L'avant-dernier poilu est décédé

le 20 janvier 2008 à 14h59 , mis à jour le 20 janvier 2008 à 21h48

Louis de Cazenave s'est éteint dimanche à l'âge de 110 ans. Lazare Ponticelli est désormais le dernier poilu en vie. Il est aussi âgé de 110 ans.

[Expiré] [Expiré] Louis de Cazenave poilu guerre © AFP/THIERRY ZOCCOLAN

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Louis de Cazenave, un poilu qui refusait les honneurs

Il ne reste désormais plus qu'un poilus des 8,5 millions combattants de la Grande Guerre. Louis de Cazenave, l'un des deux derniers poilus de la Première Guerre mondiale, est décédé dimanche. Il avait eu 110 ans en octobre. Il est mort dans la matinée à son domicile de Brioude, dans la Haute-Loire. Ses obsèques auront lieu mardi. Le dernier ancien combattant de la "Der' des der'" en vie est Lazare Ponticelli, Franco-Italien né le 7 décembre 1897 et venu en France à l'âge de 9 ans. Sa vie vie s'apparente à un roman (lire notre article).
 
"Il est mort comme il le désirait, chez lui. Il s'est éteint cette nuit comme une chandelle", a déclaré son fils de 76 ans, également prénommé Louis. "Il ne parlait plus depuis hier (samedi). Il a eu une mort paisible, il n'a pas souffert du tout. Je me suis levé à 5h, il respirait encore et à 7h quand je me suis relevé il était mort. Il est mort très paisiblement", a-t-il dit.

Lazare Ponticelli, qui habite chez sa fille au Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne, a appris la nouvelle en fin d'après-midi. "Les premiers poilus qui sont tombés ont droit à autant d'honneur que moi qui suis le dernier", a-t-il réagi selon sa fille. "Il va réaliser dans les prochains jours" qu'il est devenu un symbole, a-t-elle ajouté Mme Desbaucheron, en précisant que son père et Louis de Cazenave, autre ancien poilu décédé dimanche, ne "s'étaient jamais rencontrés".

Un "pacifiste forcené" qui refusait des obsèques solennelles

Né le 16 octobre 1897, Louis de Cazenave était le doyen des poilus survivants. Engagé en 1916, à 19 ans, il avait intégré le 22e régiment d'infanterie coloniale, avant de faire partie du 5e bataillon sénégalais de décembre 1916 à septembre 1917. Il avait connu "le Chemin des Dames", l'une des offensives les plus meurtrières de l'armée française. Au printemps 1917, plus de 100.000 de ces combattants ont été tués sur les coteaux et plateaux dominant cette vallée de l'est de la France.

En 1919, après la fin du conflit, il était devenu cheminot. Il s'était marié en 1920 et a eu trois fils, avant de prendre une retraite partielle à 41 ans. Sous le régime de Vichy, la police l'avait jeté quelques semaines en prison. Selon son fils Robert, il n'approuvait pas le régime de Pétain. Révoqué des Chemins de fer, il resta ensuite chez lui, jusqu'à sa mort.Il avait reçu à 98 ans, en 1995, la légion d'honneur. Louis de Cazenave a survécu, sans jamais oublier ses compagnons tués et blessés, comme il l'a écrit plus tard. Il était devenu un "pacifiste forcené", selon sa petite fille Alex. 

En mars 2007, Louis de Cazenave avait déclaré au quotidien auvergnat La Montagne vouloir que ses obsèques se déroulent dans "la simplicité", après que l'ancien président Jacques Chirac eut promis des "obsèques solennelles de portée nationale" au dernier poilu qui disparaîtrait. Chose que Lazare Ponticelli a lui aussi refusé, estimant que "ce serait un affront à ceux qui sont morts avant moi".

