces de Fadela Amara, organisatrice du déplacement. Récemment, la ministre du Logement et de la Ville a montré son scepticisme face au plan de Fadela Amara (lire notre article). Mardi, elle a notamment plaidé en faveur de la décentralisation en proposant que les fonds d'Etat soient désormais gérés localement, au plus près du terrain.
La journée "Espoir banlieues" a par ailleurs provoqué la colère d'une partie des habitants et des associations de Vaulx-en-Velin, exclus des débats qui se déroulaient dans un centre culturel placé sous haute surveillance policière. Une dizaine de jeunes gens ont néanmoins réussi à s'infiltrer dans la salle. Mais quelque 200 personnes ont manifesté devant le centre culturel. "Fadela pas de bla-bla, du concret, des emplois, des moyens pour nos écoles" ou encore "Fadela manipulée par l'Etat", scandaient les manifestants, en majorité âgés.
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