Les "condoléances de la Nation

Nicolas Sarkozy a fait part dans un communiqué de sa "grande émotion" et a "adressé à sa famille les condoléances attristées de la Nation". "Sa disparition est l'occasion pour chacun d'entre nous d'avoir une pensée particulière pour les 1,4 million de combattants français qui ont fait le sacrifice de leur vie durant ce conflit, pour les 4,5 millions de blessés, pour les 8,5 millions de mobilisés", a ajouté le chef de l'Etat. Le secrétaire d'Etat à la Défense chargé des anciens combattants, Alain Marleix, a quant à lui exprimé "sa grande tristesse", rappelant qu'il s'était rendu "au nom du président de la République" le 21 décembre auprès de Louis de Cazenave pour lui "réaffirmer la reconnaissance de la France". Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a à son tour exprimé sa "grande tristesse".

La "Der des der" a fait 9 millions de morts dans le monde et près de 20 millions de blessés, dont la moitié mutilés. En France et en Allemagne, un soldat mobilisé sur six a été tué. La plupart avaient entre 18 et 25 ans.

(D'après agence)

le 20 janvier 2008 à 14:59
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26 Commentaires

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  • ANTONA Antoine, le 20/01/2008 à 20h26

    MERCI, Monsieur de CAZENAVE.Je vous dois ma Liberté. Un arriére-petit fils de Poilus du 173 éme RI de Corse.

  • Philippe, le 20/01/2008 à 20h08

    Hommage à cet homme qui a combatttu pour que notre Pays reste libre. Respect, il n y a pas d'autre mot. Hommage aussi aux autres poilus qui sont tombés pour notre pays, alors qu'ils n'étaient agés que d'une vingtaine d'années.

  • Sauvage, le 20/01/2008 à 19h57

    Un grand merci mon cher monsieur !

  • Jérémy, le 20/01/2008 à 19h55

    Merci et respect..

  • Bousquet J-M, le 20/01/2008 à 19h28

    Grand Hommage et Respect à ces hommes qui ont combattu pour notre liberté. Que ceux qui les ont écoutés, leurs proches, transmettent leurs pensées car l' Histoire, hélas peut se répéter. C'est un Hommage et un Devoir. Merci

  • Aigle, le 20/01/2008 à 19h08

    Une dernière page de l'histoire est en train de se tourner. Mon Grand Père avait 18 ans quand il a été mobilisé et s'est retrouvé dans les tranchées, au Chemin des Dames. Dans un assaut baïonnette au canon, après un verre de vin, il a été fauché par une rafale de mitrailleuse qui lui a enlevé 7 cm d'os de la cuisse. Il est resté dans un trou d'obus et quand les lignes allemandes ont franchi sa position il a été soigné par un médecin allemand. Puis, quand les lignes françaises ont à nouveau progressé, il a été laissé sur place par les allemands qui ont indiqué aux médecins français ce qu'il avait, comment ils l'avaient soigné et ce qu'ils conseillaient de lui faire. Après une longue convalescence il s'en est parfaitement remis, mais il a topujours boité depuis. Tous les 11 novembre il portait le drapeau français et il s'est éteint à 80 ans des suites d'une maladie cardiaque. Il était inventif, très habile, doué en dessins de la Grande Guerre et en sculpture, mais quand on jouait enfants avec des pistolets en plastique il entrait dans une colère noire. Je n'ai compris qu'après et il m'a beaucoup apporté.

  • Yann, le 20/01/2008 à 18h29

    Dire qu'on a attendu qu'il ait 98 aans pour lui décerner la Légion d'Honneur. Il vaut mieux poerter le maillot bleu de l'équipe de france de foot que le pantalon rouge des fantassins en 1914. Repose en paix mon Brave.

  • fabichoute, le 20/01/2008 à 18h11

    Qu il repose en paix il l a bien merite

  • Jacotte, le 20/01/2008 à 17h59

    Difficile d'oublier ses jeunes mort aux combats pour notre liberte 1914/1918 c'est pas si loin que sa des peres fils freres sont tombes quel ages avaient ils?17/20 ans ou juste un peu plus n'oubliont pas ces hommes comme disait se monsieur :c'est complètement idiot la guerre avec tout le respect que je vous dois..

  • Michel, le 20/01/2008 à 17h54

    Voilà un homme de l'histoire de France qui s'éteint et qui devrait être un exemple pour tout ceux qui auraient oublié que ce sont eux les Pères de la Liberté. Hommage.

